Le jeu dangereux du Maroc

Washington – Rabat : le deal des scélérats

Par Hakim.Ghali

Comment interpréter cette énième « vacherie » de Donald Trump qui s’est donné en spectacle durant tout son mandat de quatre ans au lieu d’assumer son rôle de chef de première puissance mondiale ?

Annoncer la normalisation des relations entre le Maroc et Israël à un mois de son départ de la maison blanche et concomitamment la souveraineté du royaume chérifien sur le Sahara occidental ne relève pas de la manœuvre habituelle dans le traitement soft de certaines affaires internationales mais carrément d’une bassesse innommable indigne d’un Etat qui se présente comme la locomotive du monde dit libre.

Quant au Maroc, frère ennemi de toujours qui use à outrance de l’arme médiatique avec l’aide inespérée et intéressée !? de nationaux outre-mer, le pas qui vient d’être allègrement franchi n’augure rien de bon pour la région toute entière et même au-delà en citant la question palestinienne.

A voir le timing de cette double annonce et les récents évènements comme la résolution du parlement européen, les infiltrations à travers les frontières sud d’éléments terroristes libérés contre rançon payée par la France et la guerre médiatique et électronique menée contre l’Algérie ces derniers temps, la thèse du complot se précise de plus en plus.

Des informations faisant état de la présence d’éléments du Mossad pas loin de nos frontières équipés de matériels d’écoutes et de traçage ultra-sophistiqués ont circulées il y a déjà plusieurs mois de cela.

A ce point de renier les liens de fraternité, de sang même pour fermer, presque définitivement la porte du dialogue avec un pays frère et voisin que tout rapproche ?

Il faut dire que la question du Sahara occidental est au centre de ce complot. C’est un poumon géostratégique pour le Maroc, le seul débouché vers l’Afrique mais aussi une vieille ambition nostalgique de l’empire chérifien qui veut que le Maroc s’étende de Tétouan au nord jusqu’à Tombouctou au Mali, en englobant bien sûr le sud-ouest algérien. Ce vœu pieux ne s’exaucera bien sûr jamais et la raison c’est qu’un pays qui s’appelle l’Algérie s’y oppose, à juste titre d‘ailleurs car défendant son intégrité territoriale et ne pouvant renier le principe intangible de l’assistance aux peuples aspirant à leur libération du joug du colonialisme, n’en déplaise à certains qui avancent l’effort financier fourni. Dans certaines situations on se serre la ceinture plutôt que d’autres et l’aspect financier ne constitue nullement un fardeau surtout quand on en dispose et on défend un principe relevant des droits de l’homme.

Maintenant que le roi Mohamed VI a ouvert les hostilités, c’est la réaction du peuple marocain qui est attendue. Comment va réagir l’opinion nationale marocaine ? Wait and See.

Hakim.Ghali