Le ministre de la Santé, M. Mohamed Seddik Ait Messaoudene, a souligné, à Tunis, le soutien de l'Algérie aux efforts des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa-CDC) et au programme de sécurité et de souveraineté sanitaires en Afrique (AHSS).

Dans une allocution prononcée lors des travaux de la 2e réunion du Comité directeur régional (ReSCO) du Centre régional de coordination pour l'Afrique du Nord, relevant d'Africa-CDC, le ministre a indiqué que "les crises sanitaires successives ont démontré que notre sécurité sanitaire ne peut rester tributaire de celle des autres et que la souveraineté sanitaire de notre continent est une nécessité stratégique et non un choix", réaffirmant "le plein soutien de l'Algérie au programme de sécurité et de souveraineté sanitaires en Afrique (AHSS), en tant que cadre de référence pour l'unification des efforts dans les domaines de la prévention, de la détection précoce et de la riposte aux menaces sanitaires".

A cette occasion, M. Ait Messaoudene a expliqué que cette réunion se tient à une "étape charnière du processus d'activation du Centre régional de coordination pour l'Afrique du Nord", faisant observer que "depuis la première réunion tenue au Caire en 2025, lors de laquelle l'Algérie a assuré la vice-présidence du Comité directeur, des progrès tangibles ont été réalisés vers la concrétisation de la vision +Centres africains sans frontières+, proche des Etats membres et présente là où le besoin se fait sentir".

Dans ce contexte, il a souligné que l’opération "repose sur plusieurs axes, au premier rang desquels figure la production locale", affirmant que l’Algérie "est convaincue que le renforcement de l’industrie pharmaceutique africaine constitue la pierre angulaire de l’édification de la souveraineté sanitaire".

Il a, à ce titre, fait part de "la disponibilité de l’Algérie à partager son expérience et son expertise avec les pays frères et à contribuer à la mise en place de chaînes de valeur régionales intégrées dans le domaine du développement de l’industrie pharmaceutique nationale".

Dans le même cadre, le ministre s’est félicité des " progrès réalisés par le mécanisme africain d’achat groupé, qui renforcera le pouvoir de négociation collective et garantira un accès équitable aux vaccins, aux médicaments et aux fournitures médicales à des prix abordables", saluant par là même, l’organisation, durant cette réunion, de la cérémonie de signature du "mémorandum d’entente relatif aux pays d’Afrique du Nord".

Cette initiative se veut "une étape concrète vers une véritable intégration régionale", a-t-il affirmé.

S'agissant du financement durable de la santé, le même responsable a réaffirmé " soutenir les orientations visant à renforcer le financement intérieur de la santé et le financement durable de la vaccination, ainsi qu’à améliorer la gestion des finances publiques conformément aux principes de l’Agenda de +Lusaka+", de manière à garantir la pérennité des programmes de santé et à réduire la dépendance au financement extérieur.

En phase avec les évolutions dans le domaine numérique, le ministre s’est félicité de la "stratégie de transformation numérique des centres africains dans le domaine de la santé", estimant que la tenue, en parallèle de cette réunion, de la Conférence internationale sur la santé numérique "TeleHealth Connect 2026" constitue" une précieuse opportunité pour échanger les expériences et renforcer l’interopérabilité des systèmes d’information sanitaires, au service de la surveillance épidémiologique et de l’amélioration des services offerts aux citoyens".

A l'effet de renforcer la coordination et l'échange de connaissances, M. Ait Messaoudene a souligné "l'importance d'activer les réseaux de laboratoires et d'établissements de santé régionaux, dont le Réseau régional intégré de surveillance et de laboratoires (RISLNET) et la plateforme de gestion des connaissances, ainsi que de renforcer la coordination sanitaire transfrontalière", réaffirmant "la disposition de l'Algérie à mettre l'expertise de ses institutions nationales en matière de santé publique et de sécurité sanitaire au service de cette action régionale commune".

Après avoir insisté sur le fait que la réussite du Centre régional de coordination pour l'Afrique du Nord était "une responsabilité collective", le ministre de la Santé a souligné "l'appel de l'Algérie en faveur de l'adoption du cadre d'opérationnalisation proposé et de l'élaboration d'un plan d'exécution clair, assorti d'échéances définies pour les priorités de l'année 2027, avec un mécanisme de suivi régulier garantissant la concrétisation des recommandations sur le terrain".

En sa qualité de vice-présidente de ce comité, l'Algérie "demeurera un partenaire actif et engagé à soutenir l'action du Centre et à accompagner son parcours", a-t-il soutenu, précisant qu'elle est "disposée à œuvrer avec tous les acteurs pour opérationnaliser ce mécanisme et lui permettre d'agir, sans délai, au service de la santé dans la région et sur l'ensemble du continent".

Et de souligner que ce processus exige de "s'accorder tous, de valider et de s'engager à l'avenir sur le principe du droit de tous les Etats membres à accéder aux postes et fonctions, suivant une règle de roulement".