La France, de l’Australie au Sahel en passant par l’Afghanistan

Après l'Afghanistan: La France humiliée par les USA en Australie

La France est-t-elle devenue une puissance de seconde zone d’influence, ou est-t-elle lâchée par ses principaux alliés ?

Tout semble indiquer que la France n’est plus cette nation redoutée et consultée dans les enjeux géostratégiques. Après l’Afghanistan, où elle apprend le retrait militaire américain par voie médiatique, témoignant le peu d’intérêt des américains vis-à-vis de la position française, voilà un autre coup dur pour ne pas dire coup de massue sur la tête des dirigeants français, dont la provenance est l’Australie qui vient de renoncer à un contrat d’achat de 12 sous-marins français, de l’ordre de 50 milliards de dollars australiens, soit 30 milliards d’euros, qualifié par Paris de contrat du siècle au profit de Naval Group.
L’annulation du contrat avec la France fait les affaires des américains qui renforcent leur présence dans cette région du monde, en partenariat avec Londres et Canberra, autour de ce qui est appelé pacte Aukus

Naissance du pacte Aukus

Le revers français n’était nullement économique, mais aussi géostratégique, car Paris a de longues années travaillé pour un pacte regroupant outre la France, l’Australie et l’Inde, pour contrecarrer les desseins de la Chine dans le pacifique, plus précisément au niveau de la Mer de Chine, qui représente le tiers du trafic maritime mondial pour un montant de 500 milliards de dollars. Les Usa voyaient dans le projet français une menace de ses intérêts économiques et géostratégiques

La naissance d’Aukus, est une réponse non seulement à la Chine mais aussi à la France. Aukus, c’est le nom du pacte de sécurité qui vient de voir le jour entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, un vaste partenariat en matière de sécurité, de cyberdéfense, d’intelligence artificielle et de technologies quantiques destiné à contrer l’influence de la Chine.

“Il s’agit d’investir dans notre plus grande source de force, nos alliances, et de les mettre à jour pour mieux faire face aux menaces d’aujourd’hui et de demain. Il s’agit de souder les alliés et partenaires actuels de l’Amérique de manière nouvelle et d’amplifier notre capacité à collaborer, en reconnaissant qu’il n’y a pas de fracture régionale séparant les intérêts de nos partenaires de l’Atlantique et du Pacifique” a expliqué Joe Biden, le président des États-Unis.

Pour sa part, le Premier Ministre britannique Boris Johnson, indique au sujet de ce pacte

“Le Royaume-Uni, l’Australie et les États-Unis créent un nouveau partenariat de défense trilatéral appelé Aukus, dans le but de travailler main dans la main pour préserver la sécurité et la stabilité dans la zone indo-Pacifique. Nous ouvrons un nouveau chapitre dans notre amitié, et le premier objectif de ce partenariat sera d’aider l’Australie à acquérir une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire.” “Sur la base de notre histoire commune de démocraties maritimes, nous nous engageons dans une ambition commune pour soutenir l’Australie dans l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire”, ont fait savoir les trois partenaires dans un communiqué commun, qui précise qu’il s’agit bien de propulsion, et non d’armement.

“Le seul pays avec lequel les Etats-Unis ont jamais partagé ce type de technologie de propulsion nucléaire est la Grande-Bretagne” à partir de 1958, avait indiqué plus tôt un haut responsable de la Maison Blanche. “C’est une décision fondamentale, fondamentale. Cela va lier l’Australie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour des générations.”

Pour sa part,Scott Morrison, Premier ministre australien estimera en outre: “Nous avons l’intention de construire ces sous-marins à Adélaïde, en Australie, en étroite collaboration avec le Royaume-Uni et les États-Unis. Mais laissez-moi être clair : l’Australie ne cherche pas à acquérir des armes nucléaires ou à se doter d’une capacité nucléaire civile.”.
Ainsi, la naissance du pacte d’AUKUS, et les déclarations des dirigeants des trois pays, sont une réponse à la France, qui ne pourrait relever la tête de ce revers, qui illustre bien son statut de girouette des USA, depuis la fin de mandat de l’ancien président Jacques Chirac.

 Jean-Yves Le Drian, le Pleurnichard

Le chef de la diplomatie française semble groggy, en commentant la décision de Canberra de se passer de la technologie militaire française qui reçoit par voie de conséquence un cuisant revers.
Interrogé par FranceInfo, Jean-Yves Le Drian soulignera « Nous avions établi avec l’Australie une relation de confiance. Cette confiance est trahie », ajoutant que le « contrat du siècle » sur les sous-marins lorsqu’il était ministre de la Défense. « C’est vraiment, en bon français, un coup dans le dos », s’est indigné le chef de la diplomatie française.

Lui emboîtant le pas, la ministre française des Armées Florence Parly déplorait sur RFI « une très mauvaise nouvelle pour le respect de la parole donnée » et une décision « grave » en matière de politique internationale.

Macron se console avec l’élimination du chef terroriste de l’EIDS

Pour diminuer l’impact de son revers des sous-marins français, le président français Emmanuel Macron tweetera dans la nuit de mercredi à jeudi, annonçant l’élimination d’Adnan Abou Walid al-Sahraoui, chef du groupe terroriste État islamique au Grand Sahara. Cette annonce s’avère une consolation pour alléger la déconfiture australienne, sachant que l’élimination du terroriste Adnan Abou Walid Al Sahraoui a eu lieu, le mois dernier, plus précisément lors d’opérations militaires françaises effectuées entre le 17 et le 22 août dernier selon Florence Parly, la ministre française des Armées, Bernard Emié, directeur de la DGSE, ancien ambassadeur de France à Alger, et Le général Thierry Burkhard, chef d’état-major des armées qui animèrent une conférence de presse à Paris.

La France, une girouette ?

La ministre française Florence Parly saisit l’opportunité de la conférence de presse pour annoncer que la France ne quittera pas le Sahel. Est-ce un revirement de l’annonce de Macron de retrait militaire du mois de juin dernier ? Où s’agit-t-il d’une carte de pression sortie à l’égard de l’administration Biden ?

Tout est possible, dans la mesure où les trois responsables français qui animèrent la conférence de presse, encensent la coopération avec les USA dans la région du Sahel, en matière de renseignements, au moment où le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian tire à boulets rouges sur l’administration Biden après l’annulation du contrat du siècle des sous-marins par les australiens.
Les trois responsables français signifièrent implicitement aux américains qu’ils demeurent leurs alliés et girouettes face à la montée en puissance des russes et chinois dans cette région du Sahel.

Une élimination pour répondre au scandale de La Farge?

Mali: Macron annonce l’élimination du chef de Daesch au Sahel

L’annonce de l’élimination du terroriste Adnan Abou Walid Al Sahraoui  a-t-elle un lien avec le scandale du cimentier français La Farge, impliqué dans le financement de Daesch en Syrie ?

Tout est possible, dans la mesure, ou les médias français accusent les services de renseignements français d’être au courant de l’argent versé par le cimentier La Farge à l’organisation terroriste de Daesch, en Syrie, une organisation terroriste que la France prétend la combattre au Sahel.
Peu d’observateurs, spécialistes en la matière, ne croient à la crédibilité du discours de la France dont les responsables continuent de payer des rançons aux groupes terroristes pour libérer les otages français à des fins électoralistes et à la consommation de l’opinion publique française, et ce en violation de la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU, condamnant le paiement des rançons aux terroristes, suite à une recommandation de l’Algérie. Sur ce registre, il faut bien se rappeler, la déclaration de l’ancien chef de la diplomatie française Laurent Fabius qui exprimait publiquement son appui à  la chute de Bashar Al Assad face à l’agression terroriste menée par le terrorisme international soutenu par l’alliance internationale dont la France est l’un de ses membres omniprésents