Par Amar Belani
Cette retenue, destinée à jouer le rôle du « bon élève » de la diplomatie, est consubstantielle au cynisme de la politique étrangère émiratie. Un pays qui arme, transporte des mercenaires et contribue à faire couler le sang, tout en jurant la main sur le cœur qu’il est étranger à ce qui se passe au Soudan, par exemple, malgré les accusations et les éléments relevés par des instances des Nations unies. Et qui vient ensuite nous parler de « liens fraternels », de « dialogue » et d’« intérêts communs ».
Cette posture ne trompe personne. Elle permet surtout d’éviter les questions qui dérangent.
Pas un mot sur les accusations formulées par Alger. Pas de réponse sur le fond. Pas la moindre remise en question. À la place, Abu Dhabi invoque les « liens fraternels » et espère que la rupture sera « temporaire ».
Cette diplomatie feutrée consiste à jouer l’innocent lorsque les faits deviennent embarrassants, puis à se réfugier derrière des formules convenues. La retenue diplomatique n’efface ni les responsabilités ni les accusations. Elle ne fait que les contourner.
Amar Belani, ancien ambassadeur