L’Histoire de l’Algérie en 54 Objets… Une chasse au trésor dans le patrimoine national

L’Histoire de l'Algérie en 54 Objets… Une chasse au trésor dans le patrimoine national

Et si on écrivait un livre sur le patrimoine national sous un format original en partant d’objets?

Lorsque cette idée a germé au sein de l’équipe Jazairhope, d’aucuns auraient pu penser qu’il s’agissait là d’une ambition quelque peu démesurée, proche de la lubie par l’originalité de son format, « Écrire, décrire, raconter des objets connus ou inconnus, matériels ou immatériels,  pour dérouler le fil de Notre Longue Histoire ». Un projet fou?

Évoquer des objets rendus transparents par l’usage et l’habitude avec cette assurance, un peu naïve, qu’ils sont là, qu’ils ont toujours été là et qu’ils y resteront à jamais; mais dont on ne réalise la valeur, la fragilité de l’appartenance que quand ils sont la cible d’une expropriation qui nous fait l’effet d’une gifle. Et comme réveillés d’une léthargie séculaire, on s’écrie, on s’étonne, on s’offusque, empreints de ce sentiment d’injustice, d’avoir été dépouillés, dévalisés « Non, mais c’est à MOI, ça a toujours été là! ».

On réalise, alors, sonnés, qu’il est urgent de préserver ce qui nous appartient, ce qui Nous a construits à travers des temps immémoriaux, ce qui a fait de Nous, tout simplement ce que Nous sommes, ces « choses communes » qui nous marquent et estampillent notre identité,  du simple foulard à franges, au bijou précieux hérité des grands-mères, à ces expressions qui caractérisent nos humeurs et que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, ces mélodies qui ont bercé nos espoirs durant des millénaires, aux symboles forts de notre histoire, tels ces personnages illustres presque légendaires mais qui les premiers ont planté les jalons de notre Histoire.

Et, l’idée devient projet, on y croit, on y tient, car à Jazairhope  « on ne dort jamais! sentinelle du temps et de l’espace. Il est urgent de réagir, de prendre des initiatives. La lubie aurait été de continuer de croire que le temps est serein et qu’il nous prémunit.

Une véritable chasse au trésor s’enclenche, une course contre la montre…Des centaines d’objets sont collectés avec des anecdotes et des histoires épiques. Comme les pièces d’un immense puzzle qu’on rassemble, qu’on assemble, qu’on emboîte, ajuste et réajuste. L’âme de l’ouvrage se profile, se dessine progressivement et prend forme …

L’aventure commence et un voyage dans le temps s’opère: de la préhistoire à nos jours. Le livre ouvre une fenêtre sur des horizons lointains inexplorés, une multitudes de rencontres avec des personnages qui sortent de l’oubli, des sommes de connaissances essuient d’un revers de main notre ignorance.

Une année après, le livre est là, un nouvel objet que nous inscrivons dans la mémoire de Jazairhope, le défi est relevé.

Un présent pour le 68ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération, un leg à une jeunesse parfois en mal d’amour pour son pays et d’autres fois en perte de repère, un geste patriotique pour dire tout l’amour que l’on porte à l’Algérie, enfin,  une contribution citoyenne à la préservation de notre patrimoine.

Mme Gallèze Ouiza, philosophe, chercheure en anthropologie, experte certifiée par l’UNESCO chargée des questions du patrimoine culturel et immatériel, dira du livre

« l’Histoire de l’Algérie en 54 objets » qu’il est le miroir « d’une Algérie aux facettes cachées …d’une Algérie plurielle ». Cet  ouvrage ne doit pas être le seul, c’est le début d’une grande promesse, c’ est un « devoir de mémoire ».

Prendre le parti d’écrire une Histoire de l’Algérie sous une forme originale, obéissant à une structure particulière qui décrit l’objet, le dépoussière, le contextualise, libère une parole qui traverse le temps et ressuscite l’âme ancestrale qui y est enfouie, le tout enveloppé de sentiments empreints d’un profond patriotisme, est pour Jazairhope un véritable challenge.

M.Ben Hounet Yazid, anthropologue et chargé de recherche au CNRS, membre du Laboratoire d’anthropologie sociale le qualifiera « d’ouvrage salutaire pour plusieurs raisons: il s’agit d’un regard endogène sur l’Algérie …Il ne donne pas seulement à entrevoir l’Algérie, il donne surtout à voir l’amour qu’il lui porte, le sens qu’il lui donne, la joie qu’elle lui procure, l’espoir qu’elle suscite » plus loin il ajoutera

« qu’il constitue un objet révélateur des rapports au patrimoine qui émergent en Algérie. Le patrimoine n’est pas seulement une affaire d’état ou de spécialistes, il est de plus en plus investi par la société civile, les associations, les collectifs de citoyens ».

M. Sebaa Rabeh, professeur de sociologie et d’anthropologie linguistique et essayiste, évoquant la sélection des objets

« significatifs et signifiants qui s’étale du néolithique à la phase contemporaine, est une réponse bellement illustrée à tous ceux qui s’évertuent à jeter le doute sur les fondements de l’Histoire d’un pays dont la particularité est d’être un entrelacs civilisationnel. Chacun des objets est un authentique condensé d’Histoire et de mémoire …mais également un objet d’étude et de recherche pouvant livrer d’importantes informations sur la période de sa création ou de sa fabrication ».

Mme BELLOULA Nassira, journaliste, essayiste et chercheure en Histoire témoignera de l’ingéniosité dans la conception du livre dans le choix des objets, notamment préhistoriques, la construction du récit, ..

« L’objet minutieusement choisi avec toute sa charge historique, émotionnelle, mémorable et par sa propre chronique est présenté dans une page distincte, aérée, bien expliquée et facile à lire. Il nous fait voyager dans une Algérie millénaire avec ses sites, sa culture, ses évènements, ses personnages et même ses anecdotes ».

L;Algérie, deuxième berceau de l’humanité par la découverte d’ossements à Tighennif datant de 2,4 millions d’années,des premiers Hommes qui ont foulé le sol de notre territoire, les gravures rupestres du Tassili qui nous ouvrent sur un mode de vie et un environnement aujourd’hui disparus,  la fresque du grand dieu qui a longtemps laissé penser que notre désert aurait pu être visité par des extraterrestres… Puis, au gré des pérégrinations, cette belle rencontre, avec Jebrine Ag Mohamed Mechar, le véritable découvreur des vestiges préhistoriques de Sefar, celui qui a guidé et accompagné les scientifiques dans l’exploration du Tassili et dont l’apport n’a jamais été reconnu, nous font débuter un voyage dans le temps qui remonte loin dans la préhistoire.

Une belle trilogie nous emporte vers la Numidie: trois ouvrages écrits par Saint-Augustin, Apulée et Capella, grands penseurs de l’antiquité, qui nous font découvrir l’université de Madaure, la plus ancienne d’Afrique et l’une des plus anciennes du monde. On y enseignait la grammaire, la rhétorique, les mathématiques, l’astronomie, …Fibonacci, ce grand mathématicien de l’antiquité, célèbre par sa fameuse suite, découvrira, les chiffres arabes à Bedjaïa, et les fera connaître à l’occident. Bédjaïa, la ville de lumière, célèbre par la fabrication de la cire de bougies et ses bougeoirs aux motifs géométriques berbères qui renvoient à une symbolique forte. On ne peut survoler l’antiquité sans évoquer la Gorgone de Bône, gardienne de la ville de Annaba, qui a disparu un soir de 1996 pour être retrouvée dix ans plus tard dans le jardin de la famille Ben Ali à Tunis…

Des bijoux de Tin Hinan à la bague de Claddagh, devenu bijou traditionnel Irlandais au  Noeud d’Amour Algérien rendu célèbre par les films de James Bond, à nos fameux bijoux traditionnels comme Khit Errouh et le Krafach Boulahya, ou le porte-coran berbère…qui témoignent de la grande créativité artistique des populations de l’époque et de leur expertise dans l’artisanat et l’orfèvrerie.

Des instruments de musique primitifs touaregs à ceux plus élaborés de la période ottomane, à la note de musique algérienne caractéristique de la musique orientale, nous découvrons une société civilisée où la musique avec ses multiples influences berbère et andalouse prend une place importante et nous fait découvrir un art de vivre typique et raffiné; le voyage se poursuit vers Alger, cette ville déjà fort convoitée, cible d’attaques diverses, célèbre par ses portes et ses armoiries et qui construira  autour d’elle des forts, des bastions protégés par des canons « sanctifiés » tel Baba Merzoug qui trône aujourd’hui, tristement, au centre d’une place publique exposé aux affres du temps, à Brest…

L’ illustre Emir Abdelakader marquera l’histoire de notre pays comme grand stratège de guerre contre les forces armées coloniales avec sa « smala », mais aussi pour ses grandes idées humanistes, son code d’honneur et ses écrits littéraires vantant la vie nomade.

Une halte dans l’époque coloniale est nécessaire  pour rendre hommage à nos martyrs guillotinés, ceux tombés au champ d’honneur dans la bataille d’Alger, ceux à l’origine de la déclaration de Novembre 54. Une magnifique photo de la valeureuse équipe de foot-ball du FLN avec le Général Giap au Viet-Nam, rappellera que la lutte n’était pas qu’armée, l’équipe du FLN a porté haut les couleurs du drapeau et son hymne national pour attester de l’aspiration du peuple algérien à une existence digne et de sa ferme volonté de fonder un état Algérien libre et indépendant. La statue du docker rappellera le souvenir douloureux de centaines d’ouvriers du port d’Alger ciblés par une bombe assassine de l’OAS, et l’autodafé perpétré par cette même organisation de la bibliothèque universitaire d’Alger qui réduira en cendres des milliers d’ouvrages précieux.

L’art graphique sera mis à l’honneur à travers les toiles de Baya qui ont inspiré les plus grands peintres  du siècle tels Picasso, Matisse, les miniatures et les enluminures d’Omar Racim sur le premier Coran de Thaalibia.

Le voyage arrive à sa fin à la mosquée d’El-Djazaïr, on ne peut que s’incliner devant ce tapis grandiose, le plus grand du monde, et s’achève par le jeu traditionnel et ancestral de la Bouqala et un objet mystérieux qui constitue le 54eme objet un défi lancé aux lecteurs pour les associer à l’initiative…

« Je ferme ce précieux ouvrage qui rend justice au patrimoine et à la culture algérienne …Il ne nous appartient pas, il appartient à nos enfants et eux aussi doivent le transmettre à leurs enfants, la chaîne ne doit jamais s’arrêter; Cette première série de 54 objets ne doit pas s’arrêter là puisque d’autres livres suivront sur le même sillage que le premier » conclura Nassira Belloula.

Et l’aventure continue ….

OUSSANam

P.S: Vous pouvez acheter le livre digital ici: https://jazairhope.org/fr/ebook/

Les produits de vente du livre serviront exclusivement à le traduire en arabe et anglais et de produire la version imprimée en Algérie. 

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