Une rencontre sur la bande dessinée en République démocratique du Congo, a été animée dimanche à Alger par le bédéiste congolais Jérémie Nsingi qui a partagé son expérience et donné un aperçu historique sur la BD dans son pays.

S'exprimant lors d'une rencontre intitulée "Le roman graphique en République démocratique du Congo", dans le cadre du 18e Festival international de la bande dessinée d'Alger (Fibda, 1-5 octobre), l'auteur Jérémie Nsingi a indiqué que la bande dessinée congolaise remonte à "près d'un siècle d'existence".

Revenant sur les évolutions chronologiques de la bande dessinée congolaise, l'auteur a estimé que son pays a constitué un "terreau de création fertile pour les pays voisins".

Evoquant les thématiques explorées, il a précisé que les récits des BD puisent dans la réalité sociale congolaise et s'intéresse aux sujets à caractère religieux.

Cependant, l'auteur soutient que la vente des publications de BD est "limitée" à cause, dit-il, de "la baisse du pouvoir d'achat, le manque d'éditeurs spécialisés et la fermeture des librairies", obligeant ainsi, selon lui, les éditeurs à s'orienter vers l'autoédition et, pour d'autres, à publier à l'étranger.

Revenant sur son parcours et expérience individuelle dans la bande dessinée, Jérémie Nsingi reconnait "l'influence de plusieurs pionniers de la bande dessinée congolaise" comme Barly Baruti et Bernard Mayo, admettant avoir "bâti sa propre identité artistique avec des personnages plus réalistes" en s'éloignant volontairement de ses modèles.

Auteur et illustrateur de plusieurs bandes dessinées autoéditées, Jérémie Nsingi s'est associé également à des recueils de BD collectifs, permettant à des jeunes bédéistes de publier leurs premiers travaux.

Le 18e Fibda se poursuit lundi sous le slogan, "Le roman graphique, carrefour du dessin et du verbe", avec la participation de bédéistes et créateurs de 13 pays.