Oran: Main basse sur Canastel

Oran: Main basse sur Canastel

Il n’est point un secret pour les oranais, qui constatent au fil des années, que leur wilaya fait l’objet d’une mise à mort programmée, dont la feuille de route remonte aux années de la décennie noire avec le démantèlement du tissu industriel, l’implantation de constructions illicites qui ceinturent la wilaya, et surtout le dépeçage organisé du foncier.
Le terrorisme aidant, les oranais assistent au détournement de centaines d’hectares de foncier agricole et industriel, par une mafia qui dictait sa loi à une administration moribonde aux ordres des prédateurs
Algérie54 fera un focus sur un site, connu pour être un havre de paix et un espace de mémoire, témoignant les sacrifices d’un peuple acquis à la glorieuse révolution du premier novembre, et qui payera un lourd tribut pour arracher son indépendance du joud du colonialisme, l’atrocité et la barbarie.
Il s’agit de Canastel, connu aujourd’hui par El Menzah, relevant de la compétence territoriale de la commune d’Oran, objet actuellement de toutes les convoitises.
Canastel, est pour les oranais un havre de paix et de quiétude, compte tenu de ses caractéristiques de site forestier situé en face de la mer, connue pour être un poumon de la ville d’Oran, fréquentée par les oranais et les hôtes d’El Bahia, à la recherche de l’air pur, ou pratiquant du sport.
Malheureusement ce site paradisiaque fera l’objet d’une agression de la part des prédateurs qui ne lésineront pas sur les moyens pour le clochardiser.
L’agression débutera durant les années 90 avec les années noires du terrorisme, ou 63 hectares relevant du foncier agricole avaient été détournés de leur vocation par les tentacules de la prédation au nom de la loi 19/87 Fixant l’accès à la Propriété du Foncier Agricole APFA. L’astuce ou le subterfuge était simple classer les terres fertiles de l’autogestion, d’une haute valeur vénale, liées uniquement au droit à la jouissance, dans la case des terres de mise en valeur, permettant aux postulants prédateurs de s’accaparer de ces terres dans une période ne dépassant pas les cinq années. C’était le dépeçage acte1

L’arbre qui cache la forêt

Durant les vingt dernières années, la convoitise du site devient de plus en plus pressante avec l’arrivée des nouveaux nantis d’El Isaba, et de trafiquants de drogue, aidés sans aucune ambiguïté par les responsables véreux de l’administration locale, et des relais de l’oligarchie et même de l’ancien occupant la France.
Le premier décembre dernier une vidéo de l’abattage d’un arbre centenaire avait suscité l’indignation sur les réseaux sociaux,une montrant un « ennemi » de la nature battre un arbre centenaire, au vu et au su du monde, le site fait l’objet aujourd’hui de main basse de la part d’un groupe d’individus et qui l’ont rejoint dans son emprise destructrice. Ces nouveaux « nababs » à la recherche de notoriété publique, une fois installés, passent à l’action de changer les repères du site, connu auparavant de site de détente, de quiétude. Même son architecture sera violée par cette génération de nouveaux locataires dont les fortunes sont sujettes à des interrogations.
A titre d’exemple, un nouveau venu au site tente aujourd’hui d’acheter tout ce qui bouge, proposant des sommes juteuses à des propriétaires en difficultés financières, donnant l’impression qu’il n’est nullement touché par l’impact négatif lié à la pandémie du Covid-19. Mieux encore, l’individu en question use de subterfuges à la limite du respect de la réglementation pour assoir son emprise sur Canastel. Pour contourner la loi, il s’est permis ces derniers temps le luxe, de « remplacer » le permis de construire, par le permis de modifier ou de faire des aménagements dans les biens acquis, pour ne pas attirer l’attention, causant au passage des désagréments aux citoyens et même à la fluidité de la circulation automobile.

Les infractions à la pelle

En matière d’urbanisation, le site en question est sujet d’infractions à la pelle, que les autorités compétentes, dont voici les principales
1- Non-respect-des instruments d’urbanisme( le nombre d’étages, l’emprise du sol,la distance entre les constructions) conformément à l’article 24 DE GL/1L5
2- Le Plan d’Occupation de Sol POS, non encore achevé, ce qui interdit toute délivrance de permis de construire
3- Non-respect du cahier des charges, interdisant toute construction dépassant R+2
4- Non affichage de la plaque signalétique, exigée par l’article 60 du code communal
5- Violations des dispositions de l’arrêté 26/07/2008, en application du décret exécutif 05-L2, fixant les modalités de déclaration d’ouverture de chantiers

La mémoire souillée

Comme nous l’avons déjà souligné, Canastel était un site de mémoire et d’histoire, témoins des crimes coloniaux. Des dizaines d’algériens avaient été exécutés dans cette zone de l’Est d’Oran, malheureusement le site serait bradé et laissé entre les mains de responsables incultes, véreux et incompétents et qui ne font rien pour réhabiliter un site de mémoire de nos glorieux martyrs. Pire encore, ces responsables sont à la merci des prédateurs qui n’ont rien à envier aux bourreaux d’hier. Comment peut-on expliquer la disparition du centre culturel portant le nom d’un fils d’Oran en la personne de Houari Chaila, où la stèle des martyrs, livrée aux aléas des conditions climatiques