Le prix Assia Djebar du Roman a été créé en 2015 dans le but de rendre hommage à la romancière et femme de lettre algérienne d’expression française et membre de l’Académie Française depuis 2005, Assia Djebar, qui venait de décéder au mois de février 2015.

Le prix Assia Djebar du Roman promeut la production littéraire française en récompensant les meilleurs romans en langues arabe, française et tamazight, publiés entre deux éditions du SILA (Salon International du Livre d’Alger) qui se tient chaque année.

Ce sont deux éditeurs algériens, l’Entreprise Nationale des Arts Graphiques (ENAG) et l’Entreprise Nationale de Communication, d’édition et de publicité (ANEP) qui ont institué ce prix. Pour rappel, l’ANEP a pour principales missions la production et la diffusion de la publicité par toutes sortes de supports, de conseiller et d’assister les opérateurs économiques publics dans la gestion de leurs budgets publicitaires. Elle assure aussi la gestion, en coopération avec les collectivités locales, des panneaux publicitaires.

L’ANEP ne ménage aucun effort pour la promotion littéraire, notamment par l’organisation de rencontres interactives pour faire connaitre les personnalités littéraires algériennes (Organisation de la première édition des ateliers innovants « Innovate together », Entretien avec la poétesse algérienne, Alima Abdhat, Rencontre sur Assia Djebar : Une artiste plurielle), pour la promotion de la littérature algérienne d’expression diverse et, bien sûr, par la participation financière au prestigieux Grand Prix Assia Djebar pour le Roman.

Les lauréats pour chaque langue reçoivent un prix d’un million de dinars algériens et ce, depuis le mois de novembre 2015, date à laquelle les premiers prix Assia Djebar du Roman ont été attribués.

En 2015, le premier prix en langue arabe a décerné à Abdelouahab Aissaoui, pour son livre ‘La montagne des morts’, celui en langue française à Amine Ait Hadi pour son roman ‘L’aube au-delà’ et celui en langue amazighe à Rachid Boukheroub, pour son ouvrage ‘Tislit n uyanim’.

Pour cause de Pandémie de Covid 19, le grand prix Assia Djebar du Roman a été interrompu mais a été relancé en 2022.

Prix Assia Djebar du Roman 2026

Pour l’année 2026, le grand prix Assia Djebar est aussi doté d’un prix d’un million de dinars pour chaque lauréat. Un nombre très important de candidatures, soit 155 œuvres littéraires dans les trois langues, ont été présentées par 53 maisons d’éditions. La présélection a donné une longue liste composée de 26 romans répartis entre les trois catégories), qui a été dévoilée le 19 aout 2026. Le jury est composé de 10 membres et est présidé par l’universitaire et écrivain Miloud Hakim.

Cette 8ème édition, toujours sous le haut-patronage du président de la république, Abdelmadjid Tebboune, aura lieu le 8 octobre 2026.

Assia Djebar, un monument de la littérature algérienne

Assia Djebar, de son vrai nom Fatma-Zohra Imelhayène, est le 30 juin 1939 à Cherchell, dans la wilaya de Tipaza. Elle étudie à Blida et obtint son baccalauréat en 1953 et continue ses études à l’actuel lycée Emir Abdelkader de Blida. En 1954, elle intègre le lycée Fénelon à Paris puis, en 1955, elle est admise à l’école normale supérieure de jeunes filles où elle choisit d’étudier l’histoire et est alors la première femme algérienne à intégrer cette école.

En 1955, elle suit le mot d’ordre de grève de l’UGEMA pour protester contre la répression en Algérie et est exclue de l’ENS et écrit son premier Roman : La soif.

Elle continue son chemin littéraire avec de nombreux romans tels que Les impatients, Les enfants du nouveau monde, Les Alouettes naïves, Rouge l’Aube, Des poèmes pour l’Algérie heureuse, Femmes d’Alger dans leur appartement, L’Amour, la fantasia, Ombre sultane, Loin de Médine, Vaste est la prison, ….. et bien d’autres romans qui ont fasciné des générations entières.

Elle est la première femme d’Afrique du Nord à être élue à l’Académie Française où elle occupe le fauteuil 5, succédant ainsi à l’académicien Georges Blin.

Elle décéda à Paris, le 6 février 2015.

Tahar Mansour