L'Algérie a affirmé, par la voix de son représentant permanent auprès de l'Office des Nations unies à Genève, M. Idris Latreche, que son approche dans le traitement du dossier des mines reposait sur une expérience nationale douloureuse, en raison des conséquences et effets des mines antipersonnel laissées par le colonisateur français et qui demeurent visibles jusqu'à ce jour.

Intervenant à l'issue du rapport du Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH), lors du dialogue interactif tenu par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies (CDH), sur les effets des mines antipersonnel sur les droits de l'homme, M. Latreche a précisé que "les conséquences de ces mines antipersonnel ne se limitent pas aux pertes humaines directes, mais s'étendent à un large éventail de droits fondamentaux de l'homme", notamment le droit à la vie, à la santé, au développement et à la liberté de circulation.

L'Algérie a exprimé son "regret que le rapport n'ait pas consacré une plus grande place aux effets persistants des mines héritées de la période coloniale, d'autant plus que leurs conséquences s'étendent du passé pour affecter le présent et l'avenir des peuples".

Et d'ajouter que "l'approche de l'Algérie repose avant tout sur sa propre expérience douloureuse, se retrouvant confrontée après l'indépendance à un lourd héritage de près de 11 millions de mines antipersonnel posées par le colonisateur français le long des frontières Est et Ouest". "Malgré la réussite de l'Algérie à dépolluer son territoire grâce aux efforts de ses enfants et à ses propres moyens nationaux, les séquelles de cet héritage colonial demeurent visibles jusqu'à ce jour, à travers les souffrances des rescapés", a-t-il indiqué.

Au cours de cette séance, le représentant permanent de l'Algérie a lu une déclaration conjointe au nom de la Croatie, du Mozambique, du Pérou, de l'Afrique du Sud, du Royaume-Uni, du Vanuatu, ainsi que de 70 autres Etats, concernant les effets des mines antipersonnel sur les droits de l'homme.

L'ambassadeur Latreche a souligné "l'importance de veiller à ce que les droits et les besoins des victimes, ainsi que des communautés affectées demeurent au cœur des efforts internationaux", appelant à "un renouvellement de l'engagement politique notamment à travers l'adhésion universelle aux mécanismes internationaux pertinents, à l'instar de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel".