La Banque africaine de développement (BAD) a mis en avant la portée stratégique du projet de ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, soulignant que ce corridor est appelé à contribuer au développement économique en Algérie et constitue aussi un vecteur d'intégration régionale, de par sa place dans la stratégie nationale des infrastructures ferroviaires, qui prévoit de porter le réseau national de 6.000 km actuellement à 15.000 km à l’horizon 2030.
Cette ligne, qui doit relier le nord du pays à Tamanrasset en traversant notamment Laghouat, Ghardaïa, El Meniaâ et In Salah, s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la connectivité territoriale et à soutenir le développement du grand sud du pays, note la BAD sur son site web, relevant le potentiel de cette infrastructure en matière de diversification économique, notamment grâce à l’amélioration de l’acheminement des produits agricoles, des ressources minières et des biens industriels vers les ports et marchés.
La BAD a souligné aussi que la réalisation de cette infrastructure devrait également favoriser la valorisation des territoires traversés et ouvrir de nouvelles perspectives économiques, à travers le développement d’activités agricoles, minières, industrielles et logistiques. Ces activités pourraient contribuer à la création d’entreprises, à la promotion de l’emploi des jeunes et à l’émergence de start-up spécialisées dans les services liés au transport et à la logistique.
A l’échelle régionale, la BAD a relevé l’importance de ce projet pour le renforcement des connexions entre les réseaux de transport africains, existants ou en cours de développement, ainsi que pour la facilitation des échanges avec la zone sahélienne et, plus largement, avec le reste du continent.
Le projet s’inscrit dans les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), notamment en matière de développement des échanges intra-africains et de consolidation des chaînes de valeur régionales, a indiqué l’institution.
Dans cette perspective, la BAD a réaffirmé sa volonté de poursuivre le dialogue avec les autorités algériennes afin d’accompagner la stratégie nationale de développement des infrastructures ferroviaires, qui prévoit de porter le réseau national de 6.000 km actuellement à 15.000 km à l’horizon 2030.
L’institution a salué, par ailleurs, les efforts déployés par l’Algérie en faveur du développement et de la modernisation de ses infrastructures de transport, rappelant que le pays dispose du deuxième réseau ferroviaire du continent.
Le responsable pays du Groupe de la BAD pour l’Algérie, Abdoulkader Dileita, a affirmé que "l’enjeu est de faire du corridor Alger- Tamanrasset bien plus qu’une infrastructure de transport", car il "doit devenir un corridor économique qui rapproche les territoires, les bassins de production et les marchés, et qui renforce l’intégration de l’Algérie avec le Niger et le reste de l’Afrique de l’Ouest".
Il a assuré que "la BAD est prête à poursuivre ce travail avec les autorités algériennes, ainsi qu’avec les institutions régionales et internationales, afin de traduire cette ambition en résultats concrets".