Agression militaire marocaine contre la brèche d’El Guerguarat: Le va-t’en Guerre du Makhzen

45 ans après la marche de la colonisation des territoires sahraouis appelée « Marche Verte », le régime du Makhzen annonce ce vendredi 13 novembre 2020, une agression militaire contre la brèche d’El Guerguarat, en vue de détourner l’opinion publique marocaine sur la guerre de succession au Palais Royal, la détérioration de l’état de santé du monarque marocain et surtout de la crise socioéconomique au royaume aggravée par la croise sanitaire du Covid-19 que connait le monde.

 Violation du cessez-le Feu

L’agression militaire du Makhzen, dans la région d’El Guerguerat, au sud- ouest du Sahara Occidental, effectuée ce vendredi par les forces d’occupation marocaine signifie tout simplement une fin d’un cessez-le feu signé par les deux belligérants en 1991, et une violation du droit international , appelant à l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.

Sur  ce registre, il faut noter que des Sahraouis civils manifestaient pacifiquement depuis le 21 octobre pour réclamer la fermeture définitive de la brèche illégale créée dans le mur de sable érigé par l’occupant marocain, a-t-on confirmé auprès de sources sahraouies.

L’agence sahraouie SPS a rapporté de son côté, que les forces marocaines ont ouvert trois brèches dans la région d’El Guerguerat, où ils ont mené l’agression contre les civils sahraouis.

Depuis plus de trois semaines, des Sahraouis civils (hommes et femmes) représentant notamment des associations de jeunesse, des femmes, des travailleurs, d’organisations de défense des droits de l’homme et plusieurs ONG opérant dans le domaine socioculturel, observent des sit-in à différents endroits le long du mur de sable érigé par l’occupant marocain.

Ils manifestent pour exiger notamment la fermeture définitive de la brèche illégale d’El-Guerguerat dans l’extrême sud-ouest du Sahara occidental.

Les manifestations, se veulent, selon les organisateurs, un moyen de faire face aux manœuvres et provocations marocaines et réclamer l’organisation du référendum d’autodétermination, l’objectif pour lequel a été créée la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso).

Aussi, les manifestants appellent à mettre un terme à la souffrance inacceptable du peuple sahraoui face au silence de l’ONU notamment dans les territoires occupées.

Ils exigent également le retrait immédiat des troupes marocaines des territoires sahraouis occupés et de dévoiler le sort des disparus ainsi que la libération de tous les prisonniers civils sahraouis détenus dans les geôles marocaines.

El Guerguarat: le plus grand poste-frontière illégal au monde

Depuis trois semaines, les regards sont braqués sur El Guerguarat, point de passage situé à l’extrême sud-ouest du Sahara Occidental occupé où des manifestants civils sahraouis viennent de bloquer la brèche de la petite localité ouverte dans le mur de sable, construit par le Maroc avec l’aide des Israéliens dans les années 1980 pour se prémunir des attaques des combattants sahraouis.

La zone d’El Guerguarat était durant les années 1990, un lieu de prédilection des contrebandiers de tout acabit et des trafiquants de drogue et de voitures volées en provenance d’Europe et écoulées en Afrique de l’ouest.

Champion de la politique du « fait accompli », Rabat a transformé la brèche en un poste frontalier d’une importance capitale pour ses exportations vers la Mauritanie et les pays de l’Afrique de l’ouest où il fourgue aux consommateurs des produits de troisième qualité. Le premier choix étant destiné aux pays de l’Union européenne et la Russie et le deuxième pour la consommation interne.

La brèche ouverte dans le mur de sable est une transgression de l’accord militaire n 1, signé le 24 décembre 1997, entre le général Burand Lubenik pour la Minurso et Brahim Ghali pour le Front Polisario, d’une part et entre la mission onusienne et le Maroc le 22 janvier 1998, d’autre part.

L’accord définit la zone située entre El Guerguarat en territoire du Sahara Occidental occupé et la frontière mauritanienne comme une  » buffer stripe  » (bande tampon). Large de cinq km, elle sépare deux  zones restreintes  » restricted zone ».

La première de 30 km sous occupation du Maroc et la deuxième de 25 km, sous contrôle du Front Polisario. Au-delà, il y a deux autres zones à restrictions limitées séparées par le mur l’une à l’ouest sous occupation marocaine et l’autre à l’est sous contrôle du Front Polisario . L’accord confine les Marocains à l’intérieur du mur de sable.

Flagrante violation

 

En août 2016, le Maroc a décidé de bitumer les cinq km de la zone tampon d’El Guerguarat jusqu’à la frontière mauritanienne, en plein centre de la zone démilitarisée.

L’objectif était de rendre plus fluide la circulation des camions à la suite des plaintes des chauffeurs. Officiellement, Rabat argua, à l’époque, que ce goudronnage vise à  » lutter contre la contrebande, le terrorisme et le trafic de drogue « .

Du point de vue du droit international, les Marocains ajoutent, par cet acte, une autre violation à la brèche de Guerguarat en voulant la relier à la frontière mauritanienne.

L’accord militaire n  1 stipule que l’accès à la zone tampon qui commence d’El Guerguaret est interdit aux troupes et aux engins des forces armées royales et du Front Polisario. Or, lorsqu’il a entrepris les travaux du bitumage en 2016, le Maroc a utilisé les engins du génie militaire.

La violation est flagrante : L’intervention énergique des forces sahraouies, rapidement déployées dans la région, met un terme à la duperie et rétabli le statu quo ante. En face, le Maroc avait déplacé des unités de la

Gendarmerie royale qu’il retirera en février 2017, sous la pression des Nations unies.

Mohamed Ibrahim Salek, expert et consultant international mauritanien, connu comme l’un des plus fins connaisseurs du conflit sahraoui, analysant la brèche deGuerguarat à la lumière du droit international, la décrit comme l’un des  » plus grands postes-frontières illégaux dans le monde ».

Ibrahim Salek déplore que la Mauritanie, qui reconnait la RASD et qui adopte dans le conflit sahraoui une  » neutralité positive « , ait commis un défaut de professionnalisme en conférant, de facto et d’une manière officieuse, une certaine légitimité à El Guerguarat comme point de passage.

Un arrêté ministériel en date du 03 février 2010 le définit comme point de passage P55. Le poste est pourvu d’agents officiels militaires et civils mauritaniens.

Aujourd’hui, les Sahraouis sont décidés à fermer la brèche illégale comme le prévoit l’accord de cessez-le-feu. Ils veulent que la Minurso s’attèle à la préparation des conditions de l’organisation d’un référendum d’autodétermination et non de surveiller le cessez-le- feu au seul profit du Maroc et de pérenniser l’occupation et le fait accompli.

Réaction urgente de la RASD

Réaction rapide de la RASD

Les forces armées marocaines ont mené vendredi une agression militaire dans la région d’El Guerguerat, au sud-ouest du Sahara Occidental, où des Sahraouis civils manifestaient pacifiquement depuis le 21 octobre, a indiqué l’Ambassadeur de la République arabe sahraoui démocratique en Algérie, M. Abdelkader Taleb Omar, dans une déclaration à la Chaîne de télévision algérienne A3.

L’agence sahraouie SPS a rapporté de son côté, que les forces marocaines ont ouvert trois brèches dans la région d’El Guerguerat, où ils ont mené l’agression contre les civils sahraouis.

Depuis plus de trois semaines, des Sahraouis civils (hommes et femmes) représentant notamment des associations de jeunesse, des femmes, des travailleurs, d’organisations de défense des droits de l’homme et plusieurs ONG opérant dans le domaine socioculturel, observent des sit-in à différents endroits le long du mur de sable érigé par l’occupant marocain.

Ils manifestent pour exiger notamment la fermeture définitive de la brèche illégale d’El-Guerguerat dans l’extrême sud-ouest du Sahara occidental.

Les manifestations, se veulent, selon les organisateurs, un moyen de faire face aux manœuvres et provocations marocaines et réclamer l’organisation du référendum d’autodétermination, l’objectif pour lequel a été créée la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso).

Aussi, les manifestants appellent à mettre un terme à la souffrance inacceptable du peuple sahraoui face au silence de l’ONU notamment dans les territoires occupées.

Ils exigent également le retrait immédiat des troupes marocaines des territoires sahraouis occupés et de dévoiler le sort des disparus ainsi que la libération de tous les prisonniers civils sahraouis détenus dans les geôles marocaines.

 

Le droit légitime de défense de la RASD

 

La République sahraouie «recourra à l’usage du droit de légitime défense en concluant des accords de défense mutuelle, reconnu par le droit international et la charte fondatrice de l’Union africaine», avait déclaré  le chef de la diplomatie sahraouie Mohamed Salem Ould Salek à la Radio nationale algérienne, la veille de la visite de Jean-Yves Le Drian à Alger.

Lors d’un passage mercredi 14 octobre sur la Chaîne 1 de la Radio nationale algérienne, le ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Salem Ould Salek, a averti que si la situation de blocage sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination persistait, la RASD envisagerait «la conclusion de pactes de défense» avec des pays amis.

«Face à la résistance marocaine et à l’incapacité de la MINURSO [la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, ndlr] à imposer au Maroc le respect de ses engagements signés dans le plan de règlement», la RASD «recourra à l’usage du droit de légitime défense en concluant des accords de défense mutuelle, droit reconnu par le droit international et la charte fondatrice de l’Union africaine (UA)», a déclaré le ministre.

«Les Sahraouis comptent suffisamment de pays et de peuples amis en Afrique et ailleurs dans le monde avec qui il est possible de conclure des accords de défense mutuelle».

Par ailleurs, M.Ould Salek a accusé la France et le Conseil de sécurité de l’Onu d’être responsable du blocage dans la résolution du conflit au Sahara occidental.

«L’État sahraoui et ses responsables, en tête desquels le Président […] Brahim Ghali, pointent […] la France qui entrave le processus onusien de règlement au Sahara occidental, et tient le Conseil de sécurité pour responsable du statu quo dans le processus», a-t-il expliqué.