Une conférence intitulée, "Quel rôle pour l'intellectuel aujourd'hui ?", a été animée, dimanche à Alger, par l'écrivain chercheur et analyste, Ahmed Bensaâda, en présence de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda.
S'exprimant lors de cette rencontre organisée dans le cadre du 29e Salon international du livre d'Alger (SILA) à l'espace Tahar-Ouettar du pavillon "Palestine", l'universitaire Ahmed Bensaâda a d’abord souligné l'importance pour l'intellectuel, de "pouvoir rendre possible ce qui est nécessaire pour le bien-être de sa société et la prospérité de sa cité".
Propos valorisés et repris par la ministre de la Culture et des Arts, dans une courte intervention dans laquelle elle a rappelé que l’intellectuel "devrait être au courant de tous les sujets qui concernent sa cité et son rapport au monde".
"Nous souhaitons que l'intellectuel joue un rôle clé dans la protection de la spécificité culturelle algérienne", a estimé Mme Bendouda, avant d’ajouter, "nous allons y travailler ensemble en organisant des colloques et des rencontres au Palais de la Culture".
"Nous sommes dans une bataille que nous devons mener ensemble jusqu’à la victoire", a-t-elle déclaré, avant de conclure, "nous devons nous unir autour de l’Algérie et la protection de ses objectifs et sa culture, le reste appartiendra au débat".
L’intellectuel, c’est cet individu à l’"esprit rationnel, empreint d’humanisme et d’objectivité", qui "lie sa réflexion et son savoir universel à l’action, celle-ci même devant être au service de son pays et des causes justes", a souligné M. Bensaâda.
Comparant l’"intellectuel" à l’"expert" et au "commentateur" à l’heure des réseaux sociaux et des Fake News, M. Bensaâda a mis en avant "la rigueur et la conscience qui caractérisent le travail de cet éclaireur de l’opinion, qui prend le temps de décrypter et d'analyser, tout en étant au fait de tous les procédés de manipulation, visant à désinformer et induire en erreur.
M. Bensaâda a souligné au passage, l'"importance du rôle des médias et leur vigilance à parer à toute manipulation malsaine de l'information", ainsi que la nécessité de "renforcer la sécurité culturelle pour protéger le pays et se prémunir des guerres cognitives, outil de manipulation et d'altération de la pensée et de l'opinion publique". "Pour ce faire, il faut développer des contre-récits ancrés dans une connaissance profonde de la société", a-t-il conclu.
Tout au long de ce Salon, les visiteurs pourront rencontrer des auteurs algériens et étrangers venus présenter leurs nouvelles œuvres et participer à des conférences et rencontres dans le cadre du programme culturel de cette édition.
Ouvert jusqu'au 7 novembre de 10h00 à 19h00, le 29e SILA enregistre la participation de 1.567 maisons d'édition représentant 51 pays, dont 350 maisons d'édition algériennes.