Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a souligné, mardi devant le Conseil de la nation, que l'Algérie était attachée aux conventions relatives aux droits de l'Homme, tout en étant "souveraine dans ses décisions et soucieuse de protéger les vies et les biens ".
Répondant aux questions et préoccupations des membres du Conseil de la nation, lors d'une plénière consacrée à la présentation et à l'examen du projet de loi modifiant et complétant le Code pénal, présidée par M. Azouz Nasri, président du Conseil, M. Boudjemaa a expliqué que l'activation de la peine de mort à l'encontre des auteurs du crime d'incendie volontaire des forêts et des champs, ainsi que des ravisseurs d'enfants, prévue dans le texte de loi, intervenait " en application des instructions du président de la République, premier magistrat du pays, consacrant le principe de la nécessité d'intervenir pour protéger les vies et les biens, à la mesure de la gravité de ces crimes".
Il a relevé, dans ce contexte, "l'extrême gravité du phénomène des incendies de forêts, qui a causé d'importants dégâts humains et matériels", ajoutant que " les enquêtes sécuritaires et judiciaires ont établi, sans aucun doute, l'existence de méthodes sophistiquées pour commettre délibérément ces crimes, impliquant Algériens et des étrangers".
La gravité du phénomène des enlèvements d'enfants appelle également des mécanismes de dissuasion à travers le renforcement du cadre juridique destiné à protéger cette catégorie, a indiqué le ministre.
Après avoir affirmé que la proposition d'activer la peine de mort à l'encontre des auteurs de ces crimes "avait suscité une réaction positive au sein de la société", M. Boudjemaa a souligné que l'Algérie " demeure attachée à l'ensemble des conventions internationales, mais qu'il s'agit d'une décision souveraine d’un Etat qui entend, à travers celle-ci, protéger ses enfants".
Il a appelé les détracteurs à l'étranger de cette décision, initiée par le président de la République, à se pencher sur " le respect des principes des droits de l'Homme ailleurs, où le monde entier est témoin de ce qui s'y passe", ajoutant que l'Algérie "prend, en toute souveraineté, les décisions qui lui conviennent".
Il a réitéré, à cette occasion, que "tous les mécanismes et moyens sont disponibles pour effectuer les expertises scientifiques et mener les enquêtes, afin de garantir des procès équitables".
M. Boudjemaa a rappelé, à cet égard, la possibilité de faire appel d'un jugement rendu par le tribunal criminel de première instance devant la cour criminelle d'appel, puis de se pourvoir en cassation devant la Cour suprême.
D’autre part, le ministre a expliqué que le secteur de la justice en Algérie avait réalisé " d’importantes avancées " dans le domaine de la numérisation.