Ne rêvent-t-ils pas de faire de Rachad une organisation de « l’Irgoun »?

Ne rêvent-t-ils pas de faire de Rachad une organisation de « ’Irgoun »?
Par Tarek Benaldjia
La France, l’Israël et le Maroc trouvent dans les combats qu’ils mènent contre l’Algérie, de nombreuses analogies. C’est ainsi que Rachad, elle aussi très isolée sur le plan international, trouve dans ces États, un fidèle soutien, notamment à l’Union européenne (UE) mais aussi des véritables frères d’armes sur le terrain.
Alliés privilégiés dans l’affaire de déstabilisation de l’Algérie, ces pays aussi impliqués directement dans la crise algérienne. Tout en s’occupant de la protection et de l’encadrement de l’importante de la nébuleuse islamiste djihadiste d’Algérie, le Maroc, travaillant de concert avec les services spéciaux français et israélien, va fournir à ses alliés de l’AQMI, de Rachad et du MAK, d’importants renseignements concernant le pouvoir algérien, pour y être ensuite employées directement contre l’Algérie.
Dès le début des années 1990, le Maroc et la France s’engagent dans une coopération étroite qui évolue rapidement vers une véritable alliance politico-militaire contre l’Algérie.
Militairement, les livraisons d’armes et en tout genre vers les groupes terroristes s’intensifient et c’est auprès de l’alliance dirigée contre le pays que les groupes islamiques algériens acquièrent toute l’ossature de leur armement.
Ainsi grâce à cette alliance, Rachad réussit à se désenclaver militairement et diplomatiquement tout en commençant à se doter d’une plus grande latitude pour se déplacer seul en tant qu’agent indépendant.
La France, quant à elle, tout en participant à une entreprise que beaucoup jugent alors immorale, trouve dans le soutien aux entités islamistes établies sur son sol, un nouveau débouché pour régler ses comptes avec le pouvoir algérien et surtout, de ses intérêts privés en Algérie , un point crucial dans la poursuite de sa mission.
L a France et Israël coopèrent face l’Algérie et à son influence dans le Maghreb arabe, le sahel, le monde arabe et aussi, bien sûr, en Afrique. De la crise du Suez , où des intérêts stratégiques croisés poussent les deux États à agir de concert contre Nasser en 1956, en passant par l’échange d’informations importantes sur les activités clandestines des révolutionnaires algériens, l’entraide entre la France et Israël atteint des niveaux sans précédent dans les annales des relations internationales.
Des réunions régulières ont donc lieu entre les responsables des services de renseignements des deux pays qui permettent d’échanger des informations cruciales et sensibles, notamment au sujet du soutien que le Maroc apporte aux djihadistes algériens. Outre ces échanges de renseignements, est aussi mise en place une coopération étroite sur des projets très secrets concernant l’exécution en commun d’actions subversives,consistant à organiser, par exemple, des actes de sabotage et d’autres opérations spéciales non conventionnelles.
Comme on le voit, alliés dans leurs politiques étrangères, la France et l’entité sioniste collaborent énormément dans le domaine du renseignement. Cette dernière jouant directement un rôle important dans la lutte contre les militants de la cause nationale, à l’étranger certes (implication évoquée des services israéliens dans les épisodes du navire l’Athos, et même dans l’enlèvement de l’ex président le défunt Ben Bella) mais aussi, chose méconnue jusqu’ici, avec les « groupes islamiques et des indépendantistes du MAK».
Pour comprendre ce cadre trilatéral de coopération, quelques exemples sont édifiants, afin de méditer sérieusement sur les faits et les événements décrits et analysés ici.
Tous les témoignages d’avants et d’après 1962, évoquent par ailleurs une parfaite et une réelle harmonie entre le Mossad israélien et les services secrets français, mais aussi avec les services du contre-terrorisme des Renseignements marocain.
Les ressortissants israéliens au Maghreb sont nombreux et bien sûr très surveillés par les services de l’hexagone, ces agents paraissent bénéficier d’une totale liberté de mouvements.
Ainsi, très présents en Algérie, ils recueillent de nombreuses et d’importantes informations sur les activités des algériens aussi bien en France métropolitaine qu’au pays de sa majesté le Roi. Informations dont ils font bien sûr profiter pleinement les autorités françaises et qu’ils récoltent notamment grâce à l’importante communauté juive, dont, notons-le au passage, nombre de ses membres sont arabisants et parfois très proches de la communauté musulmane.
Henri Jacquin, un officier des renseignements français, sur [La guerre secrète en Algérie], affirme d’ailleurs que les informations recueillies par les services israéliens dans l’importante communauté juive d’Afrique du Nord et qui sont par la suite communiquées aux Français, sont souvent plus « fraîches » que celles des services français.
C’est ce que révèle une information citée par deux éminents universitaires, le Français Benjamin Stora et l’Israélien Mikaël Laskier, parue dans le détail le 25 mars 2005, dans un article intitulé « Comment le Mossad a armé les juifs de Constantine en 1956 » du journal israélien Maariv.

L’ancien agent du Mossad, Avraham Barzilai, en poste en 1956 en Algérie, révèle dans le détail une opération des services israéliens consistant à entraîner et armer des groupes composés de jeunes juifs de Constantine pour faire la guerre au FLN et notamment une opération de représailles lancée sur ses ordres et menée par des hommes de sa cellule après un attentat à Constantine, le 12 mai 1956.

Rappelons au passage que la communauté juive d’Algérie, à l’époque la plus nombreuse communauté juive dans le monde arabo-musulman (130 000 personnes environ), est très ancienne et présente sur le territoire algérien, bien avant la conquête française.

Devenus citoyens français à part entière depuis le décret Crémieux de 1870, les Juifs d’Algérie s’identifient de façon croissante à la métropole. Et ce malgré leur retour humiliant et forcé à la condition d’indigène durant la période de la Seconde Guerre mondiale et du régime de Vichy.

Après les revirements du général de Gaulle dans sa politique algérienne, beaucoup approuvent les actions de l’Organisation armée secrète (OAS), organisation politico-militaire créée par des militaires et des Européens d’Algérie au début de l’année 1961 et qui s’oppose par le terrorisme et par la force à la « politique d’abandon » de l’Algérie par le pouvoir gaulliste.

Ainsi, « dans la rancœur et la colère contre la France, les juifs vont peu à peu grossir les rangs de l’OAS »un peu à la manière et selon l’inspiration de Haganah et l’Irgoun, et les amenées à fournir à l’OAS des cadres et des militants de valeur[Jacques Soustelle], L’espérance trahie, p. 247-248.Pour la trilatéral (Israélienne-française et marocaine), le retour de l’Algérie au concert des nations libres et indépendants, n’augure rien de bon. Le tripartite est tout à fait conscient que l’abandon de la France par l’Algérie signifierait alors un bouleversement radical de la politique française en Méditerranée, au Maghreb et au Proche-Orient et surtout vis-à-vis de l’État hébreu.

C’est d’ailleurs bien ce que souhaite le mouvement séparatiste de Ferhat Mehenni, principal conseiller de l’entité sioniste dans l’affaire algérienne, farouche opposant à « l’Algérie unie et indivisible» et réputée opposée à toute normalisation sans le recouvrement des droits palestiniens et arabes à la récupération de leurs terres spoliées.

Pour lui, le retour triomphant d’Algérie et le retrait de la France d’ Afrique du nord seraient le point de départ pour relancer la traditionnelle « politique des États arabes »impliquant de graves problèmes pour la politique extérieure européenne et par la même relancer le processus politique en vue de l’instauration d’une paix durable au Proche -0rient.

Rachad accélère le rapprochement avec les Israéliens,suivant l’adage «l’ami de mon ennemi est mon ami» « Rachad » le sait très bien.

C’est la raison pour laquelle, dans sa recherche éperdue de soutiens étrangers, l’organisation terroriste de Larbi Zitout tente d’approcher les marocains. Ceci n’est pas étonnant quand on sait que certains chefs de l’organisation comme les Reda Boudraâ et surtout Mourad Dhina(qui ont été un des principaux conseillers lors de la création de la nébuleuse islamiste internationale, de leurs sympathies avec les djihadistes libyens et syriens et de leur appartenance à l’organisation islamiste internationaliste « Mouatamar El Oumma » et son projet de califat « Rachidiste » ) avaient été très proches des services de la trilatéral , Rappelons-nous cet épisode, où L’émir fondateur du GIA, AbdelhakLayada, fut accueilli à bras ouverts par le feu Hassan II, en accordant asile, aides et assistance aux criminels et sanguinaires du GIA ! Et les membres de l’ex parti dissous, comment ont trouvé refuge dans la métropolitaine française.

D’autres, comme Abou Mousaâb le syrien, la tête pensante de Reda Boudraâ et le pourvoyeur en «réflexions» sur le djihadisme version Rachad à travers les Zitout et les sbires de la nébuleuse islamiste.

Il a même été dans les groupes terroristes qui activaient sous le label du Front Al Nosra et Daesh en Syrie en coordination avec le chef de mouatamar el Oumma, El Matiri. qui avait déclaré en présence des terroristes de «El Haraka el moukatila ellibiya» que «la Libye est notre avant-poste qui va nous permettre de libérer l’Algérie et tous les pays de la région». En effet, un tel parti pris peut mener l’Algérie au chaos comme il avait été vécu auparavant par les palestiniens avec l’organisation terroriste de Haganah et de l’Irgoun. .

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