Qui a tort,et qui a raison, Abdelaziz Djerad ou Djilali Tarikat ?

Qui a tort,et qui a raison, Abdelaziz Djerad ou Djilali Tarikat ?

Aujourd’hui, deux déclarations, liées au sujet de l’investissement et de l’exportation, ont attiré notre attention, dont les auteurs sont le Premier Ministre Abdelaziz Djerad et Djilali Tarikat, PDG de la Compagnie algérienne d’assurance et de garantie des exportations (CAGEX).

En marge de l’ouverture des travaux du Forum sur l’investissement agricole et agroalimentaire, le Premier Ministre Abdelaziz Djerad, indiquera ( déclaration diffusée par la télévision publique) qu’il ne comprend pas la présence insignifiante des produits agricoles algériens sur les marchés des pays voisins, par rapport à d’autres pays, en jetant la balle dans le camp des investisseurs et exportateurs algériens, quelques secondes après avoir reconnu l’OPA de la bureaucratie, et les problèmes liés au foncier agricole et aux autorisations.
Les déclarations d’Abdelaziz Djerad coïncident avec celles de Djilali Tarikat, PDG de la Compagnie algérienne d’assurance et de garantie des exportations (CAGEX) accordées à la radio chaîne 3.
L’invité de la radio tire à bout portant sur le projet du gouvernement Djerad portant sur l’amendement de la réglementation des changes. Pour le PDG de la CAGEX, la nouvelle mouture n’apporte aucune réponse favorable, notamment pour les exportateurs.

« Bien au contraire, nos clients les exportateurs se plaignent d’un dispositif légal répressif à leur encontre et qui sanctionne le non rapatriement des créances détenues à l’étranger par des peines privatives de liberté et d’autres sanctions sur le commerce extérieur », regrette Djilali Tarikat.

Pour le PDG de CAGEX, « cette mouture confond les créances nées sur l’étranger et les capitaux investis à l’étranger.» Djilali Tarikat appelle le législateur à aller dans le détail et à faire la distinction entre le capital et l’argent.

« Il devrait y avoir une grande différence dans les fondements juridiques qui régissent les capitaux investis à l’étranger et les créances nées sur l’étranger», ajoute Djilali Tarikat

Plus explicite, l’invité de la radio dira « Lorsqu’une entreprise algérienne investit à l’étranger, elle est tenue de rapatrier les dividendes soit les bénéfices réalisés à l’étranger. Donc, s’il y a non-rapatriement des dividendes, oui c’est l’entreprise qui a fauté et qui mérite d’être sanctionnée. Mais dans le cas des créances nées sur l’étranger, l’exportateur algérien prépare la commande et l’exporte. Le commerce extérieur comporte toujours le risque de ne pas être payé par son acheteur à l’étranger. L’actuelle loi sanctionne l’exportateur en cas de non-paiement et c’est un tort.»

Djilali Tarikat s’étonne. « Au lieu que le dispositif légal s’attèle à récupérer les créances détenues à l’étranger et donc, à viser le fautif qui es l’acheteur étranger, il s’oriente vers l’exportateur algérien.»

Pour le PDG de CAGEX, « l’exportateur est doublement sanctionné. D’abord il perd son argent et en plus, il risque la prison.» Il insiste. « Pour encourager le commerce et l’industrie, il faut considérer que les investisseurs et les exportateurs sont de bonne foi”. L’état des lieux exprimé par le PDG de CAGEX, nous révèle les limites du gouvernement Djerad, et son obstination à poursuivre la politique de l’autruche, qui enfonce davantage le pays dans les incertitudes, et le fossé qui ne cesse de s’agrandir entre les bonnes volontés constituées, des opérateurs nationaux, victimes du lynchage d’El Isaba, et les décideurs et législateurs, confinés dans la démocratie bureaucratique, la langue du bois et l’absence de vision et visibilité socioéconomique.