Report ou annulation de la visite de Castex à Alger: les non-dits

Report ou annulation de la visite de Castex à Alger: les non-dits

L’annulation ou le report pour la seconde fois de la visite à Alger, du Premier Ministre français Jean Castex, alimentera certainement la chronique des deux côtés de la rive de la Méditerranée.

Le Président de la République Abdelmadjid Tebboune a déjà laissé entendre que la visite de Castex à Alger, est moins importante, lors de sa récente entrevue avec la presse nationale.
Le Président Tebboune qualifia la visite du Premier Ministre français de rencontre technique, loin du concept du Haut niveau, accordé, à l’époque du règne de Bouteflika, de Réunion du Comité intergouvernemental de Haut niveau CIHN.

Si les réactions des deux rives de la Méditerranée, évoquaient la composante de la délégation officielle française dont le niveau est jugée, par Alger non conforme à l’importance de l’événement et le prétexte sanitaire de la pandémie du Covid-19, il en demeure que les raisons du report ou l’annulation, sont à chercher du côté des divergences du Président français Emmanuel Macron et son Premier Ministre Jean Castex.
Pour éliminer le prétexte sanitaire, il est important de noter la visite à Alger, de la délégation militaire française de Haut niveau conduite par le général d’armée, François Lecointre, chef d’État-major des Armées françaises.
Une visite bien saisie par le Chef d’état-major de l’ANP, le général de Corps d’Armée Saïd Chanegriha, pour renouveler les revendications algériennes concernant, la sécurité dans la région du Sahel, et la dépollution des sites des essais nucléaires français à Reggane et In Ekker.  Said Chanegriha est mieux placé pour comprendre le jeu trouble de la France au Sahel et en Libye, et son impact sur la sécurité de l’Algérie. La France est son allié du Makhzen, voient d’un mauvais œil les louables efforts diplomatiques d’Alger, ayant permis de revenir à la voie des négociations entre les différentes parties en conflits, ayant permis d’entretenir des espoirs de paix en Libye et Mali. Alger juge crucial le retour à la paix et la stabilité dans cette région, et dénonce le paiement des rançons, au profit des groupes terroristes. Sur ce sujet, le Chef d’état-major de l’ANP ; était explicite, en indiquant “L’Algérie considère que la stabilité et la sécurité de son voisinage sont directement liées à sa sécurité. Pour cela, d’énormes efforts sont consentis par mon pays à travers l’adaptation des dispositifs militaires tout au long des frontières, en vue de concrétiser la stabilité dans les pays de l’espace méditerranéen ».

Said Chanegriha: L’Algérie considère que la stabilité et la sécurité de son voisinage, liées à sa sécurité

Said Chanegriha ajoutera “A cet effet, consciente de l’ampleur du danger que représente le terrorisme sur la paix et la stabilité régionales, l’Algérie n’a pas lésiné sur les initiatives et le soutien en direction de ses voisins pour coordonner les efforts sur la base d’une vision commune, à travers le mécanisme du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC)”, a-t-il ajouté.

Le général de Corps d’Armée de l’ANP, évoquera lors de la réception de son hôte, par le général d’armée, François Lecointre, chef d’État-major des Armées françaises. La dépollution des sites des essais nucléaires “la problématique liée à la réhabilitation des deux anciens sites d’essais nucléaires français, à Reggane et In-Ikker”

“Je tiens à évoquer la problématique des négociations, au sein du Groupe algéro-français, au sujet des anciens sites d’essais nucléaires et des autres essais au Sahara algérien, où nous attendons votre soutien, lors de la 17ème session du groupe mixte algéro-français, prévue en mai 2021, pour la prise en charge définitive des opérations de réhabilitation des sites de Reggane et In Ekker, ainsi que votre assistance pour nous fournir les cartes topographiques permettant la localisation des zones d’enfouissement, non découvertes à ce jour, des déchets contaminés, radioactifs ou chimiques”, a-t-il insisté.

La mémoire, sujet de divergences entre Macron et Castex

Même si les promesses du président français Emmanuel Macron, au sujet de la colonisation, sont loin d’être tenues, et loin de satisfaire les revendications algériennes, il n’en demeure que le président français a été ouvertement critiqué par son Premier Ministre Jean Castex, il y a quelques mois.

Voir https://www.lefigaro.fr/politique/colonisation-du-crime-contre-l-humanite-de-macron-a-l-autoflagellation-de-castex-le-grand-ecart-de-l-executif-20201102

Ainsi, et le jour de la commémoration du 66 ème anniversaire de la glorieuse révolution du Premier novembre, Jean Castex exprime sur le plateau de TF1, ses divergences avec Emmanuel Macron, en estimant que la repentance permanente entretenait le terreau sur lequel prospère la détestation de la France. « Nous devrions nous autoflageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore…» a-t-il dit, épousant par voie de conséquence la thèse de l’extrême droite française et les nostalgiques de l’Algérie française

Pour Paris, Alger est un marché

Loin des apparences et des déclarations politico-médiatiques, les autorités officielles françaises, ne voient en Algérie, qu’un marché juteux pour ses produits. Et tout ce qui se dit sur la coopération économique, de partenariat et de gagnant-gagnant, n’est qu’une chimère confirmée par la réalité du terrain (investissements et transfert des devises de l’Algérie vers la France).
A l’époque de l’embellissement financier que connaît l’Algérie, lié à la hausse de ses revenus pétrolier et gazier, les entreprises françaises se sont bien sucrées, sans pour autant édifier les jalons d’investissements générateurs de développement économique du pays, bénéfiques du pays, et le meilleur exemple est le subterfuge de l’assemblage appelé construction automobile et qui ne servait qu’à pomper les réserves de change de l’Algérie.