Le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) a organisé, mercredi à Alger, dans le cadre de sa présidence de l'Union des Conseils économiques et sociaux arabes et institutions similaires, une conférence sur la numérisation comme outil d'intégration des pays arabes membres dans l'économie mondiale, au cours de laquelle l'accent a été mis sur l'importance d'accélérer la transition numérique et de la transformer en levier du développement durable.
Cette conférence de haut niveau s'est déroulée en présence du président de l'Union des Conseils économiques et sociaux arabes et institutions similaires, président du CNESE, M. Mohamed Boukhari, du directeur général de l'Organisation arabe du travail (OAT), M. Fayez Ali Almutairi, ainsi que des présidents et représentants des Conseils économiques et sociaux arabes, des présidents de Conseils de plusieurs pays africains, en plus d'experts et d'acteurs économiques et sociaux.
Intervenant à cette occasion, M. Boukhari a indiqué que l'intégration économique "ne se mesure plus uniquement au volume des échanges commerciaux, mais aussi à la capacité des Etats à lever les obstacles qui entravent les flux numériques, à faciliter le commerce et les services, à interconnecter les systèmes de paiement, à promouvoir l'interopérabilité des plateformes et à garantir un échange sûr et fiable des données".
La connectivité, le traitement des données, l'innovation et l'accès rapide aux marchés s'imposent désormais comme "éléments déterminant le positionnement des Etats et des entreprises dans l'économie mondiale", a-t-il précisé, estimant que la numérisation "ne se contente pas de remodeler les secteurs économiques, mais redessine aussi les cartes des avantages concurrentiels dans l'économie mondiale".
Il a rappelé également que la numérisation "peut conférer à l'intégrité économique arabe une nouvelle dimension, à travers l'interopérabilité entre les économies arabes", ajoutant que l'intelligence artificielle, l'analyse de données, le commerce électronique et la technologie financière sont à même de "reconfigurer la productivité, d'ouvrir de nouvelles activités économiques et de changer la nature des fonctions".
M. Boukhari a affirmé que la région arabe "s'est réellement lancée dans l'instauration des cadres et initiatives communes pour la transformation numérique, dont la vision arabe de l'économie numérique et l'agenda numérique arabe", soulignant l'importance de passer de "la construction de visions et de cadres à la réflexion sur la modalité de transformer l'interconnexion numérique en une valeur économique commune".
Pour sa part, le directeur général de l'OAT a expliqué que les transformations que connait le monde sous l'effet de la révolution numérique et de l'accélération de l'innovation technologique "a permis de reconfigurer les modèles de production, de travail, de commerce, de services, d'enseignement et de formation, mais aussi de redéfinir les nouvelles bases de l'économie mondiale, faisant du savoir numérique et des capacités créatives le principal moteur du développement et de la compétitivité".
Au cœur de ces mutations, "l'intelligence artificielle s'impose comme la plus influente force sur la nature des métiers, des fonctions et des compétences requises, d'où l'impératif pour les Gouvernements et les partenaires sociaux de s'adapter aux changements du marché du travail".