L’économie nationale poursuivra en 2027 sa trajectoire positive de croissance, et qui devrait passer à 4,2%, tirée par les performances des secteurs hors hydrocarbures, notamment l’industrie, le bâtiment, les services et l’agriculture, selon le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, présenté hier lundi par le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Les prévisions contenues dans le PLF font état de la poursuite de la dynamique de l’activité économique au cours de la période 2027-2029, avec la croissance du produit intérieur brut (PIB) qui devrait ainsi passer de 4,2 % en 2027 à 4,1 % en 2028, avant de s’accélérer pour atteindre 4,7 % en 2029.
Dans ce cadre, le PIB devrait atteindre 53.122 milliards de dinars (DA) en 2027, puis dépasser 58 088 milliards DA en 2028 et 63.833 milliards DA en 2029, enregistrant ainsi sur la période 2026-2029, une moyenne de 58.348 milliards DA (+4,4 %).
S’agissant du PIB hors hydrocarbures, le PLF 2027 prévoit une croissance de 5% l’année prochaine, pour atteindre 47.492 milliards DA.
Le secteur industriel devrait contribuer à la croissance du PIB, avec une progression de son activité estimée à 6%, grâce à une meilleure exploitation des ressources locales et à la mobilisation des capacités nationales, ce qui permettra de soutenir la transition progressive vers la production et l’exportation de biens transformés, ainsi que l’orientation des investissements vers les branches industrielles à forte valeur ajoutée et le développement de l’industrie minière.
Quant au secteur du bâtiment, il devrait enregistrer une croissance de 5,2 %, portée par la relance de l’investissement public et privé, notamment à travers la modernisation et l’extension du réseau de transport, l’achèvement de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa, le renforcement du réseau routier national, l’extension du métro d’Alger et le développement des réseaux de tramway, ainsi que la poursuite des objectifs stratégiques dans le secteur de l’habitat, en s’appuyant sur les matériaux de construction locaux.
Le secteur des services devrait, également, progresser de 5%, sous l’effet de la diversification de l’économie et de l’élargissement de l’activité économique, de l’amélioration des infrastructures de transport et de logistique, ainsi que des efforts engagés en matière de numérisation.
L’agriculture devrait aussi jouer un rôle prépondérant dans la croissance du PIB en 2027, avec une progression attendue de 4,7 %.
A ce titre, le projet de loi souligne que la politique agricole mise en œuvre a permis une amélioration notable de la production agricole, notamment céréalière, dont le volume devrait passer de 49 millions de quintaux en 2026 à 64 millions de quintaux en 2029.
Par ailleurs, la croissance attendue de 5,5 % dans le secteur de la production et de la distribution d’électricité et de gaz traduit les efforts déployés pour répondre à la demande nationale croissante en énergie, tout en assurant la continuité du service et l’amélioration de sa qualité.
Plus de 125.000 postes d’emploi prévus
Dans le cadre du cadrage macroéconomique et budgétaire pour 2027, ainsi que des prévisions pour 2028 et 2029, le projet de loi de finances a pris en compte l’évolution de la conjoncture nationale et de la situation économique internationale, notamment des perspectives de l’offre et de la demande sur hydrocarbures.
Le prix de référence du baril de pétrole brut a été fixé à 60 dollars, tandis que le prix de marché prévisionnel a été établi à 70 dollars le baril, selon le texte du PLF.
Les recettes fiscales pétrolières inscrites au budget de 2027 atteindront 2.652,3 milliards DA, alors que les recettes budgétaires devraient s’élever, quant à elles, à plus de 9.251,1 milliards DA, contre 8.611,1 milliards DA prévus dans les prévisions de clôture pour l’exercice 2026, soit une hausse de 7,4 %.
Cette hausse est principalement soutenue par l’augmentation des recettes hors fiscalité pétrolière de 11,6 %, notamment des recettes fiscales, dont la progression est attendue est de 10 %.
Les recettes hors fiscalité pétrolière devraient atteindre près de 6.598,8 milliards DA, enregistrant une hausse de 11,6 % par rapport aux prévisions de clôture de l’exercice 2026.
Cette évolution s’explique essentiellement par l’amélioration continue de l’activité économique, l'impact positif de la modernisation de l’administration fiscale et le renforcement de l’efficacité des opérations de recouvrement.
Concernant les dépenses budgétaires au titre de l’exercice 2027, elles devraient s’établir à 17.251,6 milliards DA en autorisations d’engagement et à 17.882,6 milliards DA en crédits de paiement, soit des hausses respectives de 390,10 milliards Da (+ 2,3 %) et de 245,99 milliards DA (1,4 %) par rapport à la loi de finances pour 2026.
Les dépenses de personnel (salaires) pour 2027 sont estimées à 5.916,83 milliards DA en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, représentant 33,1 % du total des crédits de paiement prévus pour l’année prochaine, soit une hausse de 158,06 milliards DA (2,7 %) par rapport aux crédits révisés de l’exercice 2026.
Les crédits inscrits pour 2027 sont destinés à couvrir l'avancement statutaires des personnels, les rappels liés aux promotions et aux nouvelles nominations, ainsi que la révision de certains régimes indemnitaires.
Ils permettront également la création de 82.948 postes budgétaires dans les secteurs de l’Education, de la Santé, de l’Enseignement supérieur, des Finances, de la Solidarité nationale et du Commerce intérieur, ainsi que le recrutement prévu pour combler 42.727 postes vacants.
Au total, le nombre total de postes à pourvoir en 2027, s'élèvera à 125.675 dont 82.948 nouveaux postes et 42.727 postes vacants.
Par ailleurs, les dépenses de fonctionnement des services devraient dépasser 805 milliards DA, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, tandis que les crédits alloués aux dépenses d’investissement pour 2027 sont estimés à plus de 3.253 milliards DA en autorisations d’engagement et à plus de 3.825 milliards DA en crédits de paiement.
Au titre des dépenses de transfert, un montant de 4.356,64 milliards DA en autorisations d’engagement et de 4.415,35 milliards DA en crédits de paiement a été prévu.
Ces crédits seront destinés principalement aux subventions des produits de large consommation, dans le cadre du soutien de l’Etat, pour un montant de 717,7 milliards DA, comprend notamment un 355,84 milliards DA pour les céréales, 94,31 milliards DA pour le lait, 122,05 milliards DA pour l’eau dessalée et 25,5 milliards DA pour l’énergie.
Une enveloppe de 120 milliards DA est également allouée à la stabilisation des prix du sucre, de l’huile et du café, souligne dans le même document.