L'université algérienne s'impose comme un pilier stratégique de la nouvelle dynamique de l'économie nationale, notamment pour la relance du secteur minier, a affirmé le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Kamel Baddari.
Dans une contribution publiée lundi par le quotidien Le Soir d'Algérie, le ministre a souligné que "la valorisation des ressources minières, véritable levier d'industrialisation et de souveraineté, repose intrinsèquement sur la capacité de l'université algérienne à accompagner cette transition majeure".
Qualifiant cette dynamique de "retour en force", symbolisé par l'expédition en janvier 2026 du premier train de minerai de fer de Tindouf vers Oran, M. Baddari rappelle que le sous-sol algérien est resté longtemps sous-exploité.
Malgré l'existence de ressources considérables, "la contribution du secteur minier au PIB est restée limitée à environ 1%, tandis que seulement 10% des ressources auraient été utilisées", a-t-il relevé.
Le ministre a attribué la relance actuelle à "une volonté politique forte, impulsée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune", estimant que "le second mandat présidentiel a procuré la stabilité et la maturité politique nécessaires pour consolider cette dynamique de valorisation des richesses minières", l'objectif étant de "renouer avec la vision originelle consistant à asseoir l'industrialisation du pays d'abord sur l'exploitation de ses propres matières premières".
Selon lui, cette nouvelle stratégie économique s'articule autour de trois mégaprojets structurants, à commencer par le gisement de fer de Gara Djebilet dans la wilaya de Tindouf, dont les réserves exploitables sont estimées à 1,5 milliard de tonnes. Relié au nouveau réseau ferroviaire, ce gisement est destiné à alimenter la sidérurgie nationale.
Il s'agit également du gisement de phosphate de Bled El Hadba à Tébessa, qui vise une production de 10,5 millions de tonnes par an, constituant, quant à lui, "une véritable arme alimentaire et industrielle".
La maîtrise du phosphate offre à l'Algérie un atout stratégique comparable, voire supérieur, à celui des hydrocarbures, estime le ministre. Enfin, l'exploitation du zinc et du plomb à Tala Hamza-Oued Amizour à Béjaïa jettera les bases d'une filière métallique pourvoyeuse de milliers d'emplois.
Dans le même sillage, M. Baddari a mis en avant la nécessité de rompre définitivement avec l'ancien modèle d'exportation de matières brutes. La transformation locale, via la construction d'usines de traitement adossées aux gisements, constitue "la nouvelle règle" du programme présidentiel, a-t-il mentionné, précisant que cette approche permet de capter la valeur ajoutée sur le territoire, de réduire les importations et de faire de ces projets des moteurs de développement régional capables de corriger les déséquilibres territoriaux.
Pour concrétiser ces ambitions, le ministre a estimé que la souveraineté industrielle reste "tributaire d'un écosystème universitaire performant et aligné sur les besoins de l'industrie".
La réussite du programme minier dépendra fortement de la capacité du pays à former des ingénieurs, des techniciens et des chercheurs capables d'accompagner l'exploitation et la transformation des ressources, a-t-il ajouté