À propos des eurodéputés qui ont voté la résolution contre l’Algérie

À propos des eurodéputés qui ont voté la résolution contre l’Algérie

Par Ahmed  Bensaada

Le jeudi 26 novembre 2020, le Parlement européen a voté une résolution intitulée : « Détérioration de la situation des droits de l’homme en Algérie, en particulier le cas du journaliste Khaled Drareni ».

Cette résolution a été votée avec une large majorité (pour : 669, contre : 3, abstention : 22).

Il a été montré, dans un article précédent, que ce scrutin a très certainement été le résultat d’un lobbying massif de la part d’ONG et d’organismes « printanistes » contre l’Algérie.

Il a aussi été question d’une liste d’« alliés fiables » de l’Open Society Foundations (OSF) au Parlement européen durant sa 8e législature (2014-2019). Il s’agit d’un très grand nombre de décideurs, de députés et de dirigeants européens susceptibles de soutenir les valeurs de la « société ouverte » (open society) prônées par George Soros et son OSF.

Il est difficile de savoir si une telle liste a été établie pour la 9e législature qui a débuté en juillet 2019. Cependant, comme certains eurodéputés figurant dans la liste de l’OSF ont été réélus en 2019, il serait intéressant de savoir comment ils ont voté cette résolution.

La comparaison entre la liste des votants du 26 novembre 2020 et celle des « alliés fiables » de l’OSF qui ont été réélus montre que ces derniers, sans aucune exception, ont tous voté pour la résolution.

Cliquez ici pour lire les documents relatifs au scrutin du 26 novembre 2020

Liste des votants de la résolution: les eurodéputés dont les noms sont surlignés en jaune figurent sur la liste des « alliés fiables » de l’OSF (+: pour, -: contre, 0: abstention)

Les documents montrent aussi que la résolution a été introduite par six partis dont le « Groupe des Verts/Alliance libre européenne » (Verts/ALE), jadis coprésidé par Daniel Cohn-Bendit et maintenant par Philippe Lamberts. Parmi les eurodéputés de ce parti, se trouvent deux élues françaises d’origine algérienne : Mmes Karima Delli et Salima Yenbou.

Philippe Lamberts, Karima Delli et Salima Yenbou ont tous les trois voté pour la résolution. Alors que les deux premiers ont à leur actif deux réélections, Mme Yenbou a été fraîchement élue en 2019. Cela ne l’a pas empêchée de présenter elle-même la résolution au nom de son parti

Mme Yenbou avait aussi commenté la précédente résolution du Parlement européen datant du 28 novembre 2019.

 

Notons que Philippe Lamberts et Karima Delli figurent dans la liste des « alliés fiables » de l’OSF.

Mme Karima Delli avait été interpellée en octobre 2019 par Menad Si Ahmed, se présentant comme climatologue.

« Je me rends compte que vous êtes d’origine algérienne et j’en suis fort aise étant moi-même d’origine algérienne et à mon grand regret, je me rends compte que vous avez lancé des pétitions pour l’Égypte, le Venezuela, la frontière américano-mexicaine, Hong Kong, Russie/Ukraine, Nord-Est de la Syrie etc. Et c’est tout à votre honneur sauf que vous ne soufflez aucun mot sur votre pays d’origine l’Algérie […]. Une dictature qui enlève, emprisonne tabasse, réduit les espaces de liberté, impose un blocus sur la capitale, muselle les médias, met aux ordres la justice, crée un climat de terreur, brouille les communications internet, surveille les pages Facebook de simples citoyens etc… Et vous ne trouvez pas ne serait-ce qu’un seul mot de compassion envers un peuple (votre peuple) qui veut se libérer d’un carcan qui l’étouffe, qui veut se débarrasser d’une bande de voyous, de voleurs, de criminels et d’assassins. Pourquoi ce silence Madame, alors que votre qualité de députée vous aurait plutôt permis d’interpeller le parlement européen sur la situation plus que préoccupante en Algérie. Ou attendez-vous que le sang coule pour nous dire « je ne savais pas ». Donnez un sens à votre combat […] et à jeter ne serait-ce qu’un clin d’œil sur le peuple algérien qui souffre », lui avait-il asséné.

Est-ce le « mauvais temps » décrit par le climatologue qui a réussi à convaincre l’écologiste de voter contre son pays d’origine? Nous ne le saurons peut-être jamais.

Quel spectacle pathétique de voir ce beau monde, climatologue et écologistes, en train de se battre pour que l’ingérence étrangère dans leur pays d’origine soit effective !

Surtout lorsqu’on sait que l’une d’entre elles, Salima Yenbou, a fait partie d’un projet se voulant « une passerelle entre la France et l’Algérie en servant leurs compétences de part et d’autre de la Méditerranée ».

Quel gâchis!

Finalement, un incident aussi cocasse que grave est venu se greffer à cette histoire. Dans la liste des 669 eurodéputés qui ont voté pour la résolution contre l’Algérie figure le nom de József Szájer. Il s’agit du chef de la délégation du parti hongrois Fidesz de Viktor Orbán, un parti ouvertement homophobe. Le lendemain du vote, M. Szájer a été surpris par la police belge, alors qu’il tentait de fuir d’une orgie homosexuelle. D’après des témoignages, il essayait de s’éclipser en passant par les gouttières, dans le plus simple appareil.

Ce qui est sûr, c’est que George Soros a dû pouffer de rire en apprenant la nouvelle compromettante de son ennemi juré, Viktor Orbán.

Quant à nous, la résolution européenne et les lobbys qui l’ont fomentée n’affectent en aucun cas nos zygomatiques.

Bien au contraire.