Plusieurs titres de la presse nationale ont mis en avant, ce lundi, la portée stratégique de l'approbation, par les deux chambres du Parlement, de la notification adressée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, relative à l'envoi d'unités de l'Armée nationale populaire (ANP) au Niger en vue de protéger les intérêts économiques de l'Algérie dans un contexte régional marqué par de multiples défis.

Ainsi, pour le quotidien El Moudjahid, cette approbation entérinée lors de séances distinctes à huis clos par les deux chambres du Parlement, obéit à «des intérêts communs qui priment», précisant que «ce feu vert consacre une approche qui articule protection des intérêts économiques nationaux, coopération avec les pays voisins et préservation de la stabilité régionale».

Tout en rappelant que l'Algérie et le Niger «sont liés par un protocole d'accord de coopération militaire visant à renforcer la sécurité commune, la défense des frontières et la protection des grands projets économiques bilatéraux», le journal évoque «la doctrine sécuritaire de l'Algérie, selon laquelle sa sécurité est indissociable de celle de ses voisins».

Aussi, «l'autorisation du Parlement donne une traduction concrète de cette ligne de conduite sécuritaire», note El Moudjahid, tout en rappelant la déclaration du président de la République lors de la visite du président nigérien, le Général d'Armée Abdourahamane Tiani, en février dernier en Algérie, dans laquelle il avait affirmé que les deux pays «sont dans la même tranchée».

De son côté, Horizons relève, sous le titre «L'Algérie enverra une mission militaire au Niger», que le document transmis par le ministère des Affaires étrangères aux deux chambres du Parlement «expose les fondements constitutionnels et les modalités de la notification présidentielle».

Selon ce document, explique le même journal, l'envoi d'unités de l'ANP à l'étranger «permettra à l'Algérie de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité internationales et de faire face aux défis sécuritaires croissants dans son environnement régional, tout en préservant ses constantes fondées sur le respect de la souveraineté des Etats, la non ingérence dans leurs affaires intérieures et la préférence pour les solutions pacifiques aux conflits».

Dans la même optique, Le Soir d'Algérie fait remarquer que le vote du Parlement «s'inscrit dans le contexte du renforcement des relations entre Alger et Niamey, illustré notamment par la récente visite en Algérie du ministre nigérien de la Défense, M. Salifou Mody, et sanctionnée par la signature d'un accord consacrant le rapprochement stratégique et sécuritaire entre les deux pays».

A ce titre, un article d'appui illustre «dans quelle mesure l'Algérie est un facteur de stabilité régionale» dans le domaine de la lutte antiterroriste au Sahel.

Abondant dans le même sens, Le Quotidien d'Oran observe que le déploiement de l'armée algérienne à l'étranger «se justifie par la nécessité de s'adapter aux évolutions sécuritaires et régionales et d'adapter la politique nationale de défense aux nouvelles réalités, compte tenu de l'ampleur croissante des menaces transfrontalières, de la multiplication des conflits au Sahel et en Afrique, ainsi que de la propagation du terrorisme, du crime organisé, du trafic d'armes et de stupéfiants».

Au-delà de la portée et des motivations de l'approbation du Parlement, le quotidien El Watan est revenu, quant à lui, sur «le développement significatif» des relations entre Alger et Niamey, durant les neuf derniers mois, soit depuis le retour, en février dernier, des ambassadeurs des deux pays à leurs postes respectifs, «scellant non seulement le rétablissement des relations diplomatiques, mais une coopération qui dépasse le cadre économique et social».

Le quotidien El-Massa a également lié cette décision au rapprochement récent entre les deux pays voisins, tandis qu'El-Khabar a titré, de son côté, «Après l'approbation unanime par le Parlement de l'envoi d'unités de l'ANP au Niger : notre armée au Niger pour sécuriser Sonatrach», affirmant, à ce propos, «le caractère pacifique et limité de cette mission qui répond aux sollicitations des autorités nigériennes pour redynamiser le secteur énergétique du pays, tout en bénéficiant de l'expérience du Groupe algérien».

Rappelant le cadre constitutionnel sur lequel repose le vote du Parlement, Echourouk écrit que cette décision vise «la protection des investissements algériens et la contribution de l'Algérie au renforcement de la paix et de la sécurité dans la région. Ceci, d'autant plus que cette demande émane des autorités nigériennes, ce qui permettra de préserver les intérêts communs et la réalisation des bénéfices mutuels».

Le quotidien El-Hiwar a traité, de son côté, la question en s'appuyant sur les analyses d'experts qui relèvent que cette décision s'inscrit dans le sillage d'une «stratégie de défense avancée et de protection des intérêts nationaux», faisant valoir l'argument des «troubles au Sahel, conjugués à l'ingérence d'Etats mandatés pour la déstabilisation de la région».

Le site électronique Sabq Press a, dans le même sillage, estimé qu'il s'agit d'«un tournant dans la protection des frontières algériennes et d'une mission bien déterminée pour la protection des intérêts économiques, dans le cadre du partenariat avec les pays voisins».

APS