La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a fait savoir, jeudi, que le projet de loi de finances (PLF) 2027 a consacré un budget important au secteur et prévoit une batterie de mesures pour soutenir les prix des produits de base en vue de préserver le pouvoir d'achat des citoyens, en consécration du caractère social de l'Etat.

Présentant les détails du budget de son secteur dans le cadre du PLF 2027 devant la Commission des finances et du budget de l'APN, au cours d'une réunion présidée par Abdenour Belarbi, vice-président de la Commission, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali et des membres de la Commission, Mme Abdelatif a souligné que "le caractère social de l'Etat se traduit dans la poursuite de la mobilisation des moyens financiers indispensables à l'appui de la stabilité des prix des produits de base et à la préservation du pouvoir d'achat du citoyen".

La ministre a précisé que les récentes orientations du président de la République relatives au suivi quotidien des prix des produits de large consommation et de leur disponibilité revêtent une importance particulière dans le cadre de l'orientation de l'action sectorielle vers davantage d'anticipation et d'efficacité.

En application de ces orientations, a-t-elle ajouté, le secteur œuvre à élaborer les textes réglementaires nécessaires à la régulation de l'activité des intermédiaires de vente et au plafonnement des marges de bénéfice, en tenant compte des chaînes de production et de commercialisation.

La ministre a cité, à titre d'exemple, la consécration d'une enveloppe financière de l'ordre de 120 milliards DA aux mesures visant à réguler les prix et les marges de bénéfice relatifs au sucre, à l'huile de soja et au café vert, ce qui confirme, selon elle, que "l'Etat continue d'assumer les charges financières liées à ces mécanismes pour appuyer la stabilité des prix des produits concernés et assurer la régularité de l'approvisionnement".

Parmi les mesures à caractère social, Mme Abdellatif a cité une batterie de mesures s'étalant jusqu'au 31 décembre 2029, consistant essentiellement à maintenir un taux réduit des droits douaniers à 5 % de l'importation des bovins et ovins vivants destinés à l'abattage, des viandes rouges fraiches réfrigérées et conditionnées sous vide, avec l'élargissement de l'accès pour englober la catégorie de bovins vivants destinés à l'engraissement, en sus de l'application du même taux à l'importation de viandes blanches congelées, avec une exonération de la TVA.

 Le texte prévoit également la prorogation des exonérations fiscales liées à l'importation du café vert, à travers l'exemption de la TVA et de la taxe intérieure de consommation (TIC), ainsi que la reconduction de l'exonération de la TVA s'appliquant aux opérations d'importation et de vente des légumes secs, y compris les petits pois, les pois chiches, les haricots, les lentilles, les fèves, ainsi que le riz destiné à la consommation humaine.

En outre, le projet de loi propose le maintien de l'exonération de la TVA concernant les opérations de vente de fruits et légumes frais, d'œufs de consommation, de poulets de chair et de dindes produits localement, ainsi que de l'huile brute et des tourteaux issus de la trituration locale des graines oléagineuses.

Il préconise également la prorogation des mesures relatives à l'huile brute de soja importée, incluant l'exemption des droits de douane et de la TVA, tout en faisant obligation aux importateurs et transformateurs de cette matière de procéder, au plus tard le 31 décembre 2029, au lancement de sa production locale ou à son approvisionnement sur le marché national.

Ces dispositions s'inscrivent dans le cadre d'une démarche conjuguant l'allègement de la charge fiscale, le soutien à la production nationale et la pérennité de l'approvisionnement, à même de consolider la capacité de l'Etat à enrayer les répercussions et les effets des fluctuations des prix, selon les explications fournies par Mme Abdellatif.

--- Un budget de 153 milliards de DA proposé pour 2027---- S'agissant du budget du secteur proposé pour l'exercice à venir, une enveloppe de 153,38 milliards de DA a été affectée au titre des crédits de paiement (+18 % par rapport à 2026), tandis que 149,2 milliards de DA ont été alloués au titre des autorisations d'engagement.

La ministre a souligné que cette augmentation reflète l'importance d'assurer la prise en charge des missions assignées au secteur et l'élargissement de ses champs d'intervention, ainsi que les ressources humaines, matérielles et techniques qu'ils requièrent pour poursuivre l'exécution de ses programmes, renforcer les capacités de contrôle et de régulation, moderniser l'administration et optimiser la performance du service public.

Elle a précisé que ces crédits ont été répartis sur trois programmes principaux, à savoir le programme de régulation, d'approvisionnement du marché et de promotion de la concurrence, auquel sont alloués 123,76 milliards de DA en autorisations d'engagement et 123,8 milliards de DA en crédits de paiement, en vue de poursuivre les efforts visant à assurer le suivi de l'approvisionnement, à activer les mécanismes permettant de réguler les prix et les marges bénéficiaires, ainsi qu'à contribuer à la couverture des frais de transport des marchandises vers les wilayas du Sud, afin de soutenir la régularité de l'approvisionnement et la continuité de l'alimentation du marché national en produits essentiels.

--Une approche anticipative pour couvrir la hausse de la demande durant le Ramadhan --- S'agissant des mesures prévues pour le prochain mois de Ramadhan, la ministre a indiqué que son secteur adopte une approche proactive fondée sur la préparation anticipée des besoins d'approvisionnement, au regard de la hausse de la demande et du changement des habitudes de consommation durant cette période.

Elle a, ce titre, affirmé que le secteur œuvre au suivi des niveaux des stocks, à l'évaluation des capacités de production et de distribution, et à l'estimation des besoins prévisionnels en produits de base, en coordination avec les secteurs concernés et les opérateurs économiques, permettant ainsi de s'assurer de la suffisance des stocks et des capacités logistiques, de garantir la disponibilité des chaînes d'approvisionnement et la continuité du flux des marchandises vers le marché national.

Les préparatifs comprennent également le suivi des produits dont la demande est susceptible d'augmenter, la mise en œuvre des programmes d'approvisionnement et de distribution, ainsi que l'identification précoce des éventuelles difficultés, ce qui permet de prendre les mesures nécessaires pour garantir la disponibilité des produits et la régularité de leur distribution durant le mois sacré, a ajouté Mme Abdellatif.