Affaire Mme Maya: la peine de 12 ans de prison ferme confirmée

Affaire Mme Maya: la peine de 12 ans de prison ferme confirmée

La Cour d’appel de Tipasa a confirmé, jeudi, la peine de 12 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 6 millions DA prononcée contre Nachinache Zoulikha-Chafika dite « Mme Maya poursuivie dans des affaires de corruption, avec la confiscation de tous ses biens.

Les deux filles de l’accusée, Imène et Farah ont été condamnées à 5 ans de prison ferme chacune et une amende de 3 millions DA avec la confiscation de tous leurs biens. Quant à l’ancien wali de Chlef, Mohamed Ghazi, impliqué lui aussi, il a écopé d’une peine de 10 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un (01) million DA, contre 18 mois de prison ferme pour son fils Chafik et une amende de 500.000 DA.

La cour a condamné, en outre, l’ancien wali d’Oran Abdelghani Zaalane et l’ancien directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, à des peines respectives de 8 ans et 10 ans de prison ferme, assorties d’une amende d’un (01) million DA chacun.

Les investisseurs et entrepreneurs, Belaïd Abdelghani et Ben Aïcha Miloud ont été condamnés respectivement à des peines de 7 ans et 10 ans de prison ferme, assorties d’une amende d’un (01) million DA chacun.

L’ancien député à la retraite, Omar Yahiaoui, en fuite à l’étranger, a été condamné par contumace à une peine de 10 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un (01) million DA, avec la confiscation de tous ses biens et le lancement d’un mandat d’arrêt international à son encontre.

Selon le verdict prononcé, Mme Maya et ses deux filles sont tenues de verser la somme de 600 millions DA au Trésor public à titre de compensation. Le représentant du parquet général avait requis, lors du procès en appel qui s’est déroulé les 26 et 27 décembre, des peines de 10 à 15 ans de prison ferme contre les principaux accusés dans l’affaire.

Nachinache Zoulikha-Chafika a été condamnée en première instance le 14 octobre dernier par le tribunal de Chéraga à 12 ans de prison ferme tandis que Mohamed Ghazi, Abdelghani Zaalane et Abdelghani Hamel ont été condamnés à une peine de 10 ans de prison ferme chacun par la même juridiction.

La principale accusée, connue sous le nom de « Mme Maya », avait, entre 2004 et 2017, développé un réseau de relations influentes avec de hauts responsables, ce qui lui a permis d’amasser une grande fortune, allant jusqu’à  bénéficier du salon d’honneur de l’aéroport international Houari Boumediene pour transférer illégalement d’énormes sommes d’argent en devise à l’étranger mais également d’avoir une protection rapprochée assurée par des éléments de la Sûreté nationale, en sus d’autres investissements et avantages injustifiés.

Il s’agit entre autres d’un parc d’attraction de 15 hectares, d’un bien immobilier de 5000 mètres carrés à Chlef, de six villas de haut standing dans les quartiers résidentiels de la capitale et un bâtiment de six étages ainsi que des voitures de luxe et trois biens immobiliers en Espagne et un en France. L’accusée possède également plusieurs comptes bancaires renfermant des sommes « faramineuses ». Lors de son arrestation en 2017 et la perquisition de son domicile, les services concernés ont découvert près de 100 millions de dinars versés par deux investisseurs pour une médiation auprès du wali d’Oran en vue de bénéficier de biens immobiliers, outre 270.000 euros et des bijoux précieux.

Interrogée par le Tribunal le jour du procès, Zoulikha Chafika a avoué que les facilitations dont elle avait bénéficié pour la réalisation de projets d’investissement avaient été accordées sur intervention de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika qui a ordonné à son secrétaire personnel, Mohamed Rougab, de lui arranger (à Mme Maya) une rencontre   avec le wali de Chlef Mohamed Ghazi, précisant que Bouteflika était « l’ami du père de Mme Maya depuis la révolution nationale». Après avoir admis qu’elle était en contact direct avec l’ancien président Bouteflika, l’accusée a nié s’être présentée aux walis des régions concernées en tant que fille de l’ancien président mais plutôt en tant que Madame Maya, des propos démentis par Ghazi qui a affirmé qu’elle s’est présentée, lors de leur première rencontre à Chlef, en tant que fille «cachée» du Président.

Répondant aux questions du Juge, Ghazi a indiqué avoir reçu Mme Maya sur recommandation de Mohamed Rougab, secrétaire personnel du Président de la République à l’époque.

Selon Mohamed Rougab, Mme Maya n’a jamais été reçue par l’ancien président de la République au siège de la présidence. « Je l’ai reçue une seule fois au siège de la présidence de la République en 2004 », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il avait été chargé par le président lui-même de la présenter à l’ancien wali de Chlef, Mohamed Ghazi, en tant que « Mme Maya » pour les travaux de réhabilitation du parc de loisirs à Oum Drou à Chlef.