Projet d’attentat visant le Premier Ministre Néerlandais: La mafia marocaine de la drogue, pointée du doigt

Projet d'attentat visant le Premier Ministre Néerlandais: La mafia marocaine de la drogue, pointée du doigt

Le journal français Le Monde publiera demain mercredi  un article intitulé » Aux Pays-­Bas, l’ombre menaçante de la « Mocro Maffia » , que le Premier Ministre néerlandais Mark Rutte,  serait visé par un projet d’attentat commandité et perpétré par un réseau criminel marocain établi à Bruxelles, en Belgique. Se référant au très lu journal néerlandais De Telegraaf, citant des sources officielles basées à La Haye( capitale des Pays-Bas) ce lundi 28 septembre 2021,, le journal français souligne que le premier ministre néerlandais Mark Rutte, bénéficie actuellement d’une protection très rapprochée, liée à des menaces et des informations faisant état d’un projet d’attentat et d’enlèvement visant la personnalité politique néerlandaise.

Des détails sur un projet seraient parvenus au début du mois aux services de sécurité. « Elles sont prises très au sérieux », a fait savoir anonymement une source à différents médias. Au cours des derniers jours, des individus auraient effectué des repérages dans le voisinage de M. Rutte. Le Parquet national, responsable de l’enquête, garde le silence sur les mesures mises en place afin d’assurer la protection du premier ministre. On sait toutefois que M. Rutte est désormais sous la surveillance d’une unité d’élite, le service de protection royale et diplomatique, ce qui confirme le sérieux de l’affaire, note le journal français.

Le coordinateur néerlandais de la politique antiterroriste, Pieter ­Jaap Aalbersberg, s’abstenait de tout commentaire lundi. Il aurait rencontré récemment le chef du gouvernement pour évoquer sa protection. Jusqu’ici, M. Rutte, adepte du vélo en solitaire dans les rues de La Haye, s’était opposé à l’idée d’être accompagné de gardes du corps, mais il aurait fini par céder. Interrogé lundi par des journalistes, il a indiqué : « Nous ne parlons jamais de notre sécurité. »

L’assassinat, en juillet dernier, à Amsterdam, d’un célèbre journaliste d’investigation, Peter R. de Vries, par deux tueurs très vraisemblablement liés à la mafia marocaine de la drogue, la « Mocro Maffia », a eu l’effet d’un électrochoc pour les autorités.

Des avocats, des juges, des journalistes font désormais l’objet d’une protection. Lundi, tous les regards se sont à nouveau rapidement tournés vers la Mocro Maffia : ce groupe criminel très violent, implanté aux Pays­-Bas mais aussi en Belgique, est à l’origine d’innombrables règlements de comptes. Dix­-sept de ses membres sont actuellement jugés dans une enceinte ultrasécurisée de la banlieue d’Amsterdam. Le procès a repris le 20 septembre dans une atmosphère très tendue. Nouvelles routes de la cocaïne La Mocro Maffia a aussi ordonné l’assassinat, en 2019, d’un avocat d’Amsterdam, Derk Wiersum, spécialisé dans le crime organisé et les réseaux de trafic de drogue. Me Wiersum était surtout le défenseur de Nabil B., un repenti qui a livré à la police des informations clés sur le chef de la mafia marocaine, Ridouan Taghi, en échange d’une peine réduite. Le frère de Nabil B. a été assassiné en 2018.

Il convient de souligner, que le dernier rapport d’Europol rédigé conjointement avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) est venu documenter le nouveau paradigme des routes de la cocaïne en Europe. Publié le 7 septembre et intitulé « Cocaïne Insights, le trafic de cocaïne de l’Amérique latine vers l’Europe, des oligopoles à l’accès pour tous », ce document expliquait que « l’épicentre du marché de la cocaïne en Europe s’est déplacé vers le nord », supplantant l’Espagne en tant que principale voie d’entrée dans l’Union.

C’est ainsi que « la Belgique est aujourd’hui la porte d’entrée principale de la drogue vers les Pays-Bas, puis l’Europe ». Les saisies pour le seul port d’Anvers ont atteint 65,6 tonnes en 2020, soit douze fois plus qu’en 2013. C’est le double des saisies réalisées à Rotterdam et le quintuple de celles réalisées en France la même année.

« La plupart de la cocaïne arrivant à Anvers est destinée à des groupes criminels basés aux Pays­-Bas, qui se chargent ensuite de la distribuer en Europe », précise le rapport, qui pointe le rôle, aujourd’hui central, des groupes albanophones et de la Mocro Maffia, qui ont su nouer des liens directs avec des fournisseurs colombiens.