L’Algérie et la République tchèque entendent donner une nouvelle impulsion à leur coopération économique, en misant sur le développement des investissements, les partenariats industriels et la diversification des échanges commerciaux. Cette ambition a été mise en avant, lundi à Alger, par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, et son homologue tchèque, Andrej Babiš, à l’ouverture du Forum d’affaires algéro-tchèque.
Cette rencontre, organisée en présence de délégations officielles et d’opérateurs économiques des deux pays, vise à renforcer les relations économiques bilatérales et à identifier de nouvelles opportunités de partenariat dans plusieurs secteurs stratégiques.
Dans son allocution, Sifi Ghrieb a souligné que les relations entre les deux pays, fondées sur la confiance et le respect mutuels, connaissent une dynamique renouvelée, portée par une volonté commune de hisser la coopération économique au niveau des relations historiques unissant l’Algérie et la République tchèque.
Le Premier ministre a rappelé que cette coopération repose sur plusieurs accords bilatéraux couvrant notamment le commerce, le transport aérien ainsi que les domaines économique, scientifique et technique. De nouveaux mémorandums d’entente ont également été signés lundi dans les secteurs des mines, de la culture et de la protection civile, ouvrant de nouvelles perspectives de collaboration.
Andrej Babiš souligne la place stratégique de l’Algérie
Pour sa part, le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, a mis en avant l’importance de l’Algérie pour son pays, la qualifiant de partenaire majeur en Afrique du Nord et dans la région méditerranéenne.
Il a souligné que l’Algérie représente non seulement un marché dynamique en pleine croissance, mais également un partenaire stratégique jouant un rôle essentiel dans le rapprochement entre l’Europe et l’Afrique.
Le chef du gouvernement tchèque a indiqué que l’avenir de la coopération entre les deux pays sera façonné par leurs intérêts communs dans plusieurs domaines prioritaires, notamment la sécurité énergétique, les matières premières critiques, les technologies modernes, le développement industriel durable, la sécurité alimentaire et l’innovation.
Andrej Babiš a également mis l’accent sur le rôle de l’Algérie en tant qu’acteur majeur de la production énergétique, contribuant à la stabilité régionale et au développement économique. Il a, dans ce contexte, exprimé l’appréciation de son pays pour la contribution de l’Algérie au renforcement de la sécurité énergétique européenne, notamment à travers le développement de la coopération entre les partenaires algériens et tchèques.
Des échanges commerciaux en hausse
Évoquant l’évolution des échanges commerciaux bilatéraux, Sifi Ghrieb a indiqué que leur volume est passé d’environ 139 millions de dollars en 2024 à près de 323 millions de dollars en 2025.
Malgré cette progression, il a estimé que les échanges demeurent en deçà des potentialités des deux économies, appelant à intensifier les efforts pour diversifier les flux commerciaux et explorer de nouveaux domaines de coopération.
Le Premier ministre a également mis en avant les indicateurs de croissance de l’économie algérienne, précisant que le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 3,9 % en 2025, tandis que la croissance hors hydrocarbures a atteint 4,9 %, traduisant les avancées enregistrées dans la diversification de l’économie nationale.
Dans ce contexte, il a cité plusieurs projets stratégiques, notamment l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf, et le projet intégré de phosphate de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa. Ces projets sont appelés à soutenir le développement des industries de transformation à forte valeur ajoutée et à renforcer les exportations hors hydrocarbures.
Des partenariats industriels dans plusieurs secteurs
Le développement des partenariats industriels figure parmi les principaux axes de cette coopération. Sifi Ghrieb a notamment évoqué les perspectives de partenariat entre Škoda Transportation et la société algérienne SETRAM dans le domaine de la fabrication d’équipements de transport en Algérie, ainsi que les discussions visant à associer des entreprises tchèques à la modernisation du secteur minier national.
La création d’un Conseil d’affaires algéro-tchèque constitue également une étape importante dans le rapprochement des milieux économiques des deux pays. Cette initiative découle d’un mémorandum d’entente signé entre la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) et la Chambre de commerce tchèque, avec pour objectif de faciliter les échanges entre les entreprises et de favoriser l’émergence de partenariats productifs et durables.
Les participants au forum ont souligné que la complémentarité entre les deux économies offre des perspectives prometteuses dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie mécanique, la fabrication de composants automobiles, l’industrie pharmaceutique, les énergies renouvelables, l’agriculture et l’agroalimentaire, ainsi que les technologies de l’information et de la communication et l’économie numérique. Le tourisme, la pêche et les mines figurent également parmi les domaines identifiés comme porteurs de nouvelles opportunités.
L’Algérie met en avant ses atouts pour les investisseurs tchèques
Sifi Ghrieb a invité les opérateurs économiques tchèques à tirer parti des opportunités d’investissement offertes par l’Algérie, mettant en avant l’étendue du marché national, la disponibilité de ressources humaines qualifiées, les ressources énergétiques à des prix compétitifs et la position géographique stratégique du pays, à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et du bassin méditerranéen.
Il a également relevé les efforts engagés pour améliorer le climat des affaires, à travers la modernisation du cadre législatif et réglementaire de l’investissement, la simplification des procédures administratives et le renforcement des garanties accordées aux investisseurs nationaux et étrangers.
Pour le Premier ministre, l’expertise industrielle et technologique tchèque, conjuguée aux ressources et aux potentialités économiques de l’Algérie, peut favoriser la concrétisation de projets communs à forte valeur ajoutée, fondés sur le transfert de connaissances, de compétences et de technologies.
À travers ce forum, Alger et Prague ambitionnent ainsi de transformer les opportunités identifiées en projets concrets, de renforcer les investissements et de consolider un partenariat économique diversifié, au service du développement et des intérêts communs des deux pays.
Rasha Selmi