Salah Goudjil plaide pour un dialogue d’État à État pour régler la question de la mémoire

Salah Goudjil plaide pour un dialogue d’État à État pour régler la question de la mémoire

Pour le président du Conseil de la Nation, la question de la mémoire relative à la période coloniale doit être traitée dans le cadre d’un dialogue d’État à État, entre l’Algérie et la France, « indépendamment des personnes, des groupes et autres cercles ».

Salah Goudjil qui souligne, dans un entretien accordé au quotidien L’Expression, l’importance de ce dossier de la mémoire, dans les relations entre les deux pays, estime que « le règlement juste de ce lourd dossier exige de considérer l’Histoire à sa juste nature, c’est-à-dire un processus permanent qui ne saurait être compartimenté en des périodes, tout comme ne pourrait l’être la période d’occupation coloniale de l’Algérie allant de 1830 au 5 Juillet 1962. »

8 mai, Journée nationale de la mémoire

Pour le président du Sénat, « seule une lecture objective et non conjoncturelle de l’Histoire serait à même d’aider les deux pays à transcender les séquelles de ce passé douloureux.» Douloureux comme l’évocation des massacres du 8 mai 1945, dont c’est le 76e anniversaire. A la veille de cette date historique, Salah Goudjil rend hommage au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a décrété la journée du 8 Mai, Journée nationale de la mémoire. « Pour que les sacrifices des chouhada ne sombrent pas dans l’oubli », insiste le président du Conseil de la Nation.

Salah Goudjil salue également « le courage du président français, d’avoir qualifié la colonisation de crime contre l’humanité.» Un pas important franchis, sur le chemin de la réconciliation des mémoires, comme l’a été la restitution des crânes des résistants algériens, ou encore le travail accompli par l’historien Benjamin Stora. « Mais le chemin est encore long pour arriver à une totale réconciliation des mémoires», prévient le président du Sénat.

De nombreuses questions encore en suspens

Le rapport Stora, s’est limité à la période (1954-1962), et occulte la plus grande partie de cette histoire, allant de 1830 à 1954, soit « 125 ans d’avilissement du peuple algérien, de génocide, d’acculturation et de tentatives d’effacement de son identité », rappelle Salah Goudjil, qui estime que la question des excuses reste également en suspens, tout comme celle des essais nucléaires, qu’il qualifie « d’actes criminels ».

« C’est l’un des dossiers qui méritent reconnaissance de qualité de crime de guerre et exige réparation », dit-il. Pour le président du Conseil de la Nation, « il ne s’agit pas d’une seule bataille pour un seul dossier, mais d’un travail global qui doit aboutir à qualifier tout le colonialisme de crime de guerre.»