Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a indiqué, mardi, que l'Algérie a consacré, sous la conduite du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, son engagement climatique dans le cadre d'une vision stratégique conciliant les exigences du développement national et ses responsabilités environnementales et climatiques.

Dans une allocution prononcée à l'ouverture des travaux d'un atelier sur le financement climatique et les marchés du carbone, organisé au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, le Premier ministre a précisé que l'Algérie, sous la conduite du président de la République, a consacré «son engagement climatique dans le cadre d'une vision stratégique conciliant les exigences du développement national et ses responsabilités environnementales et climatiques, à travers l'intégration de la question du changement climatique dans la Constitution algérienne de 2020, faisant de la dimension environnementale un pilier du développement durable, ainsi que par l'adoption de la stratégie nationale de l'hydrogène vert en 2023 et le dépôt, en août dernier, de la version actualisée de sa contribution déterminée au niveau national (CDN) auprès du secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques».

L'Algérie œuvre également à l'élaboration du Plan national d'adaptation au changement climatique, a-t-il ajouté, soulignant que la tenue de cet atelier «intervient à la lumière des évolutions accélérées du paysage énergétique et climatique international, et des défis liés aux changements climatiques auxquels notre pays est confronté, lesquels nécessitent une large mobilisation des financements climatiques et le recours aux mécanismes internationaux des marchés du carbone».

Cet atelier s'inscrit dans les efforts nationaux visant à renforcer la gouvernance climatique et à mobiliser les ressources nécessaires à la concrétisation des engagements de l'Algérie dans le cadre de l'Accord de Paris, a-t-il rappelé. 

Dans ce contexte, le Premier ministre a estimé que «les transformations climatiques et énergétiques en cours dans le monde constituent à la fois un défi et une opportunité, permettant de remodeler les systèmes énergétiques, de production et d'investissement, et ouvrant la voie à l'émergence de nouvelles industries et technologies».

A cet effet, le Premier ministre a souligné que le financement climatique et les marchés du carbone revêtent une importance croissante dans la nouvelle équation internationale, au regard de leur rôle dans la mobilisation des ressources nécessaires au financement des projets d'atténuation des effets du changement climatique et d'adaptation à ces derniers, à l'accompagnement de la transition énergétique et technologique, et à l'encouragement de l'innovation et de l'investissement dans les solutions contribuant à la réduction des émissions.

L'approche algérienne doit tenir compte des spécificités économiques et énergétiques du pays, en tant qu'Etat producteur et exportateur d'hydrocarbures, disposant d'un système énergétique et industriel et d'expertises pouvant être mises à profit dans le processus de transformation, de façon à permettre une transition progressive et étudiée, en préservant la sécurité énergétique, la stabilité de l'économie nationale et la capacité à satisfaire les besoins du développement, a-t-il insisté.

A travers sa contribution déterminée au niveau national, l'Algérie a affirmé son engagement à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 14 % à l'horizon 2035, avec la possibilité de porter ce taux à 31 %, a rappelé M. Ghrieb. Les ambitions d'investissement de l'Algérie dans ce domaine visent à accélérer la cadence de la transition énergétique et à renforcer la capacité de résilience face aux effets découlant du changement climatique, en vue de garantir la concrétisation d'une transition climatique juste et équilibrée, a-t-il ajouté.

Pour ce qui est du développement des marchés du carbone, le Premier ministre a précisé que ce nouveau domaine exige une approche proactive, fondée sur une compréhension précise de ses règles et de ses mécanismes, mais aussi sur la mise en place de cadres réglementaires, institutionnels et techniques à même de garantir la transparence, l'intégrité et la protection des intérêts nationaux.

Le développement du marché du carbone en Algérie ne devrait pas être considéré comme un simple instrument de mise en conformité avec les engagements climatiques, mais comme un nouveau domaine économique à même de contribuer à la mobilisation des investissements, au transfert de technologies, à la création de valeur et à l'encouragement de projets capables de réaliser des réductions réelles et mesurables des émissions, a-t-il expliqué.

Il a, par là même, mis en exergue l'importance d'une préparation institutionnelle et technique rigoureuse de la participation de l'Algérie aux mécanismes internationaux, notamment ceux liés à l'article 6 de l'Accord de Paris, de manière à garantir l'intégrité environnementale, à prévenir le double comptage des réductions d'émissions et à définir les modalités d'approbation des projets, la propriété des unités carbone ainsi que leurs mécanismes d'enregistrement et de suivi.

Il a également mis en avant la nécessité de développer des mécanismes de garantie et de partage des risques permettant de mobiliser les capitaux privés, parallèlement aux financements publics et internationaux. 

Dans le même contexte, M. Ghrieb a indiqué que le programme élaboré pour cet atelier favorisait les échanges de vues et le partage d'expertises, en vue de mettre en place un système national intégré de gouvernance dans le domaine du financement climatique et des marchés du carbone, disant souhaiter voir ces travaux aboutir à des recommandations concrètes, à même de contribuer à l'élaboration d'une base juridique unifiée et d'outils opérationnels transparents permettant la mise en place d'un cadre national efficace dans ce domaine.

La réussite de cette démarche permettra de constituer un portefeuille national cohérent de projets climatiques, avec des priorités bien définies et des objectifs clairs et mesurables, pouvant bénéficier des différentes sources de financement, a-t-il dit, insistant sur la nécessité de renforcer les capacités nationales en matière de mesure, de notification et de vérification des émissions de gaz à effet de serre, et de consolider le dispositif institutionnel et réglementaire.