François Gouyette et  » sa famille » des néocolonisés

François Gouyette et " sa famille" des néocolonisés

A l’occasion de la célébration ce jeudi de la fête nationale de son pays, l’ambassadeur de France à Alger, François Gouyette s’est félicité de la présence de sa « famille ». Une » famille » qualifiée de soudée. Mais, de quelle famille, s’agit-t-il ? Celle qui travaille pour la pérennisation des intérêts français en Algérie, en dépit du sentiment anti-français qui anime une grande majorité du Peuple Algérien?

Le diplomate français, à l’instar de ses prédécesseurs Bernard Emie, Bernard Bajolet ou Xavier Driencourt, ( qui vient de publier un livre illustrant la politique néocoloniale) continue de surfer sur cette fréquence de considérer les Algériens, comme des néo-indigènes, comme l’illustrent les déclarations de son président Emmanuel Macron, qui n’avait pas hésité à « effacer »  l’histoire de l’Algérie, pour plaire aux harkis, leurs fils ou les nostalgiques de l’Algérie française, le soutien à des organisations terroristes visant l’unité territoriale de l’Algérie, au même titre que l’unité de son peuple?

Où est le changement dans la politique française à l’égard de l’Algérie?

Pour en résumer la situation, le président français n’a pas tenu parole et promesse de restituer les archives et tous les crânes des résistants algériens  exposés comme des « trophées », ou reconnaître officiellement les crimes de la colonisation comme crimes contre l’humanité. Emmanuel Macron, est dans l’incapacité d’affronter le passé de son pays pour bâtir une nouvelle ère avec l’Algérie. Une ère débarrassée des tensions mémorielles, et ce n’est pas le rapport » léger » de Benjamin Stora, qui « efface » la période 1830-1954, de la colonisation barbare, qui va ouvrir la voie à aller de l’avant pour concrétiser une coopération mutuellement bénéfique. Sur ce sujet, il est important de souligner, qu’en dépit de largesses accordées aux entreprises françaises, la coopération entre les deux rives demeure confinée au stade » commercial » loin du stade » économique longtemps souhaité par les Algériens. La France ne voit qu’un marché algérien juteux, offrant une belle opportunité de pomper les devises des Algériens issues des revenus des hydrocarbures. L’Algérie n’a rien gagné en matière de transfert technologique, et le retard accusé pour la concrétisation de mégaprojets structurants permettant à l’Algérie de devenir un Etat émergent sur le plan économique à la hauteur de ses potentialités et ses ambitions, est lié au véto de Paris, bien soutenu de l’intérieur par certains responsables algériens qui se sont mis au service de l’ancien occupant. Aujourd’hui, c’est le contraire qui se produit, la France réactive ses réseaux, pour reprendre la situation en main, via le volet culturel, allusion à la réhabilitation des symboles de la colonisation, comme les Albert Camus, ou Yves Saint-Laurent, ou via certains médias acquis à la cause néocoloniale Et ce n’est pas Kamel Daoud qui va nous démentir, via son soutien au candidat Macron ou ses attaques contre la galerie oranaise qui a sifflé la Marseillaise au stade d’Oran à l’occasion des JM 2022.

L’Algérie change

Le discours tenu par François Gouyette, n’a rien à envier à ceux de Macron, de Hollande, Sarkozy ou même de Valéry Giscard d’Estaing d’avril 1975, à l’occasion de sa visite en Algérie, qualifiant notre pays de nation naissante le 5 juillet 1962. Malheureusement pour lui, le président Houari Boumediene lui répond sèchement, en lui donnant une leçon d’histoire. Aujourd’hui, l’historien Benjamin Stora a appris à ses dépens par la voix du président Tebboune qui lui avait invité à revoir ses feuilles d’histoire, en revenant à la totalité de la période de colonisation, c’est à dire à partir de 1830. Et aujourd’hui, l’Algérie change et devient un acteur incontournable et Etat-pivot fréquentable et écouté sur la scène internationale, au moment ou la France n’est qu’une puissance moyenne, devenue girouette des USA, comme l’illustre la gifle du contrat raté de vente des sous-marins à l’Australie, la hausse du sentiment anti-français en Afrique’chasse gardée des français depuis des décennies)  et le conflit ukrainien affaiblira davantage la France sur les plans intérieur et extérieur. A bon entendeur.

 

 

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