Assassinat de deux journalistes espagnols au Burkina Faso : La main marocaine du Makhzen ?

Assassinat de deux journalistes au Burkina Faso : La main marocaine du Makhzen ?

L’assassinat ce mardi des deux journalistes espagnols, en l’occurrence David Beriáin et Roberto Fraile, au Burkina Faso, suscite l’indignation, et ouvre la voie aux multiples analyses et spéculations, basées essentiellement sur des entrecoupements et des informations collectées de diverses sources.

Ainsi, certaines sources espagnoles n’excluent pas l’implication des services de renseignements marocains, bien en place au Burkina Faso, dans l’assassinat des journalistes David Beriáin et Roberto Fraile.

Ces mêmes sources estiment que le modus operandi des groupes terroristes consiste habituellement à enlever les otages et demander des rançons. Cette approche est renforcée par le fait que les deux journalistes étaient présents dans une zone avec une forte présence marocaine, où pullulent des journalistes étrangers, dont des français, bien protégés.

Les sources espagnoles estiment que si c’étaient les groupes terroristes, leur opération toucherait en principe les ressortissants français comme représailles à leur présence militaire dans la région du Sahel et non des espagnols, qui venaient d’arriver dans cette région pour réaliser un reportage sur la préservation de la nature, selon la branche espagnole de Reporters Sans Frontières.
Par ailleurs, il convient de rappeler, que les services des renseignements marocains, ont installé en 2005, au Burkina Faso dirigé par l’ami du Roi, Blaise Campaoré, en fuite actuellement en Côte d’Ivoire, des groupes bien entrainés, portant le sceau d’Al Qaida, dans le but de déstabiliser l’Algérie à partir du Sud Algérien, et qui seraient à l’origine de l’enlèvement en 2011,de trois ressortissants étrangers, membres d’ONG, travaillent dans un camp sahraoui de Tindouf, à savoir les espagnols Aino Fernandez Coin, membre de l’association les amis de peuple sahraoui en Estrémadure (Espagne), d’Enrico Gonyalons, membre de l’ONG espagnole MUNUPA et de l’italien  Roselle Urru membre de l’ONG  italienne CCISPP.

Les ravisseurs, s’étaient infiltrés à partir de territoire malien, et ont attaqué les sièges les deux ONG et enlevés trois ressortissants européens, en utilisant une voiture tout-terrain et les armes à feu.

Dans le même cadre, les sources espagnoles n’excluent pas que le Makhzen marocain ait procédé de la sorte, en signe de pression sur Madrid, dans le but de la contraindre à reconnaître « la marocanité » des territoires sahraouis occupés, que les espagnols rejettent totalement, en soutenant le droit international à savoir l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.

Par ailleurs, il faut noter que le Président du Conseil Espagnol Pedro Sánchez, avait annulé sa visite au Maroc, après s’être rendu à Alger, le mois d’octobre dernier.
Madrid avait également convoqué, en décembre dernier l’ambassadrice du Maroc à Madrid,, Karima Benyaich, pour lui demander des clarifications sur les déclarations du Premier ministre marocain, Saadeddine El-Othmani, dans lesquelles il a estimé que Ceuta et Melilla “sont des villes marocaines”, et qui s’ajoute à la dernière polémique du Makhzen, au sujet de l’hospitalisation du président sahraoui Brahim Ghali en Espagne, atteint du Covid-19, à l’origine de la convocation de l’ambassadeur espagnol à Rabat, en l’occurrence Ricardo Diez-Hochleitner Rodriguez, et qui répliquera, en déclarant que l’Espagne n’est pas un département marocain.
Ironisant, Ricardo Diez-Hochleitner Rodriguez, indique que Rabat devra aussi convoquer l’ambassadeur d’Algérie au Maroc, pour protester contre les visites récurrentes du président sahraoui à Alger.
Il convient de rappeler, que les journalistes et militants des droits de l’homme espagnols sont dans le collimateur de Rabat , comme l’atteste les dernières expulsions à leur égard, dont la dernière expulsion et maltraitance de la militante des droits de l’homme Helena Maleno, fondatrice du collectif Caminando Fronteras

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