Il y a 65 ans, la France détournait un avion civil transportant 5 figures de la révolution du 1er novembre

Il y a 65 ans, la France détournait un avion civil transportant 5 figures de la révolution du 1er novembre

Ce vendredi 22 octobre 2021 coïncide avec une date commémorative résumant la barbarie et le vrai visage de la colonisation atroce de l’Algérie, et la réédition du même scénario avec des concepts réhabilités au nom de la doctrine du respect des droits de l’homme et de la liberté d’expression, dont on voit la réalité en Syrie, Libye et Mali.

Aujourd’hui, l’Algérie commémore le 65ème anniversaire de la première piraterie du ciel effectuée par l’armée coloniale française, bien briefée par l’ancien Roi du Maroc Mohamed VI, sur instigation de son fils et prince héritier Hassan II.

Décollant de Rabat au Maroc a destination de Tunis, l’appareil de Royal Air Maroc transportant cinq figures de la glorieuse révolution du premier novembre, à savoir Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Mohamed Boudiaf et Hocine Aït Ahmed , est détourné par les chasseurs de l’armée coloniale et contraint d’atterrir à l’aéroport d’Alger. Les cinq figures de la révolution seront arrêtées et emprisonnées avant d’être libérées à quelques semaines de la célébration de la fête de l’indépendance.

Le premier pirate de l’air donne des leçons sur les pirateries

Il y a quelques mois la France macronienne s’est indignée à l’occasion d’une opération menée par l’aviation biélorusse, obligeant un avion civil à atterrir à l’aéroport de Minsk pour arrêter l’opposant politique Roman Protassevitch

Le 22 octobre 1956, L’Armée coloniale française donne donc l’ordre à l’équipage de l’appareil de gagner Alger, sous la protection discrète d’avions de chasse français.

Une opération voulue par l’armée coloniale, selon le secrétaire d’État français aux Forces armées, Max Lejeune, qui déclara : « il s’agissait de l’interception d’un avion, interception qui était demandée par le général commandant en chef en Algérie. Il fallait une réponse tout de suite et j’étais secrétaire d’État à la Guerre.

Comme je l’ai dit au président de la République quand il m’a dit «  expliquez-vous, Monsieur le Secrétaire d’État  » : «  Monsieur le Président, j’envoie tous les jours des soldats du contingent en Algérie, je les décore de la médaille militaire en votre nom quand ils sont sur une civière, étendus, inertes, et vous auriez accepté que je laisse, moi, passer cet avion alors que les militaires en réclamaient l’arraisonnement ?  » Je dis que n’importe quel ministre n’aurait pas pu donner un autre ordre que celui que j’ai donné«