La campagne électorale pour les élections législatives du 2 juillet prochain débutera officiellement mardi, marquant ainsi le coup d'envoi d'une compétition politique intense durant laquelle les partis politiques et les listes indépendantes sont appelés à convaincre plus de 24 millions d'électeurs algériens de la pertinence de leurs programmes, à l'occasion de cette échéance majeure qui s'inscrit dans le processus de consolidation et de renouvellement des institutions législatives.

S'étalant sur trois semaines, la campagne prendra fin, conformément à la loi en vigueur, trois jours avant la date du scrutin (période de silence électoral). 

A cet effet, les candidats seront soumis à une intense activité sur le terrain à la rencontre des citoyens, à travers l'organisation des meetings populaires et des activités de proximité, tout en investissant les réseaux sociaux et les médias audiovisuels pour faire valoir leurs idées et promouvoir leurs visions politiques, économiques et sociales, qu'ils seront appelés à défendre au cours des 5 prochaines années de la 10e législature.

Cette campagne se déroulera sous la supervision directe et totale de l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), conformément aux dispositions de la loi organique relative au régime électoral en vigueur, modifiée par les textes législatifs récents, avec l'instauration d'un arsenal juridique et de mesures visant à garantir l'intégrité, la transparence et l'égalité des chances entre tous les candidats.

La campagne sera animée dans le respect des normes strictes régissant le contenu du discours politique, interdisant toute instrumentalisation des constantes nationales, l'incitation à la division ou la propagation du discours de haine, de régionalisme ou de clivages fondés sur des considérations régionales, linguistiques ou ethniques. Il est également interdit aux candidats l'usage des langues étrangères durant la campagne. 

Les candidats doivent aussi s'abstenir d'exploiter, à des fins partisanes ou électorales, les fondements de l'identité nationale. En application du principe d'égalité des chances et de neutralité de l'administration, la loi interdit l'utilisation à des fins électorales les moyens de l'Etat au profit d'une partie quelconque, comme les établissements publics, éducatifs, universitaires ou les lieux de culte.

Afin d'éviter toute anarchie et d'assurer l'équité entre les listes dans l'espace public, les APC, sous la supervision de l'ANIE, sont tenues d'allouer des espaces publicitaires de dimensions égales à toutes les listes, sachant que toute affiche en dehors de ces espaces est interdite, tout comme l'utilisation inappropriée des symboles de l'Etat sur les affiches et supports électoraux.

Aussi et dans le but de tarir les sources de financement illicite de la vie politique, le législateur a défini de manière exhaustive les sources de financement légal de la campagne électorale, limitées aux contributions des partis politiques, les apports personnels des candidats et les dons en numéraire ou en nature provenant uniquement de citoyens en leur qualité de personnes physiques.

Les fonds alloués à la campagne électorale sont soumis à un contrôle financier rigoureux, exercé par la commission de surveillance du financement de la campagne qui impose aux candidats de présenter un budget de campagne dans les mois suivant la proclamation des résultats.

La loi interdit formellement le recours à des subventions ou financements étrangers, ainsi que les financements provenant de personnes morales.

Chaque liste électorale est tenue d'ouvrir un compte bancaire unique, géré par un seul établissement financier, sans dépasser le plafond de dépenses autorisé par la loi.

A l'issue de la période légale de la campagne électorale, la période de silence électoral débutera 72 heures avant le jour du scrutin, durant laquelle toute activité de propagande ou publication de sondages d'opinion est interdite, et ce dans le but de permettre au citoyen de réfléchir sereinement avant de déposer son bulletin dans l'urne.

Toutes ces mesures ont pour objectif de préserver le libre choix du citoyen et de lui offrir un environnement sécurisé et neutre, afin d'exercer son droit de vote et de choisir ses représentants, à l'abri des pressions financières ou des allégeances étroites, en vue de bâtir un Parlement fort et représentatif du peuple, capable de relever les défis législatifs et économiques à venir.

Les médias nationaux seront également au rendez-vous pour assurer une couverture médiatique professionnelle et responsable, fondée sur les principes de pluralisme, de transparence et d'intégrité, tout en respectant scrupuleusement les règles légales, déontologiques et éthiques régissant la couverture des différentes étapes du processus électoral, garantissant ainsi au citoyen un droit à une information crédible et impartiale.

A cet égard, le tirage au sort pour la répartition des créneaux horaires d'intervention des candidats dans les médias nationaux durant cette campagne électorale a eu lieu samedi dernier, au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal à Alger.

De son côté, l'Autorité nationale indépendante de régulation de l'audiovisuel (ANIRA) avait appelé l'ensemble des médias audiovisuels publics et privés à respecter scrupuleusement les règles juridiques, professionnelles et déontologiques régissant la couverture médiatique des différentes étapes du processus électoral, soulignant qu'elle "veillera, dans la limite de ses prérogatives, au respect, par les médias audiovisuels, des règles professionnelles et juridiques régissant le processus électoral, et prendra les mesures légales et réglementaires nécessaires en cas de dépassements ou de manquements portant atteinte à l'intégrité de la couverture médiatique des élections législatives".

Pour rappel, le corps électoral compte 24.727.041 électeurs, dont 23.872.756 électeurs à l'intérieur du pays et 854.285 électeurs parmi les membres de la communauté nationale établie à l'étranger, selon l'ANIE.