Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que 2027 sera une année charnière dans le processus de transformation que connaît l'économie nationale, à travers le renforcement de la production nationale et l'augmentation du volume des exportations hors hydrocarbures, tout en préservant le caractère social de l'Etat.

Lors de la Rencontre annuelle avec les opérateurs économiques, qu'il a présidée mercredi dernier, le président de la République a souligné que 2027 sera une "année charnière" dans la transformation de l'économie nationale, à travers la poursuite du renforcement de la production nationale, l'augmentation des exportations et la réduction des importations grâce à leur substitution par la production nationale", des déclarations qui ont retenu l'attention des journalistes, des experts et des opérateurs économiques au niveau national et international.

"Grâce à la conjugaison des efforts de tous, nous parviendrons, à l'horizon 2027, à une économie forte tenant compte de la dimension sociale de l'Etat", a dit le président de la République.

"L'économie nationale connaît un essor et nous allons continuer à avancer sur la même voie", a-t-il assuré, ajoutant que "grâce à la solidarité et à la cohésion de toutes les forces vives du pays, nous parachèverons, à la fin de l'année 2027, l'édification d'une économie forte".

Il a relevé que "l'économie nationale se trouve dans une phase de transformation globale d'une économie administrée vers une économie libre, d'autant que le secteur privé représente plus de 85 % de sa structure".

Faisant remarquer que de "nombreux pays ont connu de telles transitions, très difficiles et ayant entraîné des déséquilibres économiques", le président de la République a dit : "nous mettons tout en œuvre pour que cette transition se fasse en douceur, sans soubresauts susceptibles d'impacter la situation socioéconomique". 

Dans ce contexte, le président de la République a rappelé qu'avant 2019, l'économie nationale était "à la traîne" et qu'il n'y avait alors "aucune interopérabilité sectorielle permettant une synergie, ni aucune industrie de transformation, avec une attention quasi exclusivement tournée vers l'importation".

Passant en revue les "évolutions positives" qui caractérisent actuellement l'économie nationale, le président de la République a fait observer que "nous sommes la troisième économie africaine, et nous poursuivrons nos efforts pour faire encore mieux tout en continuant à remédier aux insuffisances", réitérant son engagement à préserver le rôle social de l'Etat.

S'appuyant sur les chiffres, le président de la République a fait savoir que "les importations ont diminué à 40-42 milliards de dollars contre 62 milliards de dollars auparavant", ce qui montre que "l'économie nationale est désormais forte".

"Nous importerons uniquement ce dont nous avons besoin", a-t-il dit, précisant que l'Algérie a "cessé, ces dernières années, d'importer de l'essence et du kérosène et elle cessera définitivement d'importer du gasoil dès la mise en service de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud en 2027".

L'Algérie "produit désormais 84 % de ses besoins en médicaments, y compris des médicaments complexes destinés aux patients diabétiques et atteints de cancer, contre un taux de production de 9-10%" les années précédentes", a poursuivi le président de la République.

Concernant l'industrie, le président de la République a précisé que sa contribution au produit intérieur brut (PIB) a "augmenté de 10 % en 2026" après son faible taux durant les années précédentes en raison des importations, soulignant que l'Algérie "fabrique et exporte aujourd'hui de nombreux produits qu'elle importait auparavant".

Dans ce contexte, il a rappelé les usines mises en service, "la contribution du secteur agricole au PIB à hauteur de 15 %, les investissements relatifs à la production d'huile et de sucre et la réalisation de l'autosuffisance en céréales à la fin de l'année 2027", autant d'indicateurs qui reflètent, a-t-il dit, "le développement de l'économie nationale et la réduction du volume des importations".

Concernant le secteur de l'industrie automobile, il a indiqué que "si les choses se déroulent comme nous l'avons prévu avec les Allemands et les Italiens, nous aurons une voiture algérienne d'ici la fin de 2028, avec une boîte de vitesses algérienne et des pneus algériens, et non d'un simple gonflage de pneumatiques", en référence à la pratique qui prévalait avant 2019.

"C'est un pari que nous relèverons", a-t-il dit. Le président de la République a également salué "les étapes importantes franchies dans le domaine de l'investissement, à la faveur de la révision du cadre juridique et de la consécration de la souplesse nécessaire", faisant état de "13.000 projets d'investissement réels qui permettront de créer de nombreux emplois".

Après avoir rappelé l'importance de l'accompagnement des opérateurs économiques, le président de la République a souligné que le Guichet unique national de l'investissement constituait une "expérience pionnière", en tant qu'instance qui attire les investissements nationaux et étrangers, "jouissant de toutes les prérogatives en matière d'investissement", précisant que le dispositif de ce guichet unique "entrera en service à partir du 1er janvier prochain, avec l'entrée en vigueur de la loi de finances 2027".

Il a ajouté que cette réalisation "témoigne d'une volonté claire de continuer à faciliter l'investissement", soulignant la nécessité d'une mobilisation de l'ensemble des acteurs, afin d'"accroître les exportations hors hydrocarbures", notamment au regard de l'accompagnement et des facilités accordés par l'Etat aux investisseurs.

Evoquant les "fluctuations" récemment enregistrées dans les prix de certains produits de consommation, notamment les fruits et légumes, le président de la République a appelé à la nécessité de "bannir la cupidité", appelant à accélérer la création d'un organisme économique chargé de la régulation des opérations d'approvisionnement à travers le déstockage et l'achat des excédents de production des agriculteurs et des producteurs. 

Il a, par ailleurs, évoqué les projets réalisés, avec l'existence d'investissements réels et d'une base industrielle solide, dans un contexte marqué par "le développement et la croissance de l'économie nationale".

Au sujet de la "conclusion pessimiste" de la Banque mondiale concernant ses prévisions relatives aux réserves de change de l'Algérie, le président de la République a rassuré en affirmant que l'Algérie dispose de "capacités lui permettant de produire tout ce dont elle a besoin, dans un contexte de baisse de la valeur des importations et de hausse des exportations", évoquant l'objectif d'atteindre 30 milliards de dollars d'exportations hors hydrocarbures à l'horizon 2030, l'exportation du phosphate, des engrais et du zinc après l'achèvement des projets qui leur sont dédiés, ainsi que le parachèvement du raccordement à la route transsaharienne, qui créera une "dynamique économique entre l'Algérie et plusieurs pays voisins comme le Tchad, le Niger et le Mali".

Après avoir réaffirmé l'importance des résultats enregistrés et de la réalité économique concrète, reflétée par des chiffres fiables et des indicateurs précis, le président de la République a chargé le ministre des Finances de prendre attache avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international afin de réexaminer les données y afférentes.