Sarah Ghali, jeune candidate aux législatives: le prochain scrutin, une opportunité inouïe pour le changement

Sarah Ghali, jeune candidate aux législatives: le prochain scrutin, une opportunité inouïe pour le changement

Les élections législatives de juin 2021 s’annoncent déjà bien différentes de toutes celles qui l’ont précédé depuis 1962 , pour preuve les listes indépendantes sont bien plus nombreuses que celles des partis politiques, éloignés des revendications citoyennes ces dernières années au profit de l’oligarchie et l’ancien pouvoir. 

Ceux dits de l’opposition et quoi qu’on en dise, n’ont, tout au long de ces deux dernières décennies, pu faire valoir leurs projets de société et partant ont tous échoué à changer l’ordre établi se contentant de condamnations verbales et autres gesticulations stériles.

En compulsant certaines listes indépendantes, nous avons constaté que beaucoup de jeunes, encouragés par les discours du président de la république, ont tenté l’aventure et il est certain qu’on verra certains d’entre eux siéger à l’hémicycle de Zighoud Youcef.

La configuration de la prochaine assemblée sera dominée par les jeunes issus des listes indépendantes, « le peuple ne veut plus voir des têtes qui ont été à l’origine de beaucoup de morts en méditerranée et qui ont obligé des familles entières à la Harga et à quitter le pays, » nous dit un vieux briscard, fin connaisseur de l’actualité.

A Oran, par exemple, une liste  indépendante dénommée « El-Adala El-Ijtimaia » (justice sociale),qui porte le numéro d’identification 31/03, attire l’attention et dans laquelle figure une jeune enseignante en Math de 27 ans, Ghali Sarah, titulaire d’un master 2 en informatique/math et qui nous explique pourquoi elle a tenté cette aventure, elle, qui n’a jamais fait de politique mais très collée à l’actualité à ce qu’on a constaté.

Elle nous dit, tout simplement, que, comme tout le monde, « je ressens quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre société. Tout le monde aspire à un mieux-être et personne ne fait rien pour y arriver. Il y a une sorte de marasme et les algériens que nous sommes restent insatisfaits dans leur vie quotidienne.  Chez nous, L’urbanisme n’est pas harmonieux et même clochardisé, la voirie dégradée, le transport anarchique, une crise perpétuelle de logement, la santé qui  va mal et la saleté qui  a envahi les grandes villes. Ceci, à titre d’exemple seulement,  nous glisse t-elle finement, car, il y a des problèmes plus importants qui attendent d’être pris en charge par les responsables de la nouvelle Algérie à laquelle nous aspirons tous. »

Le volet social que certains responsables négligent est primordial, selon elle. Il n’est pas possible d’apaiser un front social avec une majorité de jeunes sans revenus fixes et un environnement  qu’ils ressentent comme  hostile. Je penses militer pour l’instauration d’une allocation au profit des chômeurs et des ménages sans revenus. On va, certes, nous opposer le fait que la situation financière du pays ne le permette pas mais il existe des solutions, affirme t-elle. Nous pouvons, par exemple, imposer ou faire une ponction dans les salaires de hauts responsables, à commencer par les députés et le peuple et ceux qui manifestent chaque vendredi verront qu’il  y a une volonté d’une justice sociale, souligne t-elle. . Et s’il  y a lieu, on  imposera de nouvelles taxes sur certains produits comme les cigarettes et l’alcool. « En tous cas, j’en ferai mon cheval de bataille, si jamais j’aurai la chance de figurer dans la prochaine assemblée. »

Si ce volet est sérieusement pris en charge, nous dit-elle, on aura un apaisement qui permettra une gestion du pays plus sereine et nous pourrons avancer et faire face à la crise multidimensionnelle qui sévit dans le pays, » a-t-elle conclu.

On a relevé, au cours de l’entretien, un sens aigu de la prise de conscience de cette étonnante jeune candidate, des défis auxquels est confronté le pays et les citoyens.

La liste comprend 7 candidats âgés de moins de 40 ans et plus de la moitié de niveau universitaire.