Macron, persona non grata au Sahel

Macron, persona non grata au Sahel

L’argument sanitaire justifiant l’annulation de la visite du président français Emmanuel Macron au Mali et au Burkina Faso, prévue à partir de demain lundi 20 décembre, ne tient pas la route selon plusieurs médias des pays du Sahel, qui précisent que l’annulation du voyage est liée au refus du président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta d’accepter le diktat français sur le devenir du Mali.

Les vraies raisons de l’annulation

Selon le journaliste et correspondant du journal Le Monde à Bamako, Mattéo Maillard indique que le Chef d’État français voulait imposer à ses discussions avec le président de la Transition malienne, les sujets liés à la période de transition, les prochaines élections et la présence de l’entreprise militaire russe Wagner, alors que Assami Goita, ; insistait sur le dossier sécuritaire.
Le président de la Transition malienne, n’a pas digéré que le locataire de l’Elysée impose la présence des représentants de la CEDEAO, lors de ses discussions avec Macron.

Par ailleurs, il convient de noter que le président français envisageait de faire l’impasse sur le voyage à Bamako, au profit d’Ouagadougou

.A en croire ,l’Opinion.fr, « la présidence du Faso a poliment décliné cette visite » faisant savoir qu’elle n’était pas prête à accueillir un tel évènement à l’improviste.

Alors que la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali a entrepris de renforcer son effectif avec quelques milliers d’hommes supplémentaires, le gouvernement du Mali a opposé un refus catégorique. Une situation qui a clairement frustré les États-Unis.

Bamako ne tolère plus la surenchère occidentale

Sur le même registre, il faut souligner, que les autorités maliennes viennent de rejeter la proposition de renforcement de la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali qui envisageait de consolider sa présence par le renforcement son effectif avec quelques milliers d’hommes supplémentaires. Un refus qui n’a pas été apprécié par les puissances occidentales, mais justifié par Bamako, par l’absence de consultations avec les maliens, lors de la prise de décisions concernant leur pays

Dans une note du Département d’État, les États-Unis ont clairement fait savoir leur frustration face au refus du gouvernement de transition du Mali d’un déploiement de soldats et de policiers supplémentaires dans le cadre de la mission de paix de l’ONU. En effet, les Américains l’ont fait savoir dans une note dans laquelle ils exposent comment le Mali pourrait être déstabilisé si les autorités signaient avec le département de Défense russe.

« Les États-Unis déplorent que le gouvernement de transition du Mali ait refusé d’accepter plus de 2 000 soldats et policiers supplémentaires de la MINUSMA, encore une fois, sans frais pour le Mali, qui auraient contribué à la protection des civils », indique la note du Département d’État. « Les États-Unis regrettent également que le gouvernement de transition ait retardé les efforts des partenaires internationaux pour déployer des troupes et des entraîneurs supplémentaires et pour renforcer les opérations de sécurité », indique la même note.

Il va sans dire que malgré la présence sur le sol malien de 20 000 soldats dont environ 15 000 Casques bleus et le reste sont des troupes d’occupation occidentale, le Mali demeure exposé à la menace terroriste et à l’insécurité. Les autorités maliennes reprochent à la mission onusienne sa stratégie, versée vers la défensive qu’offensive, exposant les civils maliens aux massacres des groupes terroristes.

Malgré la présence des Casques bleus et des forces françaises et européennes sur place, la situation s’empire, et la raison c’est bien que le gouvernement malien et le peuple ne sont pas prêts à courber l’échine devant l’Occident.

Le reste du territoire malien, surtout le nord et le centre, est totalement sous influence terroriste et surtout des forces d’occupation étrangère. Ces forces étrangères sont soupçonnées de servir les intérêts des puissances visant le pillage des richesses naturelles du Mali et ses voisins.

Le Niger exige une enquête sur les incidents du convoi de l’armée française

Le président nigérien, Mohamed Bazoum, a demandé à la France d’ouvrir une enquête sur les incidents qui ont eu lieu fin novembre sur la route du convoi militaire de la force Barkhane. Selon un bilan établi par Niamey, trois personnes avaient été tuées et 17 autres blessées, dans des tirs imputés aux forces nigériennes par certains, françaises par d’autres.

« S’agissant des militaires français, j’ai exigé des autorités françaises qu’elles ouvrent une enquête en vue de sanctionner ceux qui ont été coupables d’actes répréhensibles », a expliqué le président nigérien dans un message radiotélévisé à l’occasion du 63ème anniversaire de la proclamation de la république dans cette ancienne colonie française. La doléance du président nigérien, n’est nullement une requête personnelle, mais serait également une demande pressante des peuples de l’Afrique de l’Ouest qui aspirent à sortir de l’hégémonie française.

Ce que le président Bazoum demande c’est plus qu’une simple enquête, et ça ne concerne non seulement le Niger où le Burkina où Barkhane a été prise par le peuple, mais encore l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

Bazoum est en train de baliser le terrain à la saisie de la justice internationale contre les crimes de guerre commis par la France en particulier et les autres puissances en général, et dans la foulée des indemnisations qui pourraient être versées et qui le devraient, aux victimes de ces crimes. Aujourd’hui, le sursaut des africains est largement exprimé par les manifestations quotidiennes hostiles à la France. Au Sahel, on est convaincu que le temps où l’armée française débarquait dans le palais présidentiel, comme dans le cas de la Côte d’Ivoire pour arrêter un président élu , est révolu.

Au Sahel où les coalitions inter-africaines se renforcent de jour en jour, la donne est sur le point de s’inverser