Les pays du Sahel à l’assaut de l’influence française

Les pays du Sahel à l'assaut de l'influence française

La présidence française annonce la tenue lundi prochain d’un Conseil de sécurité consacré aux derniers développements sur la région du Sahel, marqués par le rejet de la politique militaire française. L’annulation de la visite d’Emmanuel Macron prévue lundi dernier au Mali, suivie de celle de Burkina Faso, et même d’une visite non programmée à la République Centrafricaine RCA, jumelée à l’appel du président nigérien Mohamed Bazoum pour l’ouverture d’une enquête concernant les incidents ayant marqué le passage d’un convoi militaire français vers le Mali, ainsi que les dernières déclarations du président tchadien, solidaire avec ses homologues africains,sont autant d’indicateurs d’une volonté de ces pays du Sahel de sortir du joug de la France qui continue d’idéaliser sa colonisation du continent, faisant promouvoir le panafricanisme et les sentiments hostiles à Paris

Le Tchad, a-t-il pris ses distances avec Macron?

La solidarité intra-africaine se précise et prend forme au fil des jours. La sortie du 19 décembre dernier du Conseil militaire de Transition du Tchad Mahamat Idriss Deby Itno, à l’occasion de la Journée du G5 Sahel, illustre bien cette approche des dirigeants des pays du Sahel de prendre des distances avec la France dont la politique militaire dite de lutte contre le terrorisme, n’est qu’une illusion pour mettre la main sur leurs richesses. Le général Mahamat Idriss Deby Itno a déclaré le 19 décembre dernier, dans un message que « le Sahel ne doit nullement être le champ de positionnement pour les puissances aux visées tentaculaires » au nom de la lutte contre le terrorisme. Il a surtout expliqué que le Sahel « est d’abord et avant tout, aux Sahéliens », tout comme d’ailleurs, l’Afrique est aux Africains.

À l’occasion de la Journée du G5 Sahel, le 19 décembre, le président du Conseil militaire de Transition du Tchad par ailleurs président en exercice du G5 Sahel, le général Mahamat Idriss Deby Itno a déclaré samedi soir dans un message que « le Sahel ne doit nullement être le champ de positionnement pour les puissances aux visées tentaculaires » au nom de la lutte contre le terrorisme. Il a surtout expliqué que le Sahel « est d’abord et avant tout, aux Sahéliens », tout comme d’ailleurs, l’Afrique est aux Africains.

La région du Sahel ne doit pas être un espace de lutte d’influence entre les grandes puissances qui veulent régler leur compte sur le terrain africain au lieu d’aller le régler sur leur propre terrain, en continuant de garder la bannière de la lutte contre le terrorisme.

Sur ce registre, il faut noter qu’un nombre important d’observateurs et acteurs politiques africains sont convaincus que les Occidentaux ont apporté le terrorisme au Sahel, en faisant chuter le leader libyen Mouammar Al Kadhafi, et en faisant démanteler son Etat souverain, à travers sa mercenarisation, engendrant l’instabilité au Mali et Niger et plus précisémentdans la zone des trois frontières, et par voie de conséquence utiliser cette situation d’instabilité comme moyen de pression sur les gouvernements et dans les pays pour pousser à plus de déploiement militaire pour occuper littéralement les pays d’Afrique.

L’annulation de la visite d’Emmanuel Macron au Mali a décidément versé beaucoup d’encre

Pour  les décideurs français, la perte du Mali signifie la perte du Sahel. L’annulation de la visite de Macron au Mali, est liée au refus du président du Conseil de la Transition malienne Assimi Goita, de se soumettre au diktat français concernant la présence de l’entreprise militaire Wagner, dans le sillage du retrait militaire français des trois bases de Kidal ,Tessalit et Tombouctou, une condition qualifiée par les maliens d’ingérence dans les affaires internes du Mali.Dans le même cadre, des sources d’information révèlent que Emmanuel Macron compter visiter le Burkina Faso et surtout la RCA.

Après son déplacement au Mali, Burkina Faso, dont le message exprimé par la présidence burkinabé était clair, Macron souhaitait également poursuivre son voyage d’affaires par une visite en République centrafricaine pour rencontrer le président Faustin Archange Touadéra. Une visite pas prévue et de nouveau imposée. Le président français n’a prévenu personne à l’avance de son arrivée prévue. En conséquence, l’ambassade a dû afficher à la hâte des affiches de bienvenue dans la capitale centrafricaine, Bangui.

Néanmoins, le gouvernement du président a fait remarquer que le président est actuellement en tournée à l’étranger et que son emploi du temps est très chargé. Au vu de cela, Faustin Archange Touadéra ne pourra pas rencontrer le président français, Emmanuel Macron.

L’administration du président a également ajouté qu’une telle visite doit être prévenue à l’avance. Ce qui fait que le président Macron s’est une fois de plus ridiculisé en pensant encore que les présidents africains allaient courir à sa rencontre. Bangui n’a pas grand-chose à dire au chef de l’Élysée, car elle est occupée non seulement à développer des partenariats gagnant-gagnant ailleurs.