Pierre Galand : « il faut absolument mettre fin au statu quo dans le dossier sahraoui »

Pierre Galand : "il faut absolument mettre fin au statu quo dans le dossier sahraoui"

Le maintien du statu quo au Sahara occidental, comme le souhaite le Maroc, « est dangereux pour la région et coûteux pour l’ONU, les États-Unis et la communauté internationale en général », a insisté Pierre Galand président de la conférence européenne pour le soutien et la solidarité avec le peuple sahraoui (Eucoco).

S’exprimant sur les ondes de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, Pierre Galand a critiqué le silence des Nations Unies concernant le non-respect du cessez-le-feu, les faibles rapprochements diplomatiques et les limites de la stratégie du statu quo, marqué par la lassitude et le désistement de la communauté internationale concernant le dossier sahraoui.

Le président de l’Eucoco a souligné la difficulté d’un renouveau politic, appelant à la nomination d’un nouvel envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental.

Pierre Galand a réitéré son soutien aux efforts menés par l’ONU pour parvenir à une solution politique juste et durable qui prévoit l’autodétermination du peuple sahraoui, comme indiqué clairement dans la résolution 2548 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui prévoit l’autodétermination du peuple du Sahara occidental conformément aux principes et objectifs de la Charte des Nations Unies.

« Nous appuyons fermement les efforts du secrétaire général des Nations Unies pour nommer un envoyé personnel dans les plus brefs délais afin que les consultations entre les parties puissent reprendre », a-t-il ajouté.

« Pour garantir les droits du peuple sahraoui, la paix et la sécurité dans le pourtour méditerranéen, il est urgent que les pays européens, soucieux de respecter les normes internationales, reconnaissent l’État du Sahara occidental, comme l’a déjà fait l’instance régionale de référence, l’Union africaine », conclut le président de l’Eucoco.

Reconnaît le rôle crucial de l’ONU et la communauté européenne dans l’exercice de leurs responsabilités de trouver une solution durable à la crise, Pierre Galand exhorte le Secrétaire général de l’ONU d’accélérer la nomination d’un nouvel envoyé personnel et invite le nouvel envoyé personnel à travailler en étroite collaboration avec l’UA, conformément aux dispositions de la Charte des Nations unies et du cadre UA-ONU pour un partenariat renforcé dans le domaine de la paix et de la sécurité.

Le président de l’Eucoco souligne que « le silence persistant observé par le Secrétariat de l’ONU montre clairement qu’il n’est pas neutre dans la question de la non-application de la résolution 1514 au Sahara Occidental ».

Il déplore notamment le fait que ce silence « favorise la poursuite de l’occupation illégale du Territoire par le Royaume du Maroc ». Pierre Galand assure que « deux ans après la démission de l’ancien président Horst Kohler de son poste d’envoyé personnel, il est clair maintenant pour tout le monde qu’il sera impossible de trouver un diplomate expérimenté et acceptable pour les deux parties au conflit qui pourrait prendre ce poste », faisant savoir que « prolonger indéfiniment la recherche d’une telle personne revient à soutenir l’occupation illégale par le Royaume du Maroc ».

Dans ce contexte, il invite le SG de l’ONU « à reprendre immédiatement le processus en invitant les deux parties au conflit (le Maroc et le Front Polisario), et leurs voisins (Algérie et Mauritanie), en tant qu’observateurs, dans ses bureaux à New York et à faire rapport au Conseil ».

Il rappelle que « cela fait maintenant 56 ans que la population autochtone du Territoire Non Autonome du Sahara Occidental attend que le référendum soit organisé sous les auspices de l’ONU ».

Par ailleurs, Pierre Galand affirme que, « le peuple sahraoui considère que l’ONU est en partie responsable de la récente reprise du conflit armé au Sahara Occidental ».

Il dénonce la position de deux grandes puissances (les États-Unis et la France) qui est selon lui, « préjudiciable au libre exercice du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental », mettant en cause les deux gouvernements qui « sont objectivement complices des violations systématiques et graves des droits de l’Homme et des infractions aux normes du Droit International Humanitaire au Sahara Occidental ».

Néanmoins, il assure que, cela ne doit pas empêcher l’ONU de « s’exprimer clairement et d’appeler à l’action pour les droits de l’homme au Sahara Occidental », faisant savoir que « le Royaume du Maroc rejette systématiquement toutes les allégations, toutes les décisions et les avis adoptés par les mécanismes des droits de l’Homme de l’ONU ».