Par Hanane Ben
En revenant en détail dans les colonnes de Casbah Tribune sur les graves révélations qu'elle avait déjà ébauchées, le Dr Aïcha Dahdouh ne se contente pas de désavouer publiquement son mari. Par cette mise au point méthodique, elle enfonce le clou, fait voler en éclats le narratif victimaire savamment orchestré par l'écrivain et prend totalement à revers ses relais médiatiques parisiens, pris au piège de leur propre aveuglement.
Le paravent du « complot d'Etat » et de la cabale politique vient de s'effondrer. Pour les médias français stipendiés, toujours prompts à crier à l'acharnement dès qu'un écrivain néocolonisé est mis en cause, l'argument habituel tombe à l'eau. Cette fois, l'estocade ne provient ni de la presse officielle, ni d'un organe nationaliste habitué à rendre coup pour coup à Paris. Elle vient du cercle le plus intime de l'auteur : son épouse, le Dr Aïcha Dahdouh.
D'autant qu'il ne s'agit pas d'incidents isolés ni d'une sortie impulsive dictée par l’émotion. Ces précisions viennent prolonger et étayer le communiqué qu'elle avait déjà rendu public quelques jours plus tôt, confirmant la constance de sa démarche. Suite à ses révélations, les défenseurs parisiens de l'écrivain se retrouvent pris à leur propre piège : difficile de crier à la « cabale » ou à la propagande d'Etat quand la parole est portée par un support qui leur a si souvent paru fréquentable.
Loin des postures victimaires et des lamentations geignardes de l'auteur, Aïcha Dahdouh confirme ce que les zélateurs de l'écrivain refusaient obstinément d'admettre : Saâda Arbane — cette femme brisée dont la tragédie personnelle a été pillée pour inspirer le roman Houris — a bel et bien retiré son consentement initial. Pis encore, l'épouse révèle avoir elle-même pris les devants en prévenant les éditeurs avant la parution de l'ouvrage, les alertant avec gravité sur le danger absolu d'instrumentaliser une souffrance humaine réelle sans la moindre précaution déontologique ni la plus élémentaire décence.
En martelant ces faits et en désavouant publiquement les positions de son mari, le Dr Dahdouh ne laisse plus aucune place au doute. Le masque de l'écrivain persécuté vient définitivement de tomber.
Par cette prise de parole méthodique, elle donne au fond pleinement raison à la presse algérienne qui n'a cessé, depuis le début, de dénoncer les mensonges éhontés de cet auteur et la fabrication de sa posture littéraire. Loin d'un acharnement éditorial, la lucidité de ces critiques se trouve aujourd'hui confirmée par la voix la plus qualifiée et la plus intime qui soit. Kamel Daoud apparaît désormais pour ce qu'il a révélé être dans cette affaire : un menteur invétéré pris au piège de ses propres fabulations.
Au bout du compte, l’histoire retiendra la déchéance d’un homme qui a sacrifié la vérité sur l’autel de son ambition. Alors que l'audience judiciaire du 9 décembre approche, le silence des salons parisiens ne suffira plus à couvrir le bruit de ce masque qui tombe enfin, pour un néocolonisé qui n'est pas près de se relever.