L'Algérie a déposé auprès du Secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sa Contribution déterminée au niveau national (CDN) pour l'année 2026, visant à renforcer l'action climatique et à réduire les émissions de gaz à effet de serre, a indiqué lundi à Alger la ministre de l'Environnement et de la qualité de la vie, Kaouter Krikou.
La ministre s'exprimait lors d'une journée d'information organisée sous le thème : "La contribution déterminée au niveau national : engagement et adaptation pour un environnement durable", en présence de la représentante du ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l'étranger et des Affaires africaines, Baya Ben Ismaïl, de la Coordonnatrice résidente des Nations unies en Algérie, Savina Claudia Ammassari, ainsi que de représentants des organisations et agences onusiennes accréditées en Algérie.
La CDN constitue le document national de référence définissant les orientations et les objectifs de l'Algérie en matière d'action climatique, notamment en ce qui concerne la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'adaptation aux effets des changements climatiques, conformément aux engagements découlant de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et de l'Accord de Paris.
Dans son allocution, Mme Krikou a réaffirmé la volonté de l'Algérie de mettre en œuvre ses engagements internationaux et de contribuer aux efforts mondiaux visant à lutter contre les changements climatiques et à s'adapter à leurs effets, dans le cadre d'une approche conciliant les impératifs du développement national et les exigences de l'action climatique.
Elle a également renouvelé l'appel de l'Algérie au respect des engagements internationaux relatifs au financement de l'action climatique, au transfert de technologies et au renforcement des capacités, afin de promouvoir la justice climatique et d'assurer une transition sûre vers des économies plus durables et plus résilientes.
Selon la ministre, la CDN 2026 traduit l'engagement du pays en faveur de l'action climatique à travers un document conciliant les besoins du développement national avec les objectifs d'atténuation et d'adaptation. Elle repose notamment sur la mise en œuvre d'un programme national de transition énergétique visant une capacité de production de 15.000 mégawatts d'énergies renouvelables à l'horizon 2035, ainsi que sur l'amélioration de l'efficacité énergétique, le soutien à une industrie à faible intensité carbone, la promotion de l'économie circulaire et le développement de l'hydrogène vert.
L'Algérie accorde également, à travers cette feuille de route, une importance particulière à l'adaptation aux effets des changements climatiques, notamment par la lutte contre le stress hydrique grâce à l'extension des projets de barrages, au dessalement de l'eau de mer et à la réutilisation des eaux usées traitées. La stratégie prévoit également le développement de pratiques agricoles résilientes à la sécheresse, le renforcement de la protection des infrastructures, de la gouvernance climatique et de la recherche scientifique, ainsi que l'élargissement de la contribution du secteur économique, des jeunes et de la société civile à la réalisation des objectifs climatiques.
Mme Krikou a souligné que le dépôt de cette contribution revêt une importance particulière puisqu'il intervient à l'approche de la 31e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP31), prévue en novembre prochain à Antalya (Turquie), où l'Algérie présentera sa vision, ses engagements et ses propositions dans le cadre des négociations et consultations consacrées à l'action climatique.
Pour sa part, Mme Ben Ismaïl a affirmé que la Contribution déterminée au niveau national reflète la volonté politique de l'Etat de renforcer l'action climatique à travers l'adoption d'un modèle de développement durable à faible empreinte carbone. Elle a mis en avant l'importance de ce document, qui accorde une priorité à l'adaptation aux changements climatiques, en particulier dans les domaines de la sécurité hydrique, de l'agriculture et de la protection des écosystèmes.
De son côté, la Coordonnatrice résidente des Nations unies en Algérie, Savina Claudia Ammassari, a estimé que la contribution de l'Algérie constitue une étape importante dans le renforcement de son ambition climatique et reflète les efforts consentis dans ce domaine. Elle a réaffirmé l'engagement du système des Nations unies à continuer d'accompagner l'Algérie dans la transformation de ses engagements climatiques en politiques publiques et en investissements, à travers une coopération étroite entre les différents acteurs.
A titre de rappel, l'Algérie a ratifié la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques en 1993. Elle figure parmi près de 200 Parties à cette convention, qui constitue le cadre international de coopération pour faire face aux changements climatiques en soutenant les efforts d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre et d'adaptation à leurs effets