Les africains à l’assaut de la Françafrique

Les africains à l'assaut de la Françafrique

Le sentiment hostile à  la France est aujourd’hui une réalité exprimée par la rue au niveau des pays du Sahel, proie à la déstabilisation, à la menace terroriste , à l’ingérence étrangère et à la présence militaire des puissances étrangères.

La volonté des Peuples des pays du Mali, Niger, Burkina Faso, Bénin, Tchad et même le Cameroun, de se libérer du joug du néocolonialisme est plus qu’évidente que seule la personne manquant de visibilité et de vision tente de faire croire via ses instruments médiatiques propagandistes et mensongers que la révolte des Peuples de ces pays se déroule sur une autre planète invisible.

Au Burkina Faso, le peuple burkinabé continue de rejeter la colonisation et les dernières manifestations du vendredi 12 Août appelant au départ des soldats français et l’expulsion de l’ambassadeur français accrédité à Ouagadougou  Luc Hallade, suite à ses des propos jugés injurieux, sont autant d’indicateurs démontrant la volonté des burkinabés de se débarrasser du tutorat français.

Il convient de rappeler, que les  manifestants burkinabés avaient  chassé un convoi militaire français armé jusqu’aux dents à Kaya quitte a devenir un symbole pour les Nigériens voire même les Maliens…

La réponse du journaliste burkinabé Daouda Emile Ouedraogo à l’ambassadeur français.

Le très connu journaliste burkinabé Daouda Emile Ouedraogo, n’a pas tardé à répondre aux déclarations provocatrices de l’ambassadeur français Luc Hallade, tenues le 5 juillet dernier, évoquant une guerre civile endogène.

Evoquant les déclarations contradictoires de l’ambassadeur français, le journaliste Daouda Emile Ouedraogo accusa implicitement la France de financement du terrorisme, en reprenant la question du président de France Insoumise, Jean Luc Mélenchon  lors du débat sur les politiques de la France au Sahel devant l’ancienne ministre française de la défense  Florence  Parly et l’ancien ministre des Affaires étrangères Jean Yves le Drian : Qui finance les djihadistes ?

Les sources classiques de financement du terrorisme , les otages, le trafic de l’or, des hydrocarbures, les rapts de bétail, les trafics illicites. On le sait, les otages constituent la première source de financement.

L’éditorialiste burkinabé Mamadou Diouf disait il y a un an qu’il y a une sorte d’hypocrisie dans la lutte contre le terrorisme : « Les intermédiaires des groupes terroristes sont connus. Ils ont des représentants dans les banques européennes parce qu’il y a tout un système par lequel l’argent passe pour arriver chez les preneurs d’otages. »

Or, la France est, non seulement, la 2ème puissance de l’UE, mais, elle est incontournable dans tous les rouages politico-économico-diplomatique de ce regroupement. Elle est le pays qui fabrique le franc CFA. Selon plusieurs spécialistes, les paiements des rançons se font en euros généralement. Mais, les combattants en Afrique de l’Ouest sont payés en FCFA.

Réagissant aux propos injurieux de l’ambassadeur français établi à Ouagadoudou, Daouda Emile Ouedraogo affirme qu’il n’y a pas de guerre civile au Sahel. À l’analyse des faits historiques, c’est la France qui prépare la guerre civile dans les pays du Sahel. Car, le Premier ministre malien Choguel Maïga l’a dit sans ambages : « C’est la France qui arme les djihadistes au Sahel. » : « C’est le gouvernement français qui a coupé le Mali en 2 pour créer un sanctuaire pour les terroristes pendant deux ans. »

Aujourd’hui, en criant aux loups alors qu’il n’y a pas de loups, vous voulez préparer les esprits à accepter le fait que les pays du Sahel seront les acteurs et les auteurs de la guerre civile que vous êtes en train de préparer comme vous l’avez fait en 1968 dans la guerre du Biafra, au Nigeria. Que s’est-il passé ? Au nom du pétrole, d’Elf et de la Françafrique, il fallait créer une situation qui allait choquer l’opinion publique française à l’image d’un génocide.

Au sein de la population, le sentiment anti-français est tout aussi grandissant que dans les autres pays du Sahel. La population sahélienne n’est plus décidée à rebrousser chemin, elle va avancer jusqu’à ce qu’elle obtienne le départ imminent des troupes d’occupation étrangères de son continent.

Le Mali, un exemple de la lutte contre le joug néocolonial

Aujourd’hui, le gouvernement malien de transition a réussi relativement à désamorcer les bombes de la néocolonisation, à commencer par déjouer les sanctions économiques occidentales au nom de la CEDEAO . Heureusement pour le peuple malien ,cette extraordinaire solidarité interafricaine qui fait si peu à l’Occident était là pour alléger ses souffrances et besoins : la Mauritanie, la Guinée, le Togo, l’Algérie… entre autres n’ont pas laissé aux Occidentaux le plaisir de faire payer aux Maliens le prix de leur extraordinaire Résistance et le résultat de cette coalition interafricaine et anti-Occidentale. Le Mali a réussi à régler  l’intégralité des impayés de sa dette causés par les sanctions qui lui étaient imposées par les États ouest-africains, après deux coups d’État dans ce pays.

Le gouvernement malien  a pris toutes les dispositions utiles pour régler les échéances impayées après la levée le 3 juillet des sanctions de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest CEDEAO. Cette réussite économique est accompagnée par une détermination à endiguer la menace terroriste de plus en plus grandissante, liée à l’agenda de retrait des troupes françaises et une volonté occidentale de maintenir le statu-quo de l’instabilité politique et sécuritaire. Le dernier accord conclu entre le gouvernement malien et les mouvements rebelles, suite aux pourparlers de Bamako tenus du 1er au 5 août dernier, dans le cadre du processus d’Alger, via l’intégration de 26000 combattants rebelles au sein de l’armée malienne les FaMa, et la mise en œuvre de la feuille de route de la réforme politique en prévision du retour de l’ordre constitutionnel prévu au cours de l’année 2024, permettra sans aucun doute aux maliens de se consacrer au combat pour l’unité territoriale du Mali et à l’action du développement socioéconomique pour un Peuple, devenu proie des prédateurs occidentaux.

« Tous les présidents africains doivent suivre l’exemple du président du Mali qui a dit stop à la France en chassant les troupes françaises de son territoire et en multipliant les actions contre ce pays qui ne tient son existence que des richesses de l’Afrique » soulignait un journaliste camerounais. Pour lui, la France est à l’origine de la pauvreté dans laquelle baignent la majorité des pays africains.

Les Africains sont courroucés par le niveau de développement de leur continent en général, et par le niveau de développement des ex-colonies de la France en particulier.

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