Toutes les banques concernées par le financement de l’investissement agricole

Toutes les banques concernées par le financement de l'investissement agricole

Le Premier ministre,  Aïmene Benabderrahmane a affirmé, jeudi à Alger, que toutes les banques étaient concernées par le financement de l’investissement agricole, mettant en garde contre tout refus de financement des dossiers des investisseurs agricoles remplissant les conditions exigées.

Le Premier ministre intervenait à l’ouverture des travaux du forum sur « La sécurité alimentaire à travers le développement de la production du blé dur en Algérie », organisé par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Il a souligné, dans ce cadre, que « toutes les banques sont concernées par le financement de l’investissement agricole », relevant qu' »aucun dossier ne sera rejeté, et chaque dossier complet et remplissant les conditions de financement non suivi de mesures d’application exposerait la banque concernée à des poursuites judiciaires ».

Appelant à consacrer la culture de l’assurance chez les agriculteurs, il a fait observer que l’assurance était un des principaux facteurs à même d’assoir une agriculture moderne et assurer la durabilité des filières stratégiques sur lesquelles mise l’Algérie, avant d’appeler les agriculteurs à s’organiser en coopératives pour l’acquisition et l’exploitation du matériel agricole.

Benabderrahmane a affirmé, par ailleurs, que les pouvoirs publics aspiraient à atteindre de meilleurs chiffres en termes de production céréalière en 2023, relevant la nécessité « de mettre en place une stratégie sous-tendue d’un calendrier dans la perspective de réaliser l’autosuffisance en 2024-2025 ».

L’Etat déploiera tous les moyens pour atteindre cet objectif, a-t-il assuré, se disant convaincu que cette stratégie « positive portera ses fruits », en ce sens que les superficies destinées à la céréaliculture en Algérie « sont certes considérables, mais ne suffisent pas pour répondre aux besoins du pays ».

Saluant les résultats positifs obtenus par les filières maraîchères, le Premier ministre a fait état d’une décision pour doubler les capacités de stockage sur l’ensemble du territoire national d’ici la fin de l’année en cours, d’autant que les emplacements des nouveaux entrepôts sont définis.

Abordant les engrais et les semences, M. Benabderrahmane a mis en relief l’importance de prendre en compte le critère de la qualité dans ces intrants, compte tenu de leur rôle dans le processus de développement du rendement des céréales en Algérie.

Ouverture prochaine de la banque des gènes

Il a indiqué, à ce propos, que les centres de recherche relevant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural s’emploient à fournir des semences de qualité supérieure, appelant le secteur privé à créer des centres de recherche pour améliorer les semences, l’objectif étant de parvenir à un rendement de 70 quintaux/hectare dans la filière céréalière.

S’agissant des efforts visant à satisfaire les besoins nationaux en semences, il a indiqué que le gouvernement a mis en place un programme pour augmenter la production et la qualité du produit.

Il a fait état, à ce sujet, de la mobilisation de 2,7 millions de qx de semences, pour un taux de couverture en semences certifiées de 70%, rappelant la nécessité d’assurer 4 millions de qx de semences certifiées de haute qualité.

Le Premier ministre a, par ailleurs, annoncé l’ouverture, « avant juin prochain », de la Banque nationale des gènes, ce qui constitue « un pas géant que l’Algérie aura franchi depuis son indépendance, car cette banque sera parmi les facteurs de concrétisation de l’indépendance alimentaire et de la sécurité stratégique de l’Etat ».

Evoquant la numérisation du secteur agricole, le Premier ministre a mis l’accent sur la nécessité de doter le secteur d' »un système d’information de pointe » au niveau du ministère de l’Agriculture.

Benabderrahmane a mis en exergue, dans son intervention, l’attachement du gouvernement à mettre en place une « approche participative » associant l’ensemble des acteurs pour réaliser l’autosuffisance en céréales, notamment en blé dur, estimant que cet objectif est désormais une vérité concrète après avoir été un simple slogan.

« Vous êtes les principaux acteurs dans la mise en place de ces fondements (cet objectif), à travers la formation d’un tissu regroupant les opérateurs économiques activant à travers l’ensemble des chaînes de valeurs, en adoptant la nouvelle démarche consacrée dans la Loi sur l’investissement qui assure des voies multiples et diversifiés pour l’investissement », a indiqué le Premier ministre qui a cité, à l’occasion, un nombre d’avantages et de facilitations qu’offre la loi.

Le Gouvernement attachera un « intérêt particulier » aux recommandations de cette rencontre, lesquelles seront minutieusement examinées pour enrichir les options qui se présentent en matière de participation des acteurs nationaux à la réalisation de la souveraineté nationale, en adhérant à une logique d’économie diversifiée, intégrée dans les chaines de valeur mondiales, a affirmé le Premier ministre.

M. Benabderrahmane a fait remarquer que les thèmes examinés par le Forum figurent parmi les principales préoccupations du modèle socioéconomique défini dans les 54 engagements du Président de la République.

Un plan d’action pour augmenter la production céréalière

S’agissant du plan d’action du Gouvernement pour augmenter la production céréalière notamment du blé dur, le Premier ministre a précisé que le plan reposait sur la définition et l’explication des choix des cultures dans l’ensemble des terrains agricoles.

Il s’agit également de réaffecter les terres agricoles à faible rendement aux cultures stratégiques à l’instar de l’arboriculture fruitière, en sus de l’encadrement du programme de développement dans les Hauts-Plateaux et le Sud et l’accélération de l’octroi du foncier agricole dans le cadre du programme de mise en valeur des terres agricoles par la concession (l’Office de Développement de l’Agriculture industrielle en terres Sahariennes « ODAS » et l’Office national des terres agricoles « ONTA »).

Le plan d’action consiste également à mettre en place des systèmes d’irrigation intelligents, en cherchant des alternatives pour rationnaliser la consommation d’eau, en sus de l’affectation d’un nouveau périmètre d’irrigation de 800.000 HA à l’horizon 2025 et réduire les terres en friche, élargissant, par extension, les superficies cultivées.

Pour rappel, l’ouverture du Forum s’est déroulée en présence du Directeur de Cabinet à la Présidence de la République, M. Abdelaziz Khellaf, du conseiller auprès du Président de la République, chargé des affaires économiques, M. Yacine Ould Moussa, et des membres du gouvernement.

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