Le Commandant de la Gendarmerie nationale, le Général-Major Ali Sidane a affirmé, samedi à Alger, que le phénomène de la drogue et des substances psychotropes constituait désormais un défi sécuritaire multidimensionnel, dont les répercussions impactent la santé publique, la sécurité routière et la sécurité économique et sociale.

Le phénomène de la drogue et des substances psychotropes "demeure l'un des plus dangereux phénomènes menaçant désormais les sociétés contemporaines, car il porte directement atteinte à la sécurité et à la stabilité des Etats et à la sécurité des individus", a déclaré le Général- Major, Ali Sidane, à l'ouverture des travaux d'un colloque national sur les dimensions de la consommation de drogues et de substances psychotropes, à la lumière des dispositions de la loi 26-09 portant Code de la route, qu'il a présidée, en compagnie du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa.

 "Ce phénomène s'est transformé en un défi sécuritaire stratégique transfrontalier, où s'entremêlent crime organisé et intérêts matériels illicites, et dont les retombées impactent la santé publique, la sécurité routière et la sécurité économique et sociale", a-t-il fait observer. La dangerosité de ce fléau réside dans "sa rapidité d'évolution et sa capacité à s'adapter aux mutations technologiques et socio-économiques", mais aussi dans sa mutation d'une activité criminelle en un réseau organisé transfrontalier.

Face à cette réalité, la préoccupation majeure est désormais la protection des pays et des individus contre un danger "qui ne cesse de prendre l'ampleur, de faire évoluer ses modes opératoires et d'exploiter chaque faille sécuritaire, sociale ou éducative", et dans un contexte marqué par l'expansion de ce phénomène favorisé par l'activité des réseaux criminels organisés, ajoute le même responsable.

"Compte tenu de sa position géographique stratégique, de l'étendue de ses frontières terrestres et de sa façade maritime, l'Algérie est confrontée à de "véritables défis liés aux tentatives de trafic de drogues et de substances psychotropes", a relevé le Général-Major Ali Sidane, ajoutant que dans le cadre de "la lutte contre ces poisons, les unités de la Gendarmerie nationale ont procédé, durant les dix premiers mois de l'année en cours, à la saisie de "près de 11 tonnes de kif traité, 837 kg de cocaïne, 4162 plants de cannabis, 16270 kg de cannabis, ainsi que 13.665.710 comprimés psychotropes de type prégabaline, 59937 comprimés d'ecstasy et 1021879 comprimés d'autres substances psychotropes", a-t-il indiqué.

En outre, "25218 individus ont été arrêtés, dont 5264 placés en détention", outre le "démantèlement de 186 réseaux spécialisés dans le trafic de drogue et de substances psychotropes".

Concernant le volet relatif à la consommation de drogue et de la sécurité routière, le Général-Major Ali Sidane a fait savoir que les opérations de dépistage préventif effectuées dans le cadre du contrôle routier par les unités de la Gendarmerie nationale ont permis d'enregistrer, en 2026, "154 cas positifs sur un total de 9167 tests réalisés". Il a également fait état de "161 accidents mortels et 144 accidents corporels impliquant des conducteurs sous l'emprise de drogue ou de substances psychotropes".

A cet égard, il a souligné que la prévention des accidents de la circulation liés à la consommation de drogue exige "le renforcement du contrôle routier et le développement des moyens de dépistage, conformément aux cadres juridiques en vigueur", ainsi que "l'intensification des actions de sensibilisation, notamment auprès des conducteurs professionnels et des jeunes", et nécessite également, a-t-il ajouté, "une coordination permanente entre les corps de sécurité et les services de santé, des transports et de la justice, afin de garantir une intervention efficace conjuguant dissuasion et prévention".

Le commandant de la Gendarmerie nationale a, par ailleurs, salué le "rôle central" joué par les corps de sécurité dans la lutte contre les drogues, les qualifiant de "première ligne de défense face aux réseaux de trafic et à la criminalité organisée", mettant en avant également leur rôle préventif et de sensibilisation, à travers les actions de proximité menées auprès des citoyens, des établissements scolaires et universitaires ainsi que des associations, outre leur contribution à la consécration de la culture du signalement responsable et de la participation citoyenne.

Les travaux de cette rencontre se poursuivent à travers des ateliers.