Charlie Hebdo: l’art de la provocation

Charlie Hebdo: l'art de la provocation

Par Tarek Benaldjia

« la laïcité repose sur trois principes et valeurs : la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions ».
Or cette définition est aujourd’hui sortie de son contexte et est constamment utilisée à des fins islamophobes avec une totale confusion entre « l’espace public » et « l’espace privé ».
Le Collectif contre l’islamophobie en France voit dans cet épisode « les premiers signes d’un apartheid assumé, revendiqué et applaudi par celles et ceux qui instrumentalisent la mort à des fins haineuses ».
Si la peur et la haine de l’Islam et des Musulmans sont à l’heure actuelle monnaie courante dans les discours des politiques, éditorialistes et internautes français , la religion musulmane  -comme presque toujours- en est la première victime.Le journal français satirique « Charlie Hebdo » a republié mardi les caricatures offensantes au Prophète Mohamed (Paix sur lui), avant le début du procès des individus accusés dans l’attaque qui avait ciblé en 2015 le siège du journal, faisant douze morts parmi les employés.

Dans un communiqué publié sur son site électronique et sur les réseaux sociaux, le journal a indiqué que le numéro qui verra la republication des caricatures à l’origine de l’attentat contre le journal sera disponible à compter de mardi après-midi sur le site du média et dans les kiosques à journaux le lendemain.

Le procès de 14 accusés pour complicité avec des extrémistes français, auteurs de l’attaque du 7 janvier 2015 contre le journal Charlie Hebdo à Paris, a débuté ce mercredi 02 septembre devant la Cour d’Assises spéciale à Paris, ont rapporté les médias locaux.C’est un procès très attendu qui s’est ouvert ce mercredi à Paris et qui vise à établir les responsabilités de chacun des accusés dans les terribles attentats qui avaient secoué la France en janvier 2015, faisant au total 17 morts.

 Si les trois terroristes, auteurs de ces attentats, sont décédés, le banc des accusés accueille toutefois 11 complices présumés dont la plupart comparaissent détenus.

3 autres personnes seront, elles aussi, jugées alors qu’elles sont en fuite en Syrie, ce qui porte à 14, le nombre total d’accusés, jugés dans ce procès hors norme.

Ce sont pas moins de 200 parties civiles, 114 témoins, et 94 avocats qui prendront part aux débats. « Tout ça pour ça », a titré le journal dans sa « Une », en référence aux caricatures et à l’attaque. Le directeur de la publication du journal satirique, Riss, a intitulé son éditorial publié à cette occasion : « Nous ne renoncerons jamais ».

«On nous a souvent demandé depuis janvier 2015 de produire d’autres caricatures du prophète Mohamed. Nous nous y sommes toujours refusés, non pas que cela soit interdit, la loi nous y autorise, mais parce qu’il fallait une bonne raison de le faire, une raison qui ait un sens et qui apporte quelque chose au débat», a-t-il ajouté.

«Reproduire, cette semaine de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015, ces caricatures, nous a alors semblé indispensable», a-t-il encore écrit.

En 2006, «Charlie Hebdo » avait publié douze caricatures offensantes au Prophète Mohamed QSSL, le montrant notamment portant une bombe à la place du turban, ou le représentant encore comme une personne armée d’un couteau et entouré de deux femmes portant le niqab (voile intégral).

Des inscriptions et des dessins islamophobes ont été apposés sur la façade de la mosquée Omar Ibn Al Khattab de Tarbes dans le sud-ouest de la France, a déploré mercredi sur les réseaux sociaux le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin faisant part de son « dégoût ».

Des tags ouvertement islamophobes avec notamment une caricature du Prophète Mohamed, et une inscription « islam dehors », ont été découverts ce mercredi matin sur la façade du lieu de culte. 

Le ministre français de l’Intérieur estime que ces actes « n’ont pas leur place dans notre République ».

C’est la troisième fois en quelques semaines qu’un lieu de culte musulman est pris pour cible après les deux incendies qui ont visé deux mosquées dans la banlieue lyonnaise cet été. Ce nouvel acte islamophobe intervient au lendemain de la republication, par le journal satirique Charlie Hebdo, des caricatures visant le prophète Mohamed.

Ils ont été découverts quelques heures avant l’ouverture ce mercredi, du procès des attentats qui ont fait 17 morts dans les locaux de Charlie Hebdo, à Montrouge et dans un magasin Casher.