Selon l'agence transalpine d'information Nova, Alger abritera demain jeudi 1er octobre une importante rencontre regroupant outre l'Algérie, la Tunisie, l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche, consacrée au mégaprojet corridor SoutH2, destiné à transporter de l'hydrogène renouvelable d'Algérie vers les principaux marchés industriels d'Europe centrale.

Jeudi, Alger accueillera une nouvelle réunion ministérielle des cinq pays, convoquée pour examiner les prochaines étapes techniques et financières de ce mégaprojet d'infrastructure. Ce dernier vise à transformer la coopération politique initiée ces dernières années en un système opérationnel de production et de transport d'hydrogène.

Le corridor SoutH2 prévoit une liaison d'environ 3 300 kilomètres entre l'Algérie, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne. Selon ses promoteurs, ce système pourrait transporter jusqu'à quatre millions de tonnes d'hydrogène renouvelable par an et être potentiellement opérationnel dès le début des années 2030. Une part importante de l'infrastructure serait construite par conversion de pipelines existants : plus de 65 % du tracé prévu pourrait emprunter des pipelines adaptés au transport d'hydrogène.

Sur ce plan,  l'hydrogène produit en Algérie devrait parvenir en Italie via la Méditerranée et remonter le réseau italien jusqu'en Autriche et en Allemagne, tout en alimentant certains des principaux pôles industriels italiens. Ce corridor s'inscrit ainsi dans une stratégie  plus large visant à créer un réseau continental dédié à l'hydrogène et à diversifier les sources d'approvisionnement énergétique.

 La réunion d'Alger fait suite à la première réunion ministérielle des cinq pays, qui s'est tenue à Rome le 21 janvier 2025. À cette occasion, l'Algérie, la Tunisie, l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche ont signé une déclaration d'intention commune, s'engageant à développer le corridor et à œuvrer pour les conditions techniques, économiques et financières nécessaires à sa mise en œuvre.

Le document reconnaissait notamment le potentiel de l'Algérie et de la Tunisie en matière de production d'hydrogène à partir de sources renouvelables et la nécessité d'attirer les investissements tout au long de la chaîne de valeur.

Pour l'Algérie, SoutH2 représente également une stratégie de projeter dans l'avenir sa relation énergétique traditionnelle avec l'Europe. L'Algérie est déjà l'un des principaux fournisseurs de gaz naturel du continent et dispose de liaisons directes avec l'Italie via la Tunisie. L'hydrogène ajouterait une nouvelle dimension à cette relation, mais nécessiterait le développement parallèle de centrales d'énergies renouvelables, de systèmes de production d'hydrogène par électrolyse de l'eau, d'infrastructures de stockage et de réseaux de transport adéquats.

Le mégaprojet a également pris une importance croissante ces derniers mois dans le dialogue algéro-allemand. Berlin considère l'Algérie comme une zone d'approvisionnement potentielle pour l'hydrogène renouvelable, tandis que l'Algérie cherche à attirer les technologies et les capitaux européens nécessaires à la mise en place d'une chaîne d'approvisionnement industrielle nationale.

Du 21 au 25 septembre, une mission commerciale allemande s'était rendue en Algérie et en Tunisie afin d'explorer les opportunités offertes par l'hydrogène vert, les systèmes de stockage et les technologies de transformation de l'électricité renouvelable en carburants et produits utilisables par l'industrie.

Plusieurs projets pilotes sont déjà en cours. Parmi eux, la coopération entre Sonatrach et le groupe énergétique allemand VNG dans la région d'Arzew, dans l'ouest de l'Algérie, vise à développer l'expertise et les technologies liées à la production d'hydrogène vert. Bruxelles considère également ce corridor comme stratégique. 

Son infrastructure est intégrée à la planification énergétique européenne et l'UE a déjà financé des études de faisabilité pour certains segments du futur réseau. Le réseau italien de transport d'hydrogène, développé par Snam, a bénéficié d'un cofinancement européen de 24 millions d'euros en 2025 pour des études techniques et des activités préparatoires.