Le recteur de Djamâa El-Djazaïr, cheikh Mohamed El-Maamoun El-Kacimi El-Hassani, a souligné, dimanche à Boussemghoun (wilaya nouvellement créée d’El-Abiodh Sidi Cheikh) que le manuscrit amazigh transcrit en caractères arabes représente ''une page éclatante de l’histoire culturelle de l’Algérie''.

Dans une allocution prononcée lors de la deuxième journée des travaux du colloque national intitulé ''Le manuscrit amazigh transcrit en caractères arabes'', organisé par le Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA), en coordination avec les autorités locales des wilayas d’El Abiodh Sidi Cheikh et d’El Bayadh, le recteur de la Grande Mosquée d’Alger a indiqué que ce manuscrit constitue ''une page éclatante de l’histoire culturelle de l’Algérie'', où la langue a rencontré la terre, où la foi s’est mêlée à l’identité, et où la spécificité locale s’est harmonisée avec l’horizon civilisationnel de la Oumma islamique.

Il a rappelé que cette manifestation scientifique et culturelle ouvre de larges perspectives à la recherche et à la réflexion sur le parcours d’une nation qui a consigné son existence dans les registres du savoir et affirmé sa présence dans les bibliothèques de la connaissance.

Il a estimé que le choix de la Journée nationale du livre et de la bibliothèque pour organiser cette rencontre revêt une profonde dimension symbolique, dans la mesure où les nations se mesurent à leur capacité à préserver leur mémoire et à sauvegarder l’héritage de leurs savants, soulignant que le manuscrit constitue la première image de la mémoire sociale et le miroir reflétant les transformations de la pensée et les trajectoires du savoir à travers les générations.

Dans son intervention, cheikh Mohamed El-Maamoun El-Kacimi El-Hassani a également souligné que l’arrivée de l’Islam dans ces régions a porté un message humaniste universel qui n’a pas effacé les spécificités linguistiques et culturelles, mais les a plutôt élevées au sein d’un système civilisationnel commun.

Il a expliqué que l’interaction entre l’islam et la société amazighe a donné naissance à un modèle historique alliant appartenance spirituelle sincère et contribution scientifique active, faisant du manuscrit amazigh rédigé en caractères arabes un témoin matériel de siècles de production intellectuelle à travers différentes régions de l’Algérie.

Il est également revenu sur le rôle central joué par les zaouïas scientifiques dans la préservation de ce patrimoine, en tant qu’espaces d’enseignement, de copie et de production intellectuelle, où se sont constituées de vastes bibliothèques de manuscrits transmises de génération en génération.

Il a salué, dans ce contexte, les efforts déployés par l’Etat algérien pour la protection du patrimoine matériel et immatériel, estimant que la sauvegarde, la numérisation et la mise à disposition des manuscrits pour les chercheurs constituent un choix stratégique reflétant une conscience profonde du fait que l’identité nationale est un capital historique à préserver et à valoriser.

Le recteur de la Grande mosquée d’Alger a conclu en soulignant que l’attention portée à la langue amazighe et à son patrimoine scientifique et culturel s’inscrit dans une vision nationale globale célébrant les différentes composantes de l’identité algérienne dans le cadre de son unité et de ses constantes solides.

Il a également appelé à raviver le rôle des cités historiques telles que Boussemghoun, et à transformer leur patrimoine manuscrit en matière de recherche scientifique et en source de création culturelle, afin d’assurer la continuité de la mémoire nationale et sa valorisation pour les générations futures.

Ce colloque, placé sous le slogan ''Le manuscrit amazigh, encre de l’identité et mémoire de l’histoire'', est marqué par la participation de nombreux universitaires et chercheurs, ainsi que de représentants de laboratoires et d’institutions de recherche nationales, de détenteurs de bibliothèques de manuscrits, de cheikhs de zaouïas, en plus d’associations nationales ayant pour centre d’intérêt le patrimoine et la culture, provenant de différentes wilayas du pays.

Le programme de l’événement comprend, outre les conférences scientifiques, l’organisation de diverses expositions mettant en valeur la richesse et la diversité du patrimoine culturel algérien, reflétant ainsi sa profondeur historique et l’étendue de ses racines dans la civilisation humaine.