L'Algérie a lancé, jeudi à Accra (Ghana), un appel "renouvelé et sincère" en faveur d'une reconnaissance internationale explicite, par les organisations onusiennes et les anciennes puissances coloniales, du caractère systématique et criminel des pratiques liées à l'esclavage et au colonialisme.
Lors de sa participation, en qualité de représentant du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, aux travaux de la Conférence consultative de haut niveau sur la justice réparatrice et les réparations historiques liées à la traite transatlantique des esclaves, le président du Conseil de la nation, M. Azzouz Nasri, a affirmé que l'Algérie lance "aujourd’hui un appel renouvelé et sincère en faveur d’une reconnaissance internationale explicite, par les organisations onusiennes et les anciennes puissances coloniales, du caractère systématique et criminel des pratiques liées à l’esclavage, au colonialisme et aux autres violations graves qui ont visé les peuples africains".
Il a ajouté que "l'Algérie soutient pleinement l’engagement des historiens africains et des experts en droit international dans une action concertée visant à réunir documents, témoignages et preuves juridiques irréfutables démontrant les crimes perpétrés contre les peuples du continent durant les périodes de l'esclavage et de la colonisation".
"Forte de son héritage de lutte et de son expérience unique de libération nationale (...), l’Algérie déclare aujourd’hui sa pleine disponibilité à mettre à la disposition des institutions africaines et internationales compétentes l’ensemble des documents historiques, preuves matérielles et témoignages authentifiés qu’elle détient", a-t-il précisé.
M. Nasri a rappelé que "la terre algérienne a été le théâtre d’atrocités et de crimes effroyables commis dans le cadre des tentatives visant à briser la volonté de son peuple et à étouffer sa résistance légitime. Ces crimes incluent des actes de génocide, l'utilisation d'armes chimiques et nucléaires prohibées, ainsi que d'autres violations graves attestées par les archives et les témoignages historiques", affirmant que l'Algérie mettra cette précieuse documentation au service de la position africaine commune, dans un esprit de vérité, de justice et d’équité. Il a, en outre, indiqué que "l'Algérie accueille favorablement la résolution historique des Nations unies reconnaissant la traite transatlantique des esclaves comme l’un des crimes les plus odieux commis contre l’humanité, et la considère comme une traduction concrète de la dynamique croissante que connaît l'Union africaine (UA)".
A cette occasion, il a exprimé à la République sœur du Ghana ses plus sincères félicitations et sa profonde considération pour "le remarquable succès diplomatique qu’elle a obtenu, couronné par l'adoption, par l’Assemblée générale des Nations unies, de cette résolution".
Il a considéré cette résolution, "à juste titre, une victoire de la vérité historique après des décennies de déni et d’indifférence et marque un tournant décisif dans le processus de réhabilitation de millions de victimes africaines, de reconnaissance de leur dignité et de leurs droits dans le cadre du droit international".
M. Nasri a affirmé que "cette dynamique s'est également illustrée par sa décision historique de prolonger le thème de l’année 2025, +Justice et réparations pour les Africains et les personnes d'ascendance africaine+, afin d’en faire une décennie entière couvrant la période 2026-2035", a-t-il ajouté.
Le président du Conseil de la nation a rappelé, à cette occasion, que "l’Algérie a accueilli, les 30 novembre et 1er décembre 2025, la Conférence internationale de haut niveau intitulée : +Les crimes du colonialisme en Afrique : vers l'établissement de la vérité historique et la criminalisation du colonialisme", qui "a abouti à l'adoption d'un document de référence historique approuvé par le Sommet de l’Union africaine de février 2026, connu sous le nom de +Déclaration d’Alger+", a-t-il dit.
"Cette Déclaration constitue aujourd’hui une feuille de route claire et cohérente fondée sur plusieurs priorités essentielles".
Il s'agit d'"appeler à une reconnaissance officielle des crimes coloniaux et œuvrer à l’intégration de la criminalisation du colonialisme dans l’ordre juridique international contemporain" et de "préserver, documenter et transmettre la mémoire historique en tant que pilier fondamental de la justice historique et garantie du droit des générations futures à connaître la vérité".
Il s'agit aussi d'"assurer la restitution des biens culturels spoliés, des archives nationales confisquées ainsi que des restes humains des victimes du colonialisme et de l’esclavage conservés hors de leurs pays d’origine", et d'"affirmer la responsabilité internationale, tant pénale que matérielle, pour les conséquences économiques, environnementales et sociales dévastatrices engendrées par les politiques coloniales en Afrique.
Sur un autre plan, le président du Conseil de la nation a indiqué que "l’Algérie accueille avec une profonde satisfaction l’adoption par l’UA de la proposition algérienne visant à instituer une Journée africaine officielle de commémoration des martyrs et victimes africains de la traite transatlantique, du colonialisme et de l’apartheid, fixée au 30 novembre de chaque année, date de l'ouverture de la Conférence d'Alger".
Il a réaffirmé devant la communauté internationale que "la revendication de réparation par les Africains et les personnes d'ascendance africaine constitue une aspiration légitime à la réparation des préjudices subis, à la réhabilitation des victimes et à la correction des injustices historiques, dans la perspective d'un ordre international fondé sur l’égalité entre les peuples, le respect de la dignité humaine, la solidarité, la coopération et le partenariat équilibré, et non sur la domination ou la tutelle". a-t-il ajouté.
Il a rappelé également que "le Parlement algérien a adopté à l'unanimité, le 12 avril 2026, une loi criminalisant le colonialisme subi par notre pays".