Par Fatma Zohra Hamza
La relance de la coopération entre l’Algérie et le Sénégal, après 29 ans d’interruption, est l’expression d’un acte politique souverain et d’une volonté commune des deux pays, pour élargir les perspectives de partenariat et faire face ainsi à la conjoncture actuelle.
Au-delà des acquis découlant déjà de cette coopération, aujourd’hui, la dynamique engagée à Alger- grâce aux 15 accords et mémorandum d’entente signés dans des domaines stratégiques dont celui de l’énergie, des transports, de l’investissement, et de l’enseignement supérieur lors de la 6ème session des travaux de la grande commission mixte de coopération entre le Sénégal et l’Algérie- dépasse le simple partenariat bilatéral pour devenir un vecteur d’intégration économique, énergétique et industrielle entre le Nord et l’Ouest du continent africain.
Alger et Dakar, c’est d’abord cet engagement dans un dialogue politique régulier, s’articulant autour d’une franchise, une clairvoyance et un respect mutuel ; les deux capitales assument ainsi une responsabilité commune, pour insuffler une nouvelle dynamique à ces relations aux dimensions stratégiques. Une nécessité imposée par les profondes transformations de l’économie mondiale et cette guerre des ressources et des technologies. Un besoin face auquel l’Algérie, souveraine de ses choix géopolitiques, se tourne à nouveau vers l’Afrique pour consolider des partenariats stratégiques indispensables à la préservation de la souveraineté économique et à la consolidation de l’autonomie stratégique des pays africains.
L’Algérie, apporte son expertise industrielle, énergétique et technologique au Sénégal pour la mise en œuvre de sa vision Sénégal 2050, à travers le renforcement des réalisations significatives déjà existantes dans différents domaines.
Cette coopération de longue date est renouvelée à chaque occasion, aux vues de la complémentarité et des expertises de ces deux économies africaines.
La coopération énergétique, s’est nettement intensifiée et repose désormais sur des accords cadre effectifs entre la Sonelgaz et la société nationale d’électricité du Sénégal, dont le principal enjeu pour le Sénégal est celui d’accélérer la production électrique à base de gaz et de renforcer ces capacités locales et l’Algérie l’accompagne en matière d’assistance technique, formation et fabrication et commercialisation d’équipements électriques.
Autre partenariat stratégique déjà opérationnel, le mémorandum signé entre Sonatrach et la Société des pétroles du Sénégal, pour des projets gaziers et électriques indispensables au développement du continent. Ce partenariat fructueux répond aux objectifs plus larges de l’intégration économique africaine, qui ne saurait se limiter, comme nous le démontre la Zone de libre échange continentale (ZLECAF), à l’ouverture des marchés mais transcende vers une dimension globale avantageant les économies et renforçant les échanges commerciaux.
C’est grâce à l’expertise algérienne, désormais très sollicitée par ce partenaire ouest- Africain stratégique, qu’aujourd’hui le Sénégal est en plein mutation énergétique via des projets concrets ; à l’instar du programme « Gas To Power » et la centrale West Africain Energy de Cap des Biches, la centrale de Gandon et la pose des premières canalisations du réseau gazier sénégalais. Ces projets transforment la zone en pôle gazier émergeant dans cette partie du continent et répondent à une stratégie recherchée par plusieurs Etats Africains celle de l’utilisation des hydrocarbures comme levier d’industrialisation, d’autonomie et de souveraineté.
Ce nouveau rapprochement, après une interruption de près de trois décennies, témoigne ainsi de l’attachement que porte Alger et Dakar, aux valeurs africaines communes et répondent aux principes du panafricanisme.