La 11e édition du Festival culturel national de la création féminine (8-12 octobre), organisée sous le slogan "Quand les métiers renaissent, les racines se renouvellent", s'est ouverte jeudi à Alger, en présence de figures artistiques et d'artisanes venues de différentes wilayas.
La cérémonie d'ouverture, organisée au Musée africain "Villa Boulkine" à Hussein Dey, a été marquée par la présentation d'un spectacle visuel évoquant des éléments de l'identité nationale, à travers un mélange d'images, de musique et de récit populaire (conte populaire), ainsi que par un hommage rendu à un groupe de créatrices ayant consacré leur parcours à faire connaître, protéger et valoriser le patrimoine culturel et artistique, à l'instar de Houria Aïchi, Leïla Borsali, Bahdja Rahal et Lydia Larini.
Quelque 80 exposantes, artisanes et créatrices, participent à cette édition avec leurs productions artistiques et leurs créations dans divers domaines tels que la bijouterie, le tissage, la poterie, la gastronomie et la musique, outre des associations nationales actives dans le domaine de l'artisanat traditionnel, venues notamment des wilayas de Constantine, Tlemcen, Tamanrasset, Oran et Alger.
Dans une allocution lue en son nom par la conseillère auprès du ministère, Nadia Cheriet, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a affirmé que ce festival était "une célébration sincère des coutumes, des pratiques et des métiers algériens authentiques qui ont façonné notre mémoire collective, et une préservation de ce patrimoine contre les risques d'altération ou d'oubli".
Mme Bendouda a ajouté qu'à travers les différents espaces du festival, "nous renouons avec des pratiques que la femme algérienne s'est toujours employée à préserver et à transmettre de génération en génération", saluant, dans ce contexte, l'hommage rendu par le commissariat du festival à des "figures artistiques exceptionnelles", à l'instar de Houria Aïchi, qui "incarne la voix de la mémoire de l'Algérie...", et Bahdja Rahal, qui "porte le parfum de la musique andalouse...".
Pour sa part, le commissaire du festival, Sid Ali Benmerabet, a insisté sur l’importance de "retrouver les anciennes formes et pratiques artistiques et culturelles et de les réinscrire dans la mémoire vivante, au regard des connaissances et du savoir-faire qu’elles recèlent, forgés par des générations d’artisanes", soulignant que "chaque métier porte l’histoire d’un lieu, l’empreinte d’un être humain et une part de l’identité qu’il importe de sauvegarder et de transmettre".
La préservation de ce patrimoine "ne saurait se réduire à sa seule célébration, mais requiert sa documentation, son étude et l’intégration des savoirs qui lui sont inhérents dans les parcours académiques et de formation", outre "la mise à disposition de véritables opportunités d’apprentissage, de pratique et de perfectionnement de ces métiers", a-t-il dit.
Le festival prévoit également des ateliers de formation de type "master class" consacrés aux métiers et à l’artisanat, avec la participation d’artisanes qui y présentent directement aux visiteurs leurs œuvres ainsi que leurs techniques traditionnelles, parallèlement à l’organisation d’une formation consacrée aux métiers traditionnels menacés de disparition, outre la tenue d’une exposition de costumes traditionnels algériens rares datant de la période allant du XVIIe au XIXe siècle, ainsi qu’un espace baptisé "Musée numérique", qui consiste en une plateforme numérique dédiée au patrimoine matériel algérien.
Dans l’espace "Café littéraire", seront également présentées des publications de créatrices dans le domaine du patrimoine, parallèlement à la programmation d’interventions et de rencontres intellectuelles autour de thématiques telles que "l’UNESCO et la protection du patrimoine" et "la musique féminine oubliée et son rôle social", outre la projection de deux films consacrés au patrimoine à la Cinémathèque d’Alger.
Le Festival culturel national de la création féminine, organisé depuis 2010 sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, a pour objectif de promouvoir les créations et les innovations des femmes algériennes dans les domaines de l’art et de l’artisanat.