M.Mehdi et Kahina Ben

Le régime du Makhzen s'enfonce davantage dans le discrédit international, en multipliant les scandales de Marocgate, en passant à Pegasus, les actes hostiles à l'égard de ses voisins et à tous ceux qui s'opposent à ses desseins expansionnistes et annexionnistes et à sa gouvernance néoféodale et moyenâgeuse. En quelques semaines, le régime du Makhzen, dont l'économie est menacée outrageusement par une banqueroute, liée au niveau atteint de la dette extérieure par rapport au PIB marocain et à la montée de la colère sociale, en rapport avec la chute vertigineuse du pouvoir d'achat et des répercussions de la normalisation avec l'entité sioniste sur la dignité des marocains sur les plans interne et externe, a multiplié les erreurs stratégiques, faisant de lui une entité paria, même s'il poursuit son rôle de régime proxy.

Ainsi, ce régime dirigé par un commandeur fébrile et fragile, qui s'est autoproclamé président du comité d'El Qods, même s'il ne défend jamais cette ville sainte, comme l'atteste sa non condamnation de l'ouverture d'une ambassade colombienne, n'a pas lésiné sur les moyens pour mener une guerre hybride sur l'Espagne, en envoyant 80 mille marocains à l'assaut de l'enclave espagnole de Ceuta, les 30 et 31 juillet dernier,  coïncidant avec la fête du trône et la célébration du 27ème anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Mohamed VI, succédant à son père Hassan II. Ce régime qui ne porte aucun respect à son peuple a refusé d'enterrer ses morts et d'observer un deuil à l'égard des victimes marocaines au nombre de 142.

Toujours dans le cadre de la guerre hybride, le régime du Makhzen  accroît la pression sur l’Espagne en violant ses eaux territoriales, via l'envoi de navires de guerre, l'instrumentalisation politique et religieuse des "revendications territoriales expansionnistes" et la stratégie d'étouffement commercial des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.

La technologie sioniste au service de l'espionnage du Makhzen

Par ailleurs, et dans le cadre de la guerre hybride et la guerre d'agression et d'hostilité que mène ce régime paria, Rabat aurait eu accès en contrepartie de son allégeance et soumission à l'entité sioniste, une cyberarme, un logiciel malveillant à l'instar de celui de Pegasus. Il s'agit d'un logiciel malveillant qui ne nécessite aucune action de l'utilisateur, comme cliquer sur un lien suspect ou répondre à un message frauduleux.

Il suffit que la victime consulte un site d'actualités ou ouvre une application météo pour que le virus s'active. Immédiatement, une publicité automatisée apparaît à l'écran et, sous cette façade innocente, le logiciel malveillant injecte un code malveillant dans l'appareil. L'expéditeur du virus obtient ainsi un accès complet aux données de l'appareil

Une enquête internationale récente menée par le Citizen Lab de l'Université de Toronto a mis au jour une technique de cyberespionnage novatrice, baptisée AdFection . Cette méthode permet l'infection « invisible » d'appareils par la simple diffusion de publicités sur des sites web et des applications courants.

Cette nouvelle donne technologique inscrite dans l'agenda d'espionnage, de chantage et d'intimidation de la royauté , nous rappelle le logiciel espion sioniste Pegasus ,utilisé par ce régime paria et proxy à la fois. Parmi les victimes, il y avait non seulement des opposants marocains, de militants sahraouis, des journalistes, mais aussi des alliés du commandeur comme le président français Emmanuel Macron, qui reconnait en été 2024, la colonisation marocaine des territoires sahraouis, en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont il est membre permanent, des hautes personnalités françaises, le président du conseil espagnol Pedro Sanchez, et ses ministres de la Défense, de l'Intérieur, et de dirigeants indépendantistes catalans. Pedro Sanchez avait porté une estocade à la cause sahraouie et opta pour un revirement honteux à l'égard de la position historique de neutralité espagnole, ancienne administrante des territoires sahraouis, considérés toujours comme territoires non autonomes, concernés par le processus de décolonisation, comme l'atteste l'adoption récente de la résolution de la 4ème commission de décolonisation de l'ONU, votée il faut bien le préciser par le régime occupant du Makhzen.

Pour rappel, le logiciel espion sioniste Pegasus, utilisé par le régime du Makhzen avait fait au moins 180 journalistes, il y a quelques années, lors de l'annonce du scandale.

Le même scénario se reproduit aujourd'hui dont la victime est l'ONG Amnesty International et qui vient de faire les frais d'une cyberattaque en provenance du régime paria du Makhzen. Selon des sources dignes de foi, l’application gérant le « très médiatique » Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières a été la cible d’un acte de cyber-malveillance. Officiellement, l’ONG peaufine sa gestion de crise et enquête activement avec des partenaires spécialisés. En coulisses, la réalité est tout autre. Personne n'est dupe et les regards se tournent immédiatement vers Rabat. Dans la foulée des élections législatives marocaines du 23 septembre 2026, RSF a dressé un bilan particulièrement acerbe des cinq années écoulées sous la plume d'Oussama Bouagila, le directeur du bureau Afrique du Nord de l'organisation. Instrumentalisation de la justice contre les voix critiques, blocage des processus d'autorégulation, pressions numériques accrues et une 105ᵉ place déshonorante sur 180 pays : le tableau est sombre. Habitué à contrôler son récit, le Makhzen a dégainé ses méthodes habituelles, troquant la diplomatie pour l'intimidation et le piratage. C'est la réaction typique d'un pouvoir allergique à la critique qui emploie des méthodes de voyous dès que les chiffres le fâchent.

RSF découvre aujourd'hui à ses dépens qu'on ne pactise pas impunément avec le régime paria du Makhzen. En cédant à la complaisance et au manque d'impartialité par le passé, l'organisation paie le prix fort de sa propre soumission et subit un retour de bâton prévisible. D'un côté, nous avons donc un pouvoir autoritaire incapable d'assumer son bilan ; de l'autre, une ONG rattrapée par sa propre hypocrisie historique. L'un vaut bien l'autre dans ce jeu de dupes, mais au milieu de ce spectacle cynique, c'est la véritable liberté d'informer qui reste la seule perdante.