Le Gouverneur de la Banque Centrale du Liban; dans le collimateur de la justice suisse

Le Gouverneur de la Banque Centrale du Liban; dans le collimateur de la justice suisse

Le Gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, est dans le collimateur de la justice helvétique, et pour cause, il est soupçonné d’être l’un des piliers du système politico-financier tenant le pays du cèdre, en otage.

Le journal suisse « Le Temps » révèle des détails documentés sur des mouvements de fonds entre le Liban et la Suisse qui auraient été opérés par Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban, et son frère. C’est un courrier de 16 pages, qui en est à l’origine de cette affaire qui tient en haleine tout le Liban et qui n’a pas encore livré tous ses secrets

Le célèbre journal helvétique notera dans ce cadre qu’en date du 27 novembre 2020, le procureur fédéral Joël Pahud avait adressé une demande d’entraide judiciaire aux représentants de la justice libanaise, à travers l’ambassadrice Suisse à Beyrouth, Monika Schmutz Kirgöz, qui a remis cette lettre en arabe en mains propres à la ministre libanaise de la Justice, Marie-Claude Najm, laquelle l’a transmise au procureur général, en mains propres également.

Le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC) détaille des mouvements de fonds qu’il attribue au gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, 70 ans, un des hommes les plus puissants du pays, ainsi que son frère cadet Raja, souligne Le Temps.

Sans les accuser ouvertement, le MPC, estime qu’ils pourraient avoir «commis en Suisse des actes de blanchiment d’argent» au détriment de la Banque du Liban, et cela depuis 2002.

L’offensive de la Fondation Accountability Now

Dans cette affaire, la Fondation Accountability Now, devient un acteur incontournable, à travers son collectif qui s’est investi sur le terrain judiciaire, dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Accountability Now, n’a pas tardé à actionner son offensive, moins d’une semaine après le séjour à Beyrouth, du Conseiller fédéral Ignazio Cassis, en ciblant les établissements financiers suisses ayant accueilli liés au Gouverneur de la Banque Centrale du Liban

Accountability Now, détentrice d’un rapport de 34 pages accompagnant sa plainte, révèle des liens entre Riad Salamé avec le «système institutionnalisé de corruption au Liban», ainsi que sur le rôle joué par les banques helvétiques.

Accountability Now  évoque des  mouvements de fonds suspects vers la Suisse, d’un montant de 300 millions de Francs Suisses , attribués à Riad Salamé que les procureurs fédéraux tentent de vérifier. Dévoilée mardi, cette demande d’entraide judiciaire adressée aux autorités libanaises s’intéresse notamment au transfert, durant deux décennies, de près de 250 millions de dollars de «commissions» touchées par une société offshore sous contrat avec la Banque nationale du Liban , Forry Associates ,en direction du compte de Raja Salamé chez HSBC Private Bank Suisse. Contactée, HSBC indique ne pas pouvoir s’exprimer sur cette affaire.

Les proches de Riad Salamé démentent

Les proches du Gouverneur de la Banque Centrale du Liban ont démenti les informations parues dans le journal libanais « Al Akhbar » les qualifiant d’allégations, dans un communiqué rendu public

Il convient de rappeler, que le quotidien libanais Al Akhbar avait révélé mardi dernier l’existence d’une enquête en Suisse au sujet de cette affaire. Les autorités suisses n’ont pas encore réagi. Selon le quotidien, l’enquête s’inscrit dans le cadre d’efforts menés par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis pour passer au crible les transactions suspectes de responsables libanais, y compris Riad Salamé.

Aujourd’hui, le Liban fait face à une crise économique, sans précédent; liée à sa position à l’égard de la normalisation avec l’entité sioniste, et son refus d’abdiquer devant le diktat américano sioniste et leurs alliés du Golfe au sujet du mouvement de la résistance libanais le Hizballah , lui causant une dégringolade de sa monnaie nationale et des restrictions bancaires interdisant les transferts bancaires à l’étranger.