Présente au Salon international du livre d’Alger (SILA), la délégation sahraouie du ministère de la Culture met à l’honneur de nouvelles publications, entre littérature, mémoire carcérale et patrimoine culturel. Une participation qui témoigne du rapprochement entre le livre sahraoui et le lecteur algérien, tout en portant les voix des prisonniers politiques sahraouis et les revendications du peuple sahraoui.
 
« Grâce à notre participation annuelle au Salon international du livre d’Alger, une relation étroite s’est progressivement tissée entre le livre sahraoui et le lecteur algérien », souligne Soumia Abdallah, représentante du ministère sahraoui de la Culture au sein de la délégation sahraouie.
 
Cette année, la délégation participe avec une sélection de nouveaux ouvrages et publications qui témoignent de la diversité de la production littéraire sahraouie. Les écrits couvrent plusieurs genres, notamment le roman, la nouvelle et la poésie. Toutefois, la littérature carcérale occupe une place prépondérante dans les nouvelles parutions.
 
À ce titre, d’anciens prisonniers et détenus politiques sahraouis ont choisi de partager leurs expériences à travers plusieurs ouvrages, faisant de l’écriture un moyen de lutte politique et de défense des droits humains. « Nous avons environ quatre publications consacrées exclusivement à la littérature carcérale, qui relatent les souffrances, les injustices et les violations auxquelles sont confrontés les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines », explique Soumia Abdallah.
 
La participation sahraouie met également en avant le patrimoine culturel, notamment la culture hassanie, dont les origines, les spécificités et les différences avec la culture marocaine suscitent régulièrement l’intérêt des visiteurs du Salon. Plusieurs titres sont ainsi consacrés à la poésie, au patrimoine, aux contes populaires, aux proverbes et aux récits traditionnels.
 
La délégation propose également des ouvrages réalisés par des auteurs étrangers sur les droits de l’Homme, le droit international et la manière dont celui-ci appréhende la question sahraouie.
 
Cette édition du SILA revêt, par ailleurs, une dimension politique particulière, puisqu’elle coïncide avec la tenue d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la question sahraouie. Un sujet qui a suscité de nombreux échanges avec les visiteurs du pavillon sahraoui, désireux de comprendre les enjeux de cette réunion, les tenants et aboutissants de la décision ainsi que ses éventuelles conséquences.
 
« Nous avons enregistré un très grand afflux au pavillon. Les visiteurs sont venus exprimer leur soutien, partager leurs opinions et échanger avec nous sur la question sahraouie », affirme Soumia Abdallah.
 
À travers cette participation, le livre sahraoui s’impose ainsi comme un espace de transmission de la mémoire, de valorisation du patrimoine et de sensibilisation à la cause sahraouie, au-delà des camps de réfugiés.
 
Rasha Selmi